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Nigeria

Un groupe djihadiste diffuse une vidéo d'exécution de chrétiens

Un véhicule appartenant au groupe djihadiste Etat Islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP)

Le groupe djihadiste Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) a diffusé jeudi soir une vidéo d'une minute montrant l'exécution de onze hommes présentés comme des chrétiens dans le nord-est du Nigeria.

Cette vidéo d'une minute tournée dans un lieu non-identifié, montre ces hommes les yeux bandés exécutés par balles puis poignardés. C'est "un message aux chrétiens du monde entier" en pleine période de Noël, y affirme un homme au visage masqué.

Il ajoute que ces chrétiens ont été exécutés pour venger la mort du chef de l'Etat islamique (EI), Abou Bakr Al-Bagdhdadi, lors d'une intervention américaine en octobre en Syrie.

La vidéo a été postée par l'agence Amaq, organe de propagande de l'Etat islamique (EI) auquel ISWAP - issu d'une scission au sein du groupe djihadiste nigérian Boko Haram - a prêté allégeance.

Les djihadistes ont multiplié leurs actions violentes ces derniers jours dans le nord-est du Nigeria.

Sept personnes ont été tuées et une adolescente enlevée la veille de Noël lors d'un raid attribué à Boko Haram et visant un village chrétien près de Chibok.

Lundi, au moins deux civils ont été tués et 13 autres blessés lors d'une attaque de l'ISWAP contre une position militaire de la même région de l'Etat de Borno.

Dimanche, ce sont six soldats nigérians qui avaient été tués par des membres de l'ISWAP lors de l'attaque d'un convoi militaire.

Et le même jour, une trentaine d'autres djihadistes de ce groupe ont tué six personnes et en ont enlevé cinq après avoir bloqué un axe routier majeur.

Mardi, les Nations unies ont condamné "la pratique croissante des groupes armés de mettre en place des postes de contrôle ciblant les civils" dans le Nord-Est.

En dix ans, l'insurrection djihadiste au Nigeria qui s'est propagée au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins, a fait selon les derniers chiffres de l'ONU plus de 36.000 morts et deux millions de déplacés au seul Nigeria, provoquant une crise humanitaire majeure dans la région.

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Plus de 22 millions de Nigérians sont au chômage

Un conducteur de tricule se ravitaille en essence, au NIgeria, le 17 septembre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Au Nigeria, première économie et pays le plus peuplé du continent, plusieurs entreprises ont du mal à faire face aux conséquences de la pandémie du covid-19. Le bureau national des statistiques a publié son dernier rapport disant que 27% de la population active est au chômage.

Maurine Ansa Effiong, 35 ans, est enseignante mais vient de perdre son emploi dans une école privée où elle enseignait depuis cinq ans. Et elle a perdu son travail avec dix autres collègues.

"J’ai été obligée d'arrêter le travail à cause du coronavirus. Je me débrouille présentement mais je ne sais comment faire avec tout ce qui se passe. Je ne fais rien en ce moment en attendant de trouver un autre travail", témoigne Maurine Ansa Effiong​.

Plus de 22 millions de Nigérians sont au chômage d’après le Bureau national des statistiques. Beaucoup d'entreprises ont du mal à faire face aux effets dévastateurs de la pandémie du covid-19. Les médias ne sont pas épargnés, c’est le cas du journal le Daily Trust, l’un des fleurons de la presse au Nigeria.

"Nous avons aussi réduit le nombre de journaux produits à chaque publication et nos revenus publicitaires sont en baisse", selon Nazirou Mikailu, rédacteur en chef​ du quotidien.

A l'inverse, Kayode Johnson, propriétaire d’un centre d’informatique, explique qu'il fait partie de ceux qui profitent d’un impact positif, avec une augmentation de la demande. "Beaucoup de nos clients veulent maintenir leur présence en ligne ou avoir un site et on nous demande aussi de gérer les vidéos conférences et des réunions", souligne-t-il.

Ceux qui ont encore du travail aussi se plaignent des maigres salaires pour résoudre les besoins de famille après une réduction de la paie dans certaines institutions.

Le gouvernement a décidé de supprimer les subventions sur le carburant, créant une augmentation de 15% du prix de l’essence à la pompe.

"L’augmentation du prix de l'essence nous affecte sérieusement", lance Adams Nyiomah, conducteur de taxi. "Si avant on transportait les passagers entre Gwarimpa et Life camp à 100 Nairas, maintenant si nous décidons d’ajouter sur le prix du transport, nos passagers se plaignent qu’ils n’ont pas augmenté leurs salaires".

Lorsque le prix de l’essence augmente, le coût du transport grimpe en conséquence, rendant plus difficiles les déplacements pour un bon nombre de Nigérians.

Soukonma, ingénieure dans une entreprise de construction à Abuja, raconte que "je ne peux pas me rendre dans tous mes sites avec la hausse des frais de transport. Avant par jour je dépensais au moins 1.000 Nairas pour visiter mes sites, mais aujourd'hui il me faut 2.500 Nairas". Le prix de l’électricité a été également revu à la hausse de 50%.

Dans le pays le plus peuplé du continent et premier producteur de pétrole en Afrique, près de la moitié des 200 millions d'habitants vivent dans une extrême pauvreté. La situation économique de ce pays, touché de plein fouet par la chute des prix du pétrole, pourrait encore se dégrader.

