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Niger

Une centaine d'écoles fermées après des menaces jihadistes

Elèves d'une école coranique de Bosso dans le sud-est du Niger, le 25 mai 2015.

Une centaine d'écoles ont fermé ou suspendu leurs cours au Niger en raison de menaces des groupes jihadistes, a annoncé jeudi l'ONU.

Dans la région de Tillabéri (sud-ouest), "33 écoles ont temporairement suspendu leurs activités" et "18 écoles ont dû fermer" à cause "des menaces et exactions des groupes armés non étatiques", indique le bulletin du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de Niamey.

Ces établissements se trouvent dans la commune de Torodi, près du Burkina Faso, et dans les zones d'Ayorou et Abala, proches du Mali.

Pour "assurer la continuité des cours", les autorités ont "regroupé" certaines écoles dans les endroits "les plus calmes" et ont entrepris "la sécurisation des zones" pour "rassurer les populations effrayées", explique l'agence onusienne.

De nombreuses zones de la région de Tillabéri sont le théâtre "d'effroyables violences" de "groupes armés tuant, enlevant des civils" et "brûlant les écoles et pillant les maisons, les entreprises et le bétail", a déploré la semaine passée la représentation locale du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

En revanche, les écoles où l'arabe est enseigné "ne sont pas inquiétées" par les assaillants, selon des habitants de ces zones.

Dans le sud-est du Niger, plusieurs dizaines d'écoles scolarisant notamment des enfants déplacés nigériens et des réfugiés nigérians sont restées fermées depuis 2017 face à la persistance des violences de Boko Haram dans la région de Diffa, frontalière du fief des insurgés islamistes dans le nord-est du Nigeria, selon l'ONU.

Dans cette même région, 44 écoles "ont fermé provisoirement" à cause "du faible effectif d'élèves", déplore l'ONU.

Certains établissements ont fermé après les toutes premières attaques de Boko Haram - nom qui signifie "l'école occidentale est un péché" - en février 2015, avait expliqué un élu local.

Des écoles avaient été "mises à sac ou brûlées" par Boko Haram et "des enseignants avaient reçu des menaces de mort", ce qui les avait "poussé à fuir", selon cet élu. En octobre 2017, le directeur d'une école primaire a même été égorgé par des hommes de Boko Haram, d'après le ministère nigérien de l'Enseignement.

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Motion de censure contre le gouvernement

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Le Parlement nigérien adopte un nouveau code électoral

Le parlement nigérien le 24 mars 2016. (VOA/ Bagassi Koura)

Le Parlement du Niger a adopté lundi un nouveau code électoral, en l'absence des partis de l'opposition qui ont quitté l'hémicycle avant même les débats.

Le texte a été voté à l'unanimité des 133 députés présents, a indiqué Iro Sani, un des vice-présidents du Parlement.

Avant de se retirer de l'hémicycle, les élus de l'opposition ont déposé une motion de censure contre le gouvernement de Brigi Rafini.

La motion, qui n'aura aucune chance de passer, le parti au pouvoir disposant de la majorité absolue, est notamment motivée par le fait que "le gouvernement tente d'imposer un code électoral non consensuel" et son "incapacité à enrayer la menace terroriste" qui "monte en puissance" dans le pays.

Le nouveau code électoral adopté est "un outil excellent pour des élections libres et transparentes", a commenté devant les élus, Bazoum Mohamed, le ministre nigérien de l'Intérieur et candidat à la présidentielle de 2021.

"Nous faisons face à des agissements d'organisations terroristes (...) nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de générer d'autres fronts à caractère domestique", a-t-il rétorqué.

Depuis deux ans, l'opposition, dont le parti de Hama Amadou, arrivé deuxième à la présidentielle de 2016, refuse de siéger à la commission électorale (Céni) et conteste le code électoral élaboré en 2017 sur une base "non consensuelle".

M. Amadou, qui vit en exil depuis 2016 à l'étranger, risque de se voir écarter du prochain scrutin en vertu de l'article 8 du code pour avoir été condamné à un an de prison dans une affaire de trafic international de bébés.

