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Un projet de loi sur la gestion de l'eau fait polémique au parlement nigérian

Le bâtiment du Parlement fédéral du Nigeria, le 30 septembre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Les Nigérians devront désormais obtenir l'autorisation du gouvernement fédéral pour faire des forages dans leurs domiciles et leurs entreprises. C'est la conséquence d'un projet de loi controversé sur les ressources en eau qui est devant le parlement.

Le projet de loi sur les ressources nationales en eau avait déjà été rejeté en 2018 par le parlement fédéral puis réintroduit en 2020 par le gouvernement en juillet dernier.

Cette fois-ci les autorités semblent bien déterminées à le faire passer. Depuis qu’il été réintroduit, des voix s'élèvent pour critiquer et rejeter le projet du gouvernement. Parmi les voix critiquant ce projet, celle du prix Nobel Wolé Soyinka.

"Quand vous décidez de prendre le contrôle des ressources en eau des gens, vous êtes en train de leur dire que leur source initiale d'existence est placée sous le contrôle du pouvoir et ce qui n’a rien à voir avec l’environnement. Cela est une très grave provocation", analyse-t-il.

Une coalition des organisations de la société civile s’oppose à l’adoption de ce projet de loi.

Benjamin Anthony, de l’Union des corporations publiques et Aderonke Igé fondatrice de l’ONG Aide aux initiatives pour la justice sociale et du développement humanitaire.

"Nous lançons un appel aux Nigérians de bonne volonté, au leadership de l’Assemblée nationale d’abandonner ce projet. Le gouvernement doit prévoir des services sociaux pour nous", souligne-t-il.

"Une résolution de l’assemblée générale de l'ONU a déclaré l’eau comme un droit humain. Nous pensons que le gouvernement et le parlement de ce pays ne tiennent pas compte de cette résolution. Sinon ils devraient considérer l’eau comme un droit humain et ils allaient créer des moyens nécessaires pour sa disponibilité".

Le projet, une foi adopté, vise à placer toutes les ressources en eau, à la fois de surface et souterraines, sous le contrôle du gouvernement fédéral par le biais d'organismes qui seront créés par le projet.

Le président de la commission du Parlement sur la gestion des ressources naturelles, Sada Soli Jibia, affirme que le projet est mal compris par les populations.

"Si les gens disent que l'eau n'est pas une ressource naturelle nationale donc le pétrole aussi n’est pas une ressource naturelle nationale", avance-t-il.

Le ministre de l’Information et de la culture, Lai Mohammed, soutient cet argument et insiste que le gouvernement ne va pas reculer dans sa démarche.

"La majorité de ceux qui condamnent ce projet de loi ne l’ont pas soit lu du tout ou alors ne comprennent rien. Nous ne pouvons pas aussi ignorer le fait que certains qui critiquent ce projet l’utilisent comme un moyen pour une nouvelle confrontation".

C'est donc un bras de fer entre la population et le gouvernement qui fait pression sur les députés.

Le président nigérian insiste sur son projet de loi sur la gestion de l'eau
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"Des pirates" tuent trois agents d'une compagnie pétrolière au Nigeria

Une fille marche sur un gazoduc traversant la communauté d'Okrika, près de la ville de Port Harcourt, centre pétrolier du Nigeria, le 4 décembre 2012.

Deux employés d'une branche locale du groupe italien ENI et un agent de sécurité ont été tués dans une attaque dans le delta du Niger (sud-est), le coeur de l'exploitation pétrolière du Nigeria, ont annoncé lundi un responsable sécuritaire et ENI.

Selon Ogbere Solomon, porte-parole local du Corps nigérian de défense et de sécurité civile (NSCDC), des hommes armés ont tué dimanche deux employés de la Nigerian Agip Oil Company, la branche locale du groupe italien ENI, et un fonctionnaire du NSCDC.

"Nos officiers sont tombés dans une embuscade et ont été attaqués par des pirates alors qu'ils protégeaient des travailleurs pétroliers d'Agip à Okoroma", a-t-il déclaré.

Dans un communiqué, ENI a déclaré que ses contractants travaillaient sur un projet de restauration de la mangrove quand ils ont été attaqués par un groupe armé. Trois personnes ont été tuées et deux blessées, ajoute le groupe.

Le delta du Niger est depuis des années le théâtre de graves troubles, avec des groupes armés qui percent les oléoducs pour piller du brut, provoquant des désastres écologiques, et multiplient les enlèvements contre rançons.

Ces attaques avaient considérablement diminué après une amnistie en 2009, qui a permis de rétablir un semblant de calme, mais les tensions ont refait surface en 2016 avec de nouvelles attaques alors que les communautés locales intentaient des procès aux compagnies pétrolières étrangères pour être dédommagées.

Anthony Blinken au siège de la Cédéao à Abuja

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COVID-19: l'hécatombe annoncée en Afrique n'a pas eu lieu, un "mystère" selon des chercheurs

Des passagers font la queue au terminal de bus du marché Zimpeto à Maputo, au Mozambique, le 16 novembre 2021.

Sur la place d’un marché très fréquenté dans la banlieue de Harare, capitale du Zimbabwe, Nyasha Ndou garde son masque facial dans sa poche.

