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RDC

"La malnutrition est un fléau qui bat son plein au Kasaï"

L'hôpital Tudikolela dans la communauté de Lipemba, à la périphérie de Mbuji-mayi, région du Kasaï, en République démocratique du Congo (RDC), le 1er mai 2021.

A deux ans à peine, leur visage est déjà flétri, leurs yeux exorbités sur un front parsemé de rides. "Comment puis-je les nourrir à leur faim ?", s’inquiète une mère de famille au chevet de ses jumeaux de deux ans.

En République démocratique du Congo (RDC), dans la région diamantifère du Kasaï, la malnutrition continue de faire des ravages, dans ce pays désormais le plus touché au monde par l'insécurité alimentaire selon l'ONU.

"Mon mari ne travaille pas, moi-même je ne vends que de l'eau", poursuit Claudine Kamwanya, enceinte et mère de quatre enfants, qui a conduit ses deux jumeaux à l'hôpital de Bonzola près de la grande ville de Mbuji-Mayi.

Dans une salle voisine, allongée sur une civière, Marie-José, une petite fille de quatre ans et demi, sort de sa léthargie après douze jours de traitement, à la grande satisfaction du personnel médical. "Elle est arrivée inconsciente, avec une déshydratation sévère associée aux infections", explique une infirmière.

Du 14 avril au 1er mai, "29 enfants malnutris ont été pris en charge dont six en phase aiguë sévère avec complications médicales", explique le Dr Grégoire Mpoyi, qui remercie l'ONG Action contre la faim (ACF) pour son appui.

Au total, 27,3 millions de personnes sont touchées par l'insécurité alimentaire en RDC, ont estimé début avril l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Le fléau de la misère

"Cette situation fait de la RDC le pays avec le plus grand nombre de personnes ayant un besoin urgent d'assistance en matière de sécurité alimentaire au monde", ont ajouté les deux agences onusiennes, dans un plaidoyer aux accents alarmistes.

A Mbuji-Mayi, une quinzaine d'enfants au corps squelettique, ou présentant des gonflements des pieds jusqu'au visage, sont allongés sous une moustiquaire dans une unité pédiatrique à l'hôpital général, sous le regard impuissant de leurs mères.

"Quatre sont dans la phase aigüe sévère (la plus critique), cinq en phase de transit et six en phase de réhabilitation ou de sortie", résume le Dr Pierre Kasongo, médecin et directeur de cet hôpital géré par des religieuses.

"La malnutrition c'est un fléau qui bat son plein dans notre communauté frappée par la misère", ajoute-t-il. En l'espace de trois semaines, son hôpital a soigné plus de 60 enfants grâce à un appui d'ACF, qui intervient dans 35 structures médicales locales.

Un bébé dort à l'hôpital de Tudikolela, bénéficiaire de l'ONG ACF (Action contre la faim), dans la communauté de Lipemba, dans la région du Kasaï, en RDC, le 1 mai 2021.
Un bébé dort à l'hôpital de Tudikolela, bénéficiaire de l'ONG ACF (Action contre la faim), dans la communauté de Lipemba, dans la région du Kasaï, en RDC, le 1 mai 2021.

Mado Kapinga est au chevet de son petit garçon, Ntumba Kabengela, qui se rétablit peu à peu. "Quand nous sommes arrivés ici, il était très souffrant, très faible aussi. Après trois jours de traitement, il va mieux".

Cette mère de cinq enfants et épouse d'un mineur artisanal redoute cependant le retour à la maison. "Ici, on nous donne tout: la nourriture, l'eau et même le savon pour se laver. Une fois à la maison, nous n'aurons plus rien à manger, il (son fils Ntumba, ndlr) risque de faire une rechute".

Le mirage du diamant

Le Kasaï a été secoué par un conflit armé entre septembre 2016 et mai 2017 ayant fait 3000 morts et plus de 1,5 million des déplacés. En situation de post-conflit, la province souffre d'une économie au ralenti.

Ses terres -plutôt argileuses- sont également réputées moins fertiles que dans d'autres régions. L'agriculture est souvent délaissée, au profit notamment de l'eldorado du diamant.