Covid-19: plus de 22 millions de Nigérians au chômage
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Les agents de santé ont cessé leur grève

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L'opposition nigériane conserve le siège de gouverneur dans l’Etat pétrolier d’Edo

Des électeurs cherchent leur noms sur la liste électorale, au Nigeria, le 19 septembre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

L’opposition nigériane a remporté le premier scrutin depuis le début de la pandémie de Covid-19. Le candidat du parti APC remporte le siège de gouverneur de l'Etat d'Edo, dans le Sud pétrolier.

Ils étaient plus d’un demi millions d’électeurs inscrits appelés aux urnes dimanche pour choisir un nouveau gouverneur ou reconduire le sortant Godwin Obaseki pour un second mandat de quatre ans à la tête de cet Etat du sud pétrolifère du Nigeria.

Au final c'est le gouverneur sortant, Godwin Obaseki, qui a été réélu.

M. Obaseki, 63 ans, était auparavant affilié au parti présidentiel le Congrès des progressistes (APC). Il a quitté le parti au pouvoir du président Buhari pour le Parti démocratique populaire (PDP) à cause de dissensions au sein de l'APC.

Des électeurs lors du jour de vote, au Nigeria, le 19 septembre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)
Des électeurs lors du jour de vote, au Nigeria, le 19 septembre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

"Le grand peuple de l’Etat d’Edo s’est exprimé de façon claire et nette. Ce qui me satisfait de plus en saluant les supporteurs qui ont démontré le courageux face à l'intimidation, la menace et de la brutalité. La volonté collective du peuple d’Edo nous a permis de triompher du système de parrainage", a-t-il déclaré après l’annonce des résultats. ​

L’État d’Edo était jusqu'ici le seul Etat détenu par l’APC du président Muhammadu Buhari dans le Sud du Nigeria. L’enjeu de cette élection partielle était donc crucial, mais les querelles entre élites du parti au pouvoir seraient à la base de la défaite de l'APC à cette élection dans l’Etat d'Edo qui vient ainsi de basculer entre les mains du principal parti d'opposition le PDP.

Il y avait des observateurs des organisations de la société civile déployés sur le terrain pour s'assurer du bon déroulement du processus électoral.

Hidayate Hassan, du Centre pour la démocratie et du développement, l’un des organes ayant observés les élections, explique que "cette élection a été paisible par rapport à ce qu’on s’attendait. Mais il y a beaucoup de défis qui demandent des réformes dans le cadre légal du processus électoral, et pour le changement d’attitudes pour le Nigeria".

Le groupe des Nigérians préoccupés qui a aussi observé cette élection dénonce des irrégularités durant les opérations de vote. Deji Adeyanju, son président, en témoigne: "les élections n’ont pas été libres et transparentes même si c’est le PDP qui a gagné parce qu’il y a eu un achat massif de votes dans beaucoup de bureaux de vote".

"Des gens ont tenté de perturber le vote dans certains bureaux aussi même si là aussi les populations ont résisté. Et malheureusement il y a eu encore des bureaux de vote qui ont été emportés", conclut-il.

La victoire de l'opposition est un processus nouveau qui commence au Nigeria, selon Djibrin Ibrahim, professeur de sciences politiques.

"Je viens de voir que le président Buhari a félicité le parti d’opposition qui a gagné ces élections. Je pense que c’est un processus nouveau qui arrive au Nigeria, où ceux qui sont au pouvoir commencent à accepter leur défaite", analyse-t-il.

Dominé par les candidats de l’APC, le parti présidentiel, et du PDP, principale formation d'opposition du pays, le vote s'est déroulé sous une forte présence des forces de sécurité déployées en grand nombre.

Fin de la grève des professionnels de la santé nigérians

Une infirmière en consultation, au Nigeria, le 24 mars 2011.

Les professionnels de santé nigérians ont cessé lundi leur mouvement de grève, lancé il y a une semaine, pour réclamer de meilleurs salaires, des infrastructures plus adaptées et des primes pour leur travail durant la pandémie de Covid-19, ont annoncé des responsables syndicaux.

"Tous les salariés du secteur de la santé des cinq syndicats qui composent le syndicat uni des travailleurs de la santé (Johesu) et l'Assemblée des associations professionnelles de santé (AHPA) doivent retourner au travail", ont-ils déclaré dans un communiqué conjoint.

Les leaders syndicaux ont annoncé qu'ils se réuniraient plus tard pour décider "du prochain plan d'action" tout en exhortant le gouvernement à répondre aux demandes des travailleurs.

Le syndicat Johesu représente les pharmaciens, les infirmières, les sages-femmes et les radiologues, en première ligne dans la lutte contre la pandémie de coronavirus.

Les professionnels de la santé ont appelé à la grève la semaine dernière pour tenter notamment d'obtenir une revalorisation salariale et le versement d'une prime de risque pour leur travail face au Covid-19.

Le gouvernement avait condamné cette grève jugée inutile, inopportune et illégale.

Les grèves dans le secteur hospitalier sont fréquentes au Nigeria, dont les services de santé souffrent d'un manque notoire de financement.

Un millier de professionnels de la santé ont été infectés depuis le début de la pandémie selon des chiffres du Centre nigérian de contrôle des maladies infectieuses(NCDC) au Nigeria.

Ce mouvement syndical a été le dernier à frapper le secteur de la santé au Nigeria tandis que les autorités luttent pour freiner la propagation de l'épidémie dans le pays qui a enregistré 57.242 cas de Covid-19, qui ont fait officiellement 1.098 morts.

Covid-19: plus de 22 millions de Nigérians au chômage

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