Autour de lui, des centaines d'autres personnes, pour la plupart non masquées, se bousculent pour acheter et vendre des fruits et légumes exposés sur des tables en bois et des bâches en plastique.

Ici, comme dans plusieurs villes africaines, le coronavirus semble être relégué au passé. Rassemblements politiques, concerts et réunions familiales élargies sont de retour.

"Le COVID-19 a disparu, quand avez-vous entendu parler pour la dernière fois de quelqu'un qui est mort du COVID-19 ?", s’interroge Nyasha Ndou. "En fait le masque est là pour protéger ma poche contre la police qui exige des pots-de-vin si on se déplace sans ça", explique-t-il.

En début de semaine, le Zimbabwe n'a enregistré que 33 nouveaux cas de COVID-19 et aucun décès.

Une tendance confirmée à travers le continent africain par les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui montrent que les infections liées au coronavirus sont en baisse depuis juillet.

Très peu de masques en vue lors du retour des exilés politiques à Conakry, en Guinée, le 18 septembre 2021.
Très peu de masques en vue lors du retour des exilés politiques à Conakry, en Guinée, le 18 septembre 2021.

Pourtant lorsque le coronavirus est apparu l'an dernier, les responsables de la santé, y compris à l’OMS, avaient dit craindre que la pandémie ne fasse des ravages en Afrique. Certains sont même allés jusqu’à prédire des millions de victimes. Même si on ne sait toujours pas quel sera le bilan final de la maladie COVID-19, ce scénario catastrophe ne s'est pas concrétisé au Zimbabwe ni dans la majeure partie du continent africain.

Il se passe quelque chose de "mystérieux" en Afrique, selon Wafaa El-Sadr, titulaire de la chaire de santé mondiale à l'université Columbia. "L'Afrique ne dispose pas des vaccins et des ressources nécessaires pour lutter contre le COVID-19 comme c'est le cas en Europe et aux États-Unis, mais d'une manière ou d'une autre, elle semble s'en sortir mieux", ajoute-t-elle.

Moins de 6% de vaccinés

Moins de 6 % de la population en Afrique est vaccinée contre le coronavirus. Depuis des mois, l'OMS décrit l'Afrique comme "l'une des régions les moins touchées du monde" dans ses rapports hebdomadaires sur les pandémies.

Selon certains chercheurs, la jeunesse de la population du continent - l'âge moyen est de 20 ans contre 43 ans environ en Europe occidentale - ainsi que son faible taux d'urbanisation et sa tendance à passer du temps à l'extérieur, pourraient avoir épargné les effets les plus mortels du virus jusqu'à présent.

Plusieurs études tentent de déterminer s'il existe d'autres explications, notamment des raisons génétiques ou l'exposition à d'autres maladies.

"Il ne s'agit pas toujours de savoir combien d'argent vous avez ou à quel point vos hôpitaux sont sophistiqués", souligne Christian Happi, directeur du Centre d'excellence africain pour la génomique des maladies infectieuses à l'Université Redeemer, au Nigeria.

Flambée des cas de coronavirus à Brazzaville: suspension des mariages
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Il ajoute que les autorités sanitaires africaines ont l'habitude d'endiguer les épidémies même en l'absence de vaccins et qu'elles peuvent compter sur les vastes réseaux d'agents de santé communautaires.

"Je pense qu'il y a une approche culturelle différente en Afrique, où ces pays ont abordé le COVID avec un sentiment d'humilité parce qu'ils ont connu des choses comme Ebola, la polio et le paludisme", estime pour sa part Devi Sridhar, titulaire de la chaire de santé publique mondiale à l'université d'Édimbourg, Écosse.

L’exception sud-africaine

Au cours des derniers mois, le coronavirus a rudement frappé l'Afrique du Sud et on estime qu'il y a tué plus de 89 000 personnes, soit de loin le plus grand nombre de décès sur le continent.

Les données de l'OMS montrent que les décès en Afrique ne représentent que 3 % du total mondial. En comparaison, les décès survenus dans les Amériques et en Europe représentent respectivement 46 % et 29 %.

Au Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, le gouvernement a enregistré jusqu'à présent près de 3 000 décès parmi ses 200 millions d'habitants. C’est l’équivalent du nombre de décès enregistrés aux États-Unis tous les deux ou trois jours.

Ces chiffres peu élevés soulagent les Nigérians comme Opemipo Are, un jeune homme de 23 ans vivant à Abuja. "Ils ont dit qu'il y aurait des cadavres dans les rues et tout ça, mais rien de tel n'est arrivé", note-t-il.

Néanmoins, les experts demandent aux gens de rester prudents.

"Les gens doivent rester très vigilants", prévient le Dr Johannes Marisa, président de l'Association des médecins et dentistes privés du Zimbabwe. Il craint qu'une autre vague de coronavirus ne frappe le pays le mois prochain. "C'est la complaisance qui risque de nous détruire car nous pourrions être pris au dépourvu".

Carnet de santé: faut-il vacciner les enfants contre le coronavirus?
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Les Nigérians saluent la visite de Blinken

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Les enjeux de la visite d'Antony Blinken au Nigeria

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