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Nigeria

Un humanitaire et cinq personnes portées disparues dans le nord-est du Nigeria

Une camionnette de patrouille de police brûlée reste abandonnée sur le bord d'une route déserte à Damaturu, dans l'État de Yobe, le 7 novembre 2011.

Six personnes, dont un humanitaire, sont portées disparues depuis l'attaque de leur convoi jeudi dans le nord-est du Nigeria, en proie à l'insurrection de groupes djihadistes, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

"Un convoi de véhicules a été attaqué (jeudi) sur la route" entre la capitale du Borno, Maiduguri, et la ville de Damasak, a indiqué l'ONG Action contre la faim (ACF) dans un communiqué.

"Un des chauffeurs a été tué, tandis qu'un employé d'Action contre la faim, deux autres chauffeurs, et trois travailleurs du secteur de la santé sont portés disparus", poursuit l'ONG.

ACF est "profondément attristée par ce tragique incident".

Deux sources humanitaires de la région ont confirmé sous couvert de l'anonymat cette attaque qui s'est produite au niveau du village de Kennari, faisant état de quatre personnes enlevées parmi les passagers.

"Quatre personnes, trois hommes et une femme, ont été enlevées hier (jeudi) vers 16H30 (15H30 GMT) par des hommes armés que nous suspectons fortement d'être des insurgés", a dit l'une de ces sources.

Selon la deuxième source humanitaire, le convoi de trois véhicules rentrait d'un village voisin où ACF dirige une clinique, lorsque des hommes armés ont ouvert le feu. L'un des véhicules a alors fait une sortie de route et s'est écrasé contre un arbre, causant la mort de son chauffeur.

Les quatre passagers, "coincés dans le véhicule, ont alors été +pris+ par les assaillants", a ajouté la deuxième source. "Les occupants des autres véhicules ont abandonné leurs véhicules et fui à pied vers Damasak", située à quelques km de là.

Le conflit a fait plus de 27.000 morts et 2 millions de déplacés depuis dix ans dans le nord-est du Nigeria, où interviennent de nombreuses ONG qui tentent d'enrayer une grave crise humanitaire.

L'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), affilié au groupe Etat islamique (EI), est particulièrement actif dans cette région reculée proche du lac Tchad et frontalière avec le Niger, où il mène depuis un an des attaques répétées contre les forces de sécurité nigérianes.

Les humanitaires sont régulièrement pris pour cible par les djihadistes, qui pratiquent les enlèvements contre rançon pour financer leurs opérations ou pour échanger avec le gouvernement nigérian leurs captifs contre des membres de leur groupe faits prisonniers, menaçant de tuer leurs victimes si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

L'an dernier, l'Iswap avait tué deux employées du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Une troisième femme, travaillant pour l'Unicef, est toujours retenue en otage par le groupe.

Elles avaient été enlevées lors d'une attaque de la ville de Rann ayant fait trois morts parmi les employés locaux de l'Unicef et huit parmi les soldats nigérians présents sur place.

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Déploiement de soldats dans une ville du nord du Nigeria

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Nigeria: les adolescentes de Jangebe libérées

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Les centaines d'adolescentes enlevées au Nigeria ont été libérées

Les écolières nigérianes qui avaient été enlevées après leur libération, au gouvernorat de l'État de Zamfara, le 2 mars 2021.

Les centaines d'adolescentes enlevées vendredi dernier dans leur pensionnat de Jangebe dans le nord-ouest du Nigeria ont été libérées et sont mardi matin dans les locaux du gouvernement de Zamfara, a annoncé à l'AFP le gouverneur de cet Etat Dr. Bello Matawalle.

"Dieu soit loué ! Je suis heureux d'annoncer la libération des élèves enlevées du lycée GGSS Jangebe", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

"Le nombre total de filles enlevées dans l'école est de 279, elles sont toutes ici avec nous, nous remercions Allah", a ajouté le gouverneur.

Les autorités avaient initialement affirmé que 317 jeunes filles manquaient à l'appel après l'attaque de ce pensionnat dans l'Etat de Zamfara dans le nuit de jeudi à vendredi par des hommes armés.

Un journaliste de l'AFP a pu voir des centaines de jeunes filles, portant un hijab de couleur bleu ciel, réunies à la maison du gouvernement.

Il s'agissait de la quatrième attaque d'écoles en moins de trois mois dans le nord-ouest du Nigeria, où des groupes criminels, appelés "bandits", multiplient les vols de bétail à grande échelle et pratiquent les enlèvements contre rançon depuis plus de dix ans.

Les autorités de Zamfara ont l'habitude de discuter avec les groupes criminels avec lesquels ils négocient depuis plus d'un an des accords d'amnistie en échange de la remise de leurs armes.

