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Un demi-milliard d'Africains menacés par l'insécurité alimentaire


Une femme épluche des couches extérieures de manioc pour le plat d'accompagnement, attiéké, à Abidjan, le 22 mai 2018.
Une femme épluche des couches extérieures de manioc pour le plat d'accompagnement, attiéké, à Abidjan, le 22 mai 2018.

Des chercheurs africains ont alerté jeudi à Abidjan sur la prolifération des maladies des plantes agricoles qui menacent gravement la sécurité alimentaire d'un demi-milliard de personnes sur le continent, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Venus de dix pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, dans le cadre du programme West African Virus Epidemiology (WAVE), les chercheurs ont révélé l'apparition en Côte d'Ivoire du "virus de la canne à sucre", une nouvelle pathologie "qui n’existait que sur le continent asiatique et pas ailleurs" et la "maladie du bananier" en Afrique.

"Les insectes migrateurs, les maladies des plantes et autres agents nuisibles représentent une menace grave pour les récoltes et les revenus des agriculteurs d’Afrique de l’Ouest et du Centre" a déclaré le Dr Justin Pita, directeur exécutif du programme WAVE, axé sur la sécurité alimentaire et financé par la Fondation Bill et Melinda Gates.

M. Pita, en compagnie des ministres ivoiriens de l'Agriculture de Côte d'Ivoire (Kobena Kouassi Adjoumani) et du Gabon (Biendi Maganga-Moussavou), ont inauguré un nouveau centre régional de recherche sur les maladies virales des plantes.

Pour lui, "la sécurité alimentaire est menacée, la biodiversité et l’environnement régional sont endommagés sous l’action conjuguée et nocive des criquets, chenilles légionnaires d’automne, mouches des fruits, et des maladies du bananier et du manioc (...) se répandent dans toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre, occasionnant de lourdes pertes pour les agriculteurs".

Les chercheurs se sont véritablement "inquiétés" de la divulgation de la "mosaïque" et de la "striure brune", deux maladies du manioc, base alimentaire de 500 millions d'Africains qui provoquent "une perte de trois milliards de dollars par an en Afrique subsaharienne".

"En Ouganda, une épidémie de manioc dans les années 1990 a fait 3.000 morts en raison de la famine. C'est comme pas d'attiéké en Côte d'Ivoire ou pas de gari au Nigeria", a expliqué Dr. Pita.

L'attiéké, fait à base de semoule de manioc cuite, est très prisé par les populations résidant en Côte d'Ivoire mais aussi à l'étranger. Le gari est une semoule dérivée du manioc.

L'Afrique est le plus grand producteur mondial de manioc (57%), dont on consomme les tubercules, riches en glucides et en amidon, mais aussi les feuilles et la fécule (qui a plutôt l'aspect d'une semoule), produite à partir des racines.

Le manioc s'est imposé comme une culture stratégique pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté sur le continent. Cette plante est une culture de subsistance et de rente pour les producteurs africains.

Outre la Côte d'Ivoire, les scientifiques sont venus de dix pays: Ghana, Gabon, Bénin, Togo, Nigeria, Burkina Faso, République démocratique du Congo, Sierra Léone, Togo.

Le programme WAVE, dont le siège se trouve à Bingerville, près d'Abidjan, prône "une approche régionale" pour combattre les maladies virales.

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