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Un manifestant de l'opposition tué par la police en Ouganda


Le député Bobi Wine comparaît devant le tribunal de première instance à Gulu, dans le nord de l’Ouganda, le 23 août 2018.

Un partisan du chanteur et député ougandais Bobi Wine est décédé après avoir été blessé par balle jeudi par la police lors d'une manifestation en soutien à l'opposant inculpé de trahison, a annoncé vendredi la police locale.

Cette manifestation a eu lieu à Bukalamuli, la ville de Bobi Wine (Robert Kyagulanyi de son vrai nom), à quelque 120 kilomètres à l'ouest de la capitale Kampala, selon le chef de la police de cette région, Francis Chemusto.

"Des manifestants brûlaient des pneus au milieu de la route", a déclaré à l'AFP Francis Chemusto. "Lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, ils ont ordonné aux manifestants d'arrêter, mais un homme s'est précipité chez lui, a pris une hache et une machette, et a chargé les policiers, qui ont tiré pour se défendre et l'ont blessé".

"L'homme a été emmené en urgence à l'hôpital pour des blessures par balle, mais il est malheureusement mort", a ajouté M. Chemusto, assurant que le policier impliqué avait été interpellé.

Cet homme est la troisième personne tuée depuis le 14 août, lorsque des partisans de l'opposition avaient jeté des pierres sur le convoi du président Museveni durant la campagne pour une élection partielle à Arua (nord-ouest).

Dans les échauffourées qui avaient suivi ce jour-là à Arua, la police avait ouvert le feu et tué le chauffeur de Bobi Wine.

Le chanteur avait ensuite été arrêté, et a été inculpé jeudi de trahison. Sa détention a déclenché des manifestations en début de semaine notamment dans la capitale Kampala, qui ont été violemment réprimées à coups de gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles.

Un supporteur de football pris pour un manifestant par la police avait par ailleurs été tué dimanche à Mityana, à l'ouest de Kampala, par les forces de l'ordre, qui avaient ouvert le feu sur des partisans de l'opposition.

Ce dernier, 36 ans, s'est imposé comme un porte-parole de la jeunesse ougandaise et un détracteur virulent du président Yoweri Museveni depuis son élection à l'Assemblée nationale en 2017.

M. Museveni, âgé de 74 ans et au pouvoir depuis 1986, a récemment fait supprimer la limite d'âge pour être candidat à la présidentielle, se donnant la possibilité de se représenter en 2021.

Avec AFP

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