Ce sont les responsables de l'Etat de Zamfara qui avaient d'ailleurs négocié la libération en décembre dernier de 344 garçons qui avaient été enlevés par des bandits de leur pensionnat dans l'Etat voisin de Katsina.

Une agente de l'État de Zamfara embrasse une des filles libérées avant un contrôle médical après sa libération à Zamfara, au Nigeria, le 2 mars 2021.
Une agente de l'État de Zamfara embrasse une des filles libérées avant un contrôle médical après sa libération à Zamfara, au Nigeria, le 2 mars 2021.

A chaque libération, les autorités nient payer une quelconque rançon aux ravisseurs, mais cela fait pourtant peu de doute pour les experts en sécurité qui craignent que cela ne mène à une multiplication des enlèvements dans ces régions minées par l'extrême pauvreté et peu ou pas du tout sécurisées.

Ce nouvel enlèvement de masse avait ravivé le souvenir du rapt de Chibok en 2014, lorsque le groupe jihadiste Boko Haram avait enlevé 276 lycéennes, suscitant une émotion mondiale.

Pus d'une centaines d'entre elles sont encore portées disparues et personne ne sait combien sont toujours vivantes.

Mais ces deux enlèvements sont à distinguer: les "bandits" agissent avant tout pour l'appât du gain, et non pour des raisons idéologiques, même si certains ont tissé des liens avec les groupes jihadistes dans le nord-est.

Ngozi Okonjo-Iweala souhaite relancer les négociations sur les aides à la pêche

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Des insurgés attaquent une base de l'ONU au Nigeria

Des soldats nigérians patrouillent dans l'Etat de Borno, près de Marte, au Nigeria, le 5 juin 2013.

Des jihadistes liés à l'Etat islamique (EI) dans le Nord-Est du Nigeria ont attaqué lundi une base de l'ONU dans le ville de Dikwa et tentaient dans la soirée de pénétrer dans un espace sécurisé où se sont réfugiés 25 travailleurs humanitaires, selon des sources sécuritaire et humanitaire.

Des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont envahi Dikwa lundi soir, attaquant un camp militaire et une base de l'ONU, ont affirmé à l'AFP un responsable de l'armée et une source humanitaire sous couvert de l'anonymat.

"Les terroristes de Iswap ont lancé une attaque simultanée sur un super camp (base militaire) et sur une base humanitaire de l'ONU", selon la source militaire.

"La base des humanitaires a été incendiée par les combattants mais jusqu'ici aucun employé n'a été touché", a déclaré à l'AFP la source humanitaire.

"Nous avons 25 employés qui ont trouvé refuge dans un bunker, que les insurgés tentent actuellement d'envahir", a-t-elle précisé, confirmant des informations du responsable de l'armée.

Des renforts militaires basés dans la ville de Marte, à 40 kilomètres, ont été dépêchés sur place pour aider à repousser les jihadistes, a précisé la source humanitaire.

"Deux avions et un hélicoptère apportent un soutien aérien, afin de faire fuir les jihadistes de la base humanitaire", a-t-on ajouté.

Il y a trois ans, le 1er mars 2018, des combattants de Iswap avaient attaqué une base de l'ONU dans la ville de Rann, dans le nord-est du Nigeria.

Huit membres des forces de sécurité avaient été tués ainsi que trois employés nigérians de l'Unicef et de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Le nord-est du Nigeria est en proie à un conflit meurtrier depuis 2009 et le lancement d'attaques par les islamistes de Boko Haram.

En 2016, le groupe s'est scindé, avec d'un côté la faction historique et de l'autre, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), reconnu par le groupe Etat islamique.

Un conflit qui s'enlise

Le conflit, qui a fait plus de 36.000 personnes ont été tuées, et plus de deux millions de déplacés depuis 2009, s'enlise.

Le 15 février dernier, des combattants de Iswap avaient pris le contrôle de la ville stratégique de Marte, d'où sont partis les renforts lundi soir, après avoir submergé des soldats en garnison. Les militaires avaient repris le contrôle de la ville une semaine plus tard.

Cette même semaine, l'autre groupe jihadiste, Boko Haram, avait également attaqué au mortier Maiduguri, la capitale régionale de l'Etat du Borno, épicentre de la révolte. Cette attaque avait fait au moins 16 morts et des dizaines de blessés.

Depuis la fin de l'année 2020, les attaques meurtrières se sont intensifiées dans la région, poussant le président Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques, à remplacer fin janvier les quatre principaux chefs de l'armée.

Le président, ancien général putschiste dans les années 1980, avait été élu en 2015 sur la promesse d'écraser cette rébellion jihadiste.

Mais six ans plus tard, les groupes Boko Haram et Iswap contrôlent toujours de vastes zones rurales ainsi que des routes stratégiques, où ils multiplient attaques et enlèvements de soldats, de civils et de membres d'ONG.

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