Plusieurs tentatives de révision consensuelle du code entre partis présidentiels et opposition n'ont pas abouti depuis octobre 2018. Des élections présidentielle et législatives doivent avoir lieu en 2021 au Niger. Ces scrutins doivent être précédés par des élections municipales et régionales.

Le président Mahamadou Issoufou a assuré qu'il ne modifierait pas la Constitution pour briguer un troisième mandat.

Le Niger est en proie à des incursions jihadistes récurrentes dans l'ouest proche du Mali et du Burkina Faso ainsi que dans le sud-est voisin du Nigeria.

18 combattants du groupe EI tués lors d'une opération Niger-France-USA

Les forces de l’armée française de l’opération anti-terroriste Barkhane, à Niamey, Niger, 31 juillet 2017.

Dix-huit "terroristes" du groupe Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ont été tués lors d'une opération conjointe des forces armées nigériennes, françaises et américaines menée du 8 au 18 juin dans l'ouest du Niger, près du Mali, a annoncé jeudi le gouvernement du Niger.

"Une importante opération militaire conjointe dénommée ACONIT réunissant les forces armées nigériennes (FAN) et la force (française) Barkhane avec le soutien des partenaires américains a été conduite du 8 au 18 juin (...). Le bilan est, côté ennemi: 18 terroristes neutralisés, 5 terroristes, dont trois Nigériens, faits prisonniers", selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense.

"Aucune perte humaine ou matériel n'est déplorée" du côté des forces armées nigériennes, assure le texte.

L'opération s'est déroulée "dans la région frontalière nord de Tongo Tongo où sévit une bande terroriste de l'EIGS impliquée dans l'embuscade du 14 mai 2019", a-t-on ajouté de même source.


Le 14 mai 2019, 28 soldats nigériens avaient été tués près de Tongo Tongo. L'EIGS avait revendiqué cette embuscade survenu à Balley Béri dans la zone de Tongo Tongo.

"D'importants matériels ont été récupérés, dont du matériel des Forces armées nigériennes emportés (par les assaillants) suite à l'embuscade meurtrière du 14 mai", souligne le texte.

En octobre 2017, l'EIGS avait également revendiqué un raid qui avait coûté la vie à quatre soldats américains et cinq militaires nigériens dans la même zone de Tongo Tongo, située dans la région de Tillabéri (ouest), à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Mali.

Le 8 juin, un véhicule de l'armée américaine avait sauté sur un engin explosif, sans faire de victime, près de la ville d'Ouallam, à une centaine de kilomètres de Niamey, qui abrite un important camp d'entraînement de l'armée nigérienne où sont notamment formés les soldats qui participent à la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

L'annonce de cette opération intervient au surlendemain d'une attaque inédite aux portes de Niamey qui a coûté la vie à deux policiers, à une quinzaine de jours du sommet de l'Union africaine qui réunira des dizaines de chefs d'Etat dans la capitale nigérienne.

"Ils (les assaillants) sont dans une logique de communication avant le sommet. Il y aura des milliers d'hommes sur le terrain. Je ne suis pas inquiet en vue du sommet", avait précisé mercredi à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Mohamed Bazoum.

Le 25 mai, un millier de personnes avaient manifesté à Niamey contre les forces étrangères dans le pays.

Les Etats-Unis disposent d'une importante base de drones à Agadez (nord) qui leur donne une plateforme de surveillance de premier plan. Le Niger a récemment autorisé les Américains à armer leurs drones.

Au Niger, la France possède aussi une base sur l'aéroport de Niamey à partir de laquelle des avions de chasse et des drones opèrent. Dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane, les forces françaises disposent également d'une base à Madama, dans le Nord.

Le Niger - comme ses voisins sahéliens, le Mali et le Burkina - fait face à des attaques récurrentes des groupes jhadistes dans l'Ouest. Le Niger est aussi confronté aux raids du groupe islamiste nigérian Boko Haram dans le sud-est.

Les djihadistes frappent aux portes de Niamey

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