"Les gens ne travaillent pas, ne veulent pas se lancer dans l'agriculture. La grande majorité rêve de faire fortune dans l'exploitation artisanale du diamant malgré l'évidence: le diamant ne se ramasse plus", analyse sœur Carine Kupela, l'administratrice général de l'hôpital.

La province voisine du Kasaï-Central n'est pas épargnée. Assise sur les genoux de sa mère, la petite Jeannette Kabuma avale la bouillie nutritionnelle que distribue une infirmière à la vingtaine d'enfants venus en consultation dans un centre de santé de Kananga, capitale provinciale.

A un an, Jeannette pèse 5,4 kg (contre 7 à 11 kilos en moyenne à cet âge). Le diagnostic est sans appel: "malnutrition aiguë sévère", constate l'infirmière, Maman Denise.

Chenilles et arachides

Au centre de santé de Kamayi, d'octobre 2020 à mars 2021, 74 enfants malnutris ont été pris en charge. Seuls 47 ont été déclarés guéris.

Anto Kalonga, 23 ans, y est arrivé avec trois enfants sous les bras. Deux ont des ventres gonflés par les œdèmes, cheveux jaunis et cassants; le troisième, lui aussi bien amaigri, semble avoir du mal à respirer. "Il n'a même plus la force de pleurer", s'afflige sa mère.

Dans ces deux centres de santé soutenus par l'Unicef, on apprend aux femmes la préparation de la bouillie à base d'aliments locaux, maïs, arachides, chenilles, huile de palme...

"Lorsqu'un projet s'arrête, la situation retombe dans cette zone où la population agricole a vieilli", estime Élie Mayiza Bamvangila de l'Unicef à Kananga.

"Le retour des déplacés devient un poids pour la communauté", ajoute-t-il. En périphérie de la ville, plus de 2.200 ménages sont installés dans un camp des déplacés, cicatrice du conflit de 2016-17.

Depuis 2019, Vanessa Zawadi, responsable de l'ONG Woman for peace and dignity (WPD) emploie les mères des enfants malnutris dans ses champs.

"Chaque jour j'achetais un ou deux cercueils pour enterrer les enfants malnutris. Les parents voulaient que je sois comme les organismes qui distribuent à manger (...) je leur ai fait prendre conscience de l'importance de s'engager dans les activités agricoles et la pisciculture", explique Mme Zawadi.

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Tshisekedi appelle Beni à "collaborer" avec l'armée pendant l'état de siège

Le président Félix Tshisekedi après son atterrissage à l'aéroport de Bunia, Ituri, RDC, le 17 juin 2021. (Twitter/Présidence de la RDC)

Le président Félix Tshisekedi a défendu jeudi l'état de siège et encouragé les habitants de Beni à "collaborer" avec les forces de sécurité pour venir à bout d'un groupe armé qui a tué des centaines de civils dans ce territoire de l'Est de la République démocratique du Congo.

Le président est en visite depuis samedi dans la province du Nord-Kivu, qu'il a placée comme l'Ituri voisine en état de siège pour donner à l'armée les moyens de lutter contre les groupes rebelles, en remplaçant les autorités civiles.

"Cette militarisation de la région, c'est un mal pour un bien. Le but recherché par cet état de siège, c'est votre sécurité", a-t-il expliqué.

Il avait indiqué dimanche à Goma que cet état de siège en vigueur depuis le 6 mai n'était pas limité dans le temps.

"Je vous demande de collaborer avec l'armée et la police ici à Beni. Ne doutez pas d'elles, ne vous méfiez pas d'elles", a-t-il ajouté lors d'un échange avec les représentants de la population de Beni.

Frontalier de l'Ouganda, le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, vit sous la menace des Forces démocratiques alliées (ADF). Ce groupe armé d'origine ougandaise est accusé d'avoir massacré près de 1.200 civils rien que depuis novembre 2019.

"Ce n'est pas une guerre classique, l'ennemi est sournois", a commenté le président au sujet des ADF qui vivent repliés dans la jungle et la forêt, lançant des attaques nocturnes contre des villageois et des paysans démunis.

