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Un opposant jugé coupable "d'incitation au terrorisme" en Ethiopie


Yonatan Tesfaye, ancien porte-parole d'un parti d'opposition au régime éthiopien jugé coupable "d'incitation au terrorisme".
Yonatan Tesfaye, ancien porte-parole d'un parti d'opposition au régime éthiopien jugé coupable "d'incitation au terrorisme".

Un ancien porte-parole d'un parti d'opposition au régime éthiopien a été jugé coupable "d'incitation au terrorisme" mardi à Addis Abeba, en raison de commentaires postés sur son compte Facebook.

Yonatan Tesfaye avait été arrêté en décembre 2015 après avoir accusé la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), "d'user de la force contre le peuple, plutôt que de privilégier le dialogue pacifique avec le public".

L'avocat et les témoins de la défense ont fait valoir que l'ancien porte-parole du parti Semayawi (Blue Party) n'avait fait qu'exercer son droit à la liberté d'expression. Mais le magistrat Belayhun Awol a jugé que ces commentaires "outrepassaient la liberté d'expression" et relevaient de "l'incitation au terrorisme".

"Je pense que l'intention du gouvernement est la suivante: empêcher les autres de s'exprimer librement", a commenté pour l'AFP l'avocat de l'opposant, Me Shebru Belete, à l'issue de l'audience.

Ce jugement fait encourir à Yonatan Tesfaye une peine possible de 10 à 20 ans de prison en vertu d'une loi antiterroriste dénoncée comme un moyen de faire taire toute dissidence par les associations de défense des droits de l'Homme mais aussi les Etats-Unis, pourtant alliés de l'Ethiopie.

Le juge prononcera la condamnation le 25 mai.

Les commentaires de M. Yonatan avaient été postés peu de temps après le début de manifestations populaires de jeunes Oromo, l'ethnie la plus nombreuse du pays, pour protester contre un projet d'expansion géographique de la capitale Addis Abeba qui devait selon eux déboucher sur des expropriations en masse.

Ces manifestations, couplées à d'autres dans la région Amhara dans le nord du pays, ont été violemment réprimées par le régime, faisant près de 700 morts selon les autorités elles-mêmes. Elles ont conduit le gouvernement à décréter l'état d'urgence en octobre 2016 et à le reconduire pour quatre mois en mars.

L'avocat a indiqué que son client allait faire appel du jugement.

Avec AFP

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