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Des dizaines de morts à Bria dans le centre-est de la Centrafrique

  • VOA Afrique

Des enfants devant leurs huttes du site de déplacés de PK3 à Bria, le 25 février 2017. (VOA/Freeman Sipila)

Les affrontements de mardi à Bria, dans le centre-est de la Centrafrique, ont fait une centaine de morts, selon un nouveau bilan diffusé mercredi par le maire de Bria Maurice Belikoussou et le curé de la ville, l'abbé Gildas Gbénai.

Ces affrontements entre différents membres d'un groupe armé, proches pour les uns des miliciens anti-balaka et pour les autres d'une mouvance musulmane du groupe, sont survenus au lendemain de la signature à Rome d'un accord prévoyant un cessez-le-feu immédiat entre groupes armés et gouvernement, sous le parrainage de la communauté catholique Sant'Egidio.

Il est encore difficile au stade actuel de donner un chiffre exact des victimes de ces affrontements qui ont aussi causé d'énormes dégâts matériels. Des sources locales contactées par VOA Afrique parlent des dizaines de morts.

Selon une source proche de l'organisation humanitaire Médecin Sans Frontière, plus de quarante blessés par balle ont été enregistrés rien que pour la journée de mardi.

Ces affrontements surviennent alors que 13 groupes rebelles ou milices sur les 14 que compte le pays ont signé lundi à Rome un accord prévoyant un cessez-le-feu immédiat, sous le parrainage de la communauté catholique Sant'Egidio.

Selon des sources concordantes, des combats ont eu lieu sporadiquement depuis samedi dans la ville entre différents membres du FPRC, pour les uns proches des milices pro-chrétiennes anti-balaka et d'autres proches de la mouvance musulmane du FPRC emmenée par Abdoulaye Hissène.

"On a signé l'accord, mais il faut bien qu'on se défende, on ne se laissera pas attaquer sans réagir", a déclaré mardi par téléphone à l'AFP Djamil Babanani, un porte-parole du FPRC.

"La population de Bria est effrayée, elle est dans la psychose. La situation humanitaire est alarmante. Il faut que la communauté internationale agisse vite", a exhorté de son côté le père Gildas.

La Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), qui possède un contingent marocain présent de façon permanente à Bria, "est intervenue" et a "mené des patrouilles pendant toute la nuit pour prévenir des violences", selon le porte-parole de cette force, Vladimir Monteiro. La situation mercredi était "calme mais tendue", a-t-il indiqué.

"Les affrontements survenus hier à Bria rappellent la nécessité de la mise en place effective du programme de désarmement des groupes armés", a réagi mercredi dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères, qui "condamne" ces violences et juge "prioritaire" la question des groupes armés.

"Nous savons que beaucoup reste à faire. Il est vital que le cessez-le-feu sur lequel se sont accordées les parties entre en vigueur immédiatement", a estimé pour sa part mardi le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Centrafrique, Parfait Onanga-Anyanga.

La ville de Bria avait déjà été frappée du 15 au 18 mai par des affrontements entre groupes armés qui avaient fait cinq morts et 29 blessés.

Kassim Traoré, correspondant à Bangui

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