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Un Nigérian condamné pour corruption perd son procès en appel à Londres


James Ibori, ancien gouverneur de l'Etat du Delta, le 16 décembre 2006.

Un homme politique nigérian de premier plan, condamné à 13 ans de prison en Grande-Bretagne pour fraude et blanchiment d'argent, a annoncé qu'il allait saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) après avoir perdu son procès en appel.

James Ibori avait été emprisonné en avril 2012 pour avoir détourné près de 50 millions de livres (62 millions d'euros à l'époque) à l'issue d'une longue procédure d'extradition, puis libéré sous caution en décembre 2016 à Londres.

L'ancien gouverneur de l'Etat pétrolier du Delta (sud), aujourd'hui âgé de 59 ans, n'a jusque-là purgé que quatre ans de prison sur les 13 auxquels il a été condamné.

Son cas avait été perçu comme emblématique dans la lutte contre la corruption de haut niveau au Nigeria, avec des milliards de livres envoyés en Grande-Bretagne chaque année.

M. Ibori n'a cessé de clamer qu'au moins un policier impliqué dans l'enquête britannique sur cette affaire avait accepté des pots-de-vin pour l'enfoncer.

Après le rejet de l'appel de sa condamnation, M. Ibori a affirmé être victime d'une "conspiration internationale".

Il a accusé les autorités de ne pas avoir divulgué les allégations de corruption contre la police londonienne durant son procès et d'avoir cherché à "continuellement étouffer" l'affaire.

L'ONG Transparency International avait qualifié la procédure en appel de M. Ibori d'"affront à la justice".

Mais l'intéressé a estimé que c'était "la bonne chose à faire pour rendre le monde meilleur et défendre les droits des opprimés".

"J'ai demandé à mon équipe de juristes d'explorer tous les moyens juridiques permettant de dévoiler cette machination, notamment en saisissant la Cour européenne des droits de l'homme pour que cette atteinte à mes droits fondamentaux cesse", a-t-il ajouté.

Durant sa mandature de gouverneur entre 1999 et 2007, James Ibori a utilisé des fonds publics pour acheter des résidences, des voitures de luxe et un jet privé, selon la justice britannique.

Il aurait également utilisé cet argent pour financer l'élection d'Umaru Musa Yar'Adua à la présidence du Nigeria en 2007.

L'an dernier, il a été accueilli en héros à son retour au Nigeria et est toujours considéré comme un parrain influent dans la politique locale.

Avec AFP

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