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Un deuxième opposant rwandais investi candidat à la présidentielle d'août 2017


Frank Habineza, président du Parti démocratique vert, parle aux reporters à Kigali, Rwanda, 25 mars 2014.

Le président du Parti démocratique vert, seule formation d'opposition reconnue par le gouvernement rwandais, a été investi samedi par son parti comme candidat à la présidentielle d'août 2017, a annoncé l'intéressé à l'issue d'un bureau politique de son parti à Kigali.

"J'ai accepté votre demande de vous représenter en tant que candidat pour la prochaine élection présidentielle qui aura lieu le 4 août 2017", a déclaré Frank Habineza, deuxième à annoncer sa candidature après le président sortant Paul Kagame en janvier.

"Nous voulons apporter la démocratie à ce pays", a déclaré M. Habineza à la presse. "La démocratie ne tombe pas du ciel, elle ne viendra pas de l'Amérique ou de l'Europe, nous sommes ceux qui devons lutter pour elle".

Le Parti démocratique vert est le seul parti d'opposition critiquant ouvertement le gouvernement tout en étant officiellement reconnu par ce dernier. Il avait été l'unique parti homologué à s'opposer à la réforme de la Constitution, finalement adoptée en décembre 2015, permettant à Paul Kagame de se présenter pour un troisième mandat.

Son président est un transfuge du Front patriotique rwandais (FPR) du président Kagame, l'homme fort du pays depuis que son ex-rébellion tutsi a chassé du pouvoir en 1994 les extrémistes hutu et mis fin au génocide déclenché trois mois auparavant - environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi.

La Constitution du Rwanda consacre le multipartisme, mais il n'existe pratiquement pas d'opposition, le FPR contrôlant d'une main de fer les sphères politique, sociale et économique du pays.

En juillet 2010, peu avant la précédente élection présidentielle, le corps quasi-décapité du vice-président de ce parti avait été retrouvé dans un marais. Frank Habineza avait dès lors quitté le Rwanda pour la Suède, avant d'y revenir en 2012.

M. Kagame, finalement réélu avec plus de 90% des voix, avait exclu toute implication de l'Etat dans ce crime qui n'a depuis pas été élucidé.

En 2014, un autre cadre du parti a disparu et n'a toujours pas été retrouvé.

Plusieurs partis d'opposition ne sont par ailleurs pas reconnus par Kigali. En novembre, un opposant exilé en France depuis 2005 s'est vu refuser l'entrée au Rwanda alors qu'il souhaitait se présenter à la présidentielle.

En 2010, l'opposante Victoire Ingabire avait été arrêtée après son retour au Rwanda pour se présenter à la présidentielle de la même année.

Elle avait demandé que les auteurs de crimes contre les Hutu durant le génocide soient eux aussi jugés, et Kigali l'avait accusée d'avoir de la sorte nié la réalité du génocide des Tutsi. Elle purge depuis une peine de 15 ans de prison.

Avec AFP

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