"Nous utiliserons tout ce qu'il faut comme moyens pour éradiquer ce cancer", a-t-il dit. "Nos forces armées vont monter en puissance de plus en plus dans les jours à venir", a-t-il promis, alors que des opérations militaires sont supposées avoir lieu depuis novembre 2019 contre les ADF.

Outre les ADF, quelque 120 groupes armés de taille diverse ont été répertoriés dans l'Est de la RDC, d'après le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).

M. Tshisekedi a répété qu'il souhaitait la démobilisation des miliciens congolais enrôlés dans ces groupes armés, souvent faute d'autre source de revenus: "Nous disposons d'un montant de 50 millions de dollars de la Banque mondiale pour mettre en place cette politique", a indiqué le chef de l’État.

La peine de Vital Kamerhe réduite à 13 ans de prison contre 20 ans initialement

Vital Kamerhe, leader de l'Union pour la nation congolaise (UNC) à Nairobi, au Kenya, le 23 novembre 2018.

En République Démocratique du Congo, la peine de Vital Kamerhe, ancien chef du président Tshisekedi, a été réduite de sept ans de prison, a déclaré son avocat. Il avait été condamné à 20 ans d'emprisonnement ans une affaire de corruption.

"La peine a été réduite à 13 ans", a déclaré l'avocat de Kamerhe, Jean-Marie Kabengela, après une décision d'une cour d'appel de la capitale Kinshasa.

Vital Kamerhe, 62 ans, ancien président de l'Assemblée nationale, a été condamné en juin 2020 à 20 ans de prison pour détournement de près de 50 millions de dollars de fonds publics.

Celui qui est surnommé "Le Faiseur de Roi" ou encore "le pacificateur" avait également été jugé coupable de plusieurs autres infractions pénales dont les sentences, si elles étaient cumulées, auraient pu atteindre 45 ans. Il a aussi été condamné aux travaux forcés et frappé d'une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant 10 ans.

Originaire de la province du Nord-Kivu, Kamerhe, qui a son propre parti politique, était une figure majeure de la politique nationale avant ses démêlés avec la justice.

C'était l'un des premiers candidats à l'élection présidentielle Congo en décembre 2018 en décembre 2018 avant de conclu un accord avec l’actuel présidentiel Felix Tshisekedi, en vertu duquel il s'est retiré de la course et a fait campagne aux côtés de ce dernier.

M. Kamerhe a ensuite été nommé directeur de cabinet après que Tshisekedi est devenu président en janvier 2019; succédant ainsi à Néhémie Mwilanyia Wilondja, directeur de cabinet de Joseph Kabila.

Plus tard, l'économiste et natif de Bukavu né Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi, le 4 mars 1959 et un éminent homme d'affaires libanais, Jammal Samih, ont été accusés d'avoir détourné des fonds destinés à la construction de 1 500 logements sociaux dans le cadre d'un programme annoncé par Tshisekedi après son investiture.

Déception du parti de Kamerhe

La réduction de la peine de Kamerhe ne satisfait pas aux attentes de ses partisans qui espéraient plutôt un acquittement.

"Ce verdict est politique ! On cherchait clairement à abattre Vital Kamerhe. Comment comprendre que le principal accusé, Samih Jammal, prenne 6 ans et lui 13 ? La direction du parti se réunira ce mercredi et des options seront levées parce que trop c’est trop !" a affimé le nouveau secrétaire général de et de son L'Union pour la nation congolaise (UNC), Billy Kambale, cité par la presse congolaise.

"La condamnation de Kamerhe reste à ce jour la plus grande arnaque du quinquennat. Si le but était de propulser quelqu’un à la Cour constitutionnelle, c’est déjà fait. Aujourd’hui, il faut penser non seulement à l’acquitter mais aussi à laver sa réputation ternie", avait tweeté peu, avant le verdict, Seth Kikuni, candidat malheureux à la présidentielle de 2018 et l'un des soutiens de Vital Kamerhe, cité par le Nouvel Afrik.com.

