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Polémique en Égypte : sur Netflix, Cléopâtre est Noire


"Queen Cleopatra", un documentaire Netflix produit par Jada Pinkett Smith est accusé de falsification historique.
"Queen Cleopatra", un documentaire Netflix produit par Jada Pinkett Smith est accusé de falsification historique.

Netflix a provoqué l’ire des autorités égyptiennes pour avoir dépeint, dans une fiction à paraître le 10 mai 2023 sur sa plateforme, la dernière pharaonne à travers un personnage à la peau foncée.

Cléopâtre était-elle noire ? La question enflamme l’opinion depuis le 12 avril 2023 et le dévoilement par Netflix de la bande-annonce d’une série documentaire évoquant ce personnage central de l’Égypte antique.

L’œuvre baptisée "Queen Cleopatra" (La reine Cléopâtre en français) et produite par Jada Pinkett Smith est accusée de falsification historique, notamment en Égypte. Les autorités du pays maghrébin sont en effet scandalisées de voir une de ses figures emblématiques illustrée à l’écran par un personnage à la peau noire, en l’occurrence l’actrice britannique Adele James.

Affaire d’État

Le débat a viré à l'affaire d’État, engendrant des prises de position catégoriques de la part de plusieurs personnalités égyptiennes. Le ministère des Antiquités a déclaré le 27 avril 2023, dans un communiqué avec force détails sur les origines de la dernière pharaonne, que cette dernière avait la peau blanche.

"Les bas-reliefs et les statues de la reine Cléopâtre en sont la meilleure preuve", tranche le texte. Même tonalité de part de l’égyptologue et archéologue Zahi Hawass qui s’est également fendu d’un long exposé sur Facebook.

"Cléopâtre était grecque et semblable aux reines et aux princesses de Macédoine. Je ne suis pas du tout anti-Noir, mais c’est de mon devoir d’énoncer les faits", a-t-il indiqué sur le réseau social.

Un débat sans fin ?

Une pétition appelant à la suppression du documentaire a même recueilli des dizaines de milliers de signatures avant d’être retirée de la toile. La députée Saboura al-Sayyed en a profité pour demander, une nouvelle fois, l’interdiction de Netflix dans le pays. Il faut dire que le géant du streaming n’y a pas bonne presse.

La polémique témoigne de la difficulté à évoquer l’apparence physique de la dernière reine d’Égypte sans risquer de heurter les susceptibilités. Cette femme de la dynastie lagide a ainsi été dépeinte sous différents traits au fil des années, au cinéma ou sur des pièces de monnaie. Avec, en toile de fond, ce qui parait aux yeux de certains comme une tentative d’appropriation de la part des auteurs desdites représentations.

La réalisatrice de Queen Cleopatra, Tina Gharavi, déclare à cet effet dans les colonnes du magazine Variety que l’incarnation de Cléopâtre par une actrice noire relevait d’un "acte politique". "Cléopâtre est-elle noire ? Nous ne savons pas vraiment. Mais nous devons discuter de notre rapport à la couleur de peau", a-t-elle affirmé, invitant à explorer "nos figures historiques sans craindre de les représenter avec complexité".

Les controverses sur la couleur de la peau et la fidélité historique ne se limitent pas aux Noirs et aux Blancs. Selon le Washington Post, "Mémoires d'une Geisha", un film de 2005 censé se dérouler dans le Japon d'antan, a suscité la controverse en Asie. La raison? Deux actrices chinoises ont été choisies pour incarner des personnages japonais. Côté japonais, les critiques étaient offusqués par le fait que des actrices japonaises n'aient pas été choisies pour ces rôles, tandis que du côté chinois, une partie du public s'est indigné de voir des femmes chinoises incarner le rôle de geishas.

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