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Rwanda

Un ancien préfet rwandais renvoyé aux assises en France

Dans un tribunal de Paris, le 4 février 2014.

Réfugié en France depuis 1997, l'ancien préfet rwandais Laurent Bucyibaruta, accusé d'être impliqué dans le génocide au Rwanda en 1994, est renvoyé devant les assises de Paris.

Le juge d'instruction en charge de cette enquête a ordonné le 24 décembre, conformément aux réquisitions du parquet, le renvoi devant les assises de cet ancien préfet de la province de Gikongoro (sud). Il est soupçonné de s'être rendu complice d'actes de génocide et de crimes contre l'humanité entre avril et juillet 1994, période pendant laquelle les tueries ont fait environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Le juge a par ailleurs rendu à son égard un non-lieu partiel concernant notamment l'assassinat d'un gendarme rwandais et de trois prêtres, ainsi que des viols.

"Nous allons faire appel dans les jours qui viennent parce qu'il y a dans ce dossier un certain nombre d'éléments à décharge", a annoncé à l'AFP Ghislain Mabonga Monga, avocat de M. Bucyibaruta.

"C'était une décision que nous attendions depuis très longtemps", a réagi de son côté Alain Gauthier, le président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une association qui traque les génocidaires présumés. "Nous ne pouvons que nous en réjouir, d'autant plus qu'elle vient s'ajouter à d'autres avancées" dans le dossier du génocide rwandais, a-t-il poursuivi.

Dans son ordonnance, le juge Alexandre Baillon estime que l'ancien préfet, réfugié depuis 1997 en France où il est placé sous contrôle judiciaire, s'est "rendu complice d'une pratique massive et systématique d'exécutions sommaires" à l'encontre de personnes regroupées sur certains sites ainsi que de "personnes interpellées aux rondes et aux barrières, inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisée en exécution d'un plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile, en l'espèce la population tutsi".

M. Bucyibaruta était également réclamé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), accusé d'avoir ordonné aux Interahamwe (extrémistes hutu) qui étaient sous ses ordres de commettre plusieurs massacres contre les Tutsi.

Le TPIR, qui s'était dessaisi au profit des juridictions françaises, s'était dit en 2013 préoccupé par la lenteur de la justice française dans le traitement de cette affaire.

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Cinq rhinocéros d'un zoo tchèque réinstallés au Rwanda

L'un des cinq rhinocéros d'un zoo tchèque réinstallés au Rwanda, le 25 juin 2019.

Cinq rhinocéros noirs, une sous-