Son voeu, qui est aussi celui de tous les militants et cadres de l’UNC, ne s'est pas matérialisée, à leur grand dam.

La peine de Samih a été réduite de 20 à six ans, a déclaré Kabengela. Un troisième prévenu qui avait été condamné à deux ans a vu sa peine de prison réduite à un an. Ce qui lui a coûté le départ du cabinet de la présidence et la prison.

M. Kamerhe a été arrêté le 8 avril 2020 avant d'être condamné à 20 ans de prison, avec l'entrepreneur libanais Jammal Samih, 79 ans, pour le détournement d'environ 50 millions de dollars.

Malgré sa condamnation, M. Kamerhe clame son innocence et ses avocats dénoncent une "justice expéditive". Ses partisans parlent d'un "procès politique" pour l'empêcher de se présenter à la présidentielle de 2023, comme le rapporte l'Agence AFP.

Il a été condamné aux travaux forcés, un terme qui reste inscrit dans la législation de la RD Congo mais n'est pas appliqué.

Son appel a commencé en août dernier, mais la procédure a été reportée à plusieurs reprises.

Une manifestation pro-Kamerhe à Kinshasa mardi soir a été dispersée par la police, ont indiqué des témoins.

L'affaire Kamerhe est devenue l'emblème de la répression contre la corruption endémique proclamée par le président au Congo-Kinshasa.

Ses partisans et ses proches ont organisé des séances de prière à Kinshasa et dans d'autres villes du pays pour "implorer Dieu" en faveur de sa libération.

Mort d'un magistrat

Le juge Raphaël Yanyi Ovungu, cahrgé de l'affaire Kamerhe, est brutalement mort dans la nuit du 26 au 27 mai, deux jours après avoir présidé la deuxième audience d'un procès qui avait pour principal accusé Vital Kamerhe.

La Justice congolaise avait ouvert une enquête judiciaire pour élucider les circonstances de son décès brutal.

L'enquête avait indiqué que le magistrat était décédé d'une "hémorragie" résultant d'un "traumatisme" crânien et des "coups" reçus "à un endroit très sensible du crâne", a dévoilé le ministre, Célestin Tunda Ya Kasende, en condamnant au nom du gouvernement un "acte ignoble", avaient indiqué les médias.

Volcan Nyiragongo: après l'éruption, l'eau devient rare et la cendre omniprésente

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Des experts de l'ONU alertent sur la prolifération des engins explosifs improvisés en RDC

Des membres du bataillon indien de la Monusco transportent un blessé après des combats à Kiwanja en RDC entre les rebelles M23 et et l'armée congolaise le 28 juillet 2012.

"Le groupe recommande que le Conseil de sécurité charge la Monusco (force de l'ONU en RDCongo) d'améliorer sa capacité de lutte contre les engins explosifs improvisés", indique son rapport. Les Casques bleus doivent développer leurs "capacités de sensibilisation, de recherche, de détection et d'intervention sur les engins explosifs improvisés", précisent les experts dans leurs conclusions.

Les engins explosifs improvisés sont l'une des armes de prédilection des groupes armés, de l'Afghanistan au Sahel. En RDCongo depuis un an, "des groupes armés ont continué d'opérer dans une quasi-impunité dans l'Est", avec des infiltrations venant de pays voisins, indique le rapport.

Au cours de la période considérée, "en particulier dans les zones opérationnelles des ADF (groupe armé d'origine ougandaise des Forces démocratiques alliées), les incidents enregistrés sur l'utilisation d'engins explosifs improvisés se sont multipliés", rapportent les experts.

Selon eux, le recours à cette arme vise davantage à sécuriser le contrôle de zones - tout en s'accompagnant d'un nombre croissant de victimes civiles - qu'à être utilisé comme un outil terroriste.

Le groupe d'experts indique n'avoir "pas été en mesure d'établir (la preuve d') un soutien direct ou d'un commandement et un contrôle du groupe Etat islamique sur les ADF, malgré les tentatives de ces derniers de montrer un alignement" sur cette organisation.

Dans leur rapport, les experts reviennent aussi sur la mort en février dans l'Est du pays de l'ambassadeur italien en République démocratique du Congo, Luca Attanasio, lors d'une attaque contre un convoi du Programme alimentaire mondial. Ils indiquent n'avoir pas pu établir l'identité des auteurs de cette attaque, en rappelant que des enquêtes nationale et internationale sont toujours en cours.

Début mai, Kinshasa a décrété un état de siège dans certaines régions, appelé à durer et qui se traduit par un transfert du pouvoir des gouverneurs à des militaires. Son objectif est d'éradiquer la violence des quelque 120 groupes armés actifs dans l'Est du pays, selon son président, Félix Tshisekedi.

Volcan en RDC: après l'éruption, des experts à l'assaut du cratère

Des volcanologues et des gardes forestiers congolais du parc national des Virunga regardent la vallée du haut du volcan Nyiragongo, au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, le 11 juin 2021.

C'est une ascension qui se finit dans le brouillard, le vent, le froid et la poussière des cendres: des volcanologues ont évalué en fin de semaine dernière l'activité du Nyiragongo, le volcan qui a menacé Goma dans l'Est de la République démocratique du Congo avec une éruption inattendue le 22 mai.

Au départ de l'Observatoire volcanologique de Goma (OVG) tôt vendredi, quatre experts se dirigent vers les flancs du volcan au nord de la ville, sous la protection d'une dizaine de rangers armés du parc national des Virunga.

Leur mission: "utiliser des drones et des systèmes de caméras pour évaluer les glissements de terrain et voir si le cratère est en train de s'effondrer", explique Christopher Horsley, assistant technique à l'OVG.

"On est en train de voir les fractures qui se sont manifestées lors de l'éruption", ajoute Bonheur Rugain, de l'OVG.

L'expert congolais veut aussi étouffer une rumeur sur les réseaux sociaux disant que le volcan s'est éteint.

La montée à 3.470 m d'altitude se fait par la piste habituellement suivie par les touristes, fermée depuis l'éruption (quatre visiteurs se trouvaient au sommet du volcan le 22 mai, selon le parc des Virunga. Ils sont sains et saufs).

Au début de l'ascension qui va durer cinq heures, le temps est clair et chaud. La piste présente des fractures en différents endroits.

Plus le sommet se rapproche, et plus la végétation se fait rare, recouverte par une cendre grisâtre. Des arbres en travers du chemin ont été arrachés par l'éruption ou par l'activité sismique du volcan, qui s'est poursuivie une semaine après la coulée de lave, d'après les experts.

L'arrivée au sommet offre une vue plongeante sur le cratère, en train de s'effondrer sur lui-même, dans un grondement sourd, ponctué d'explosions.

A la nuit tombée, des résidus de lave rougeoyante sont visibles au fond du cratère.

Un lueur rouge apparaît également au loin vers le nord: le deuxième volcan Nyamuragira est en activité. Le Nord-Kivu est l'une des zones d'activités volcanologiques les plus intenses au monde.

L'équipe, qui comprend également sept porteurs et deux cuisiniers, dort dans des petites huttes touristiques au bord du cratère. De la cendre recouvre les matelas. La température tombe à 10-15 degrés, et le vent souffle fort.

Les déplacés du volcan Nyiragongo de retour à Goma
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Il s'agit de la deuxième expédition de ce genre depuis l'éruption du 22 mai et les répliques sismiques, qui ont conduit les autorités à envisager le scénario du pire (coulée de lave dans le lac Kivu et dégagement de méthane et de Co2 mortels pour les 1,6 millions d'habitants de Goma).

"Avant l'éruption, c'était pénible parce qu'on avait pas assez de moyens financiers. On allait d'une manière irrégulière, soit une fois le mois", affirme Célestin Kasereka Mahinda, directeur scientifique de l'OVG.

Samedi matin, la descente des pentes grises, lunaires et désertiques du sommet prend trois heures jusqu'au retour vers la végétation verdoyante.

C'est le retour à Goma, comme des dizaines de milliers de déplacés du Nyiragono, qui commencent à rentrer dans le bruit et le chaos de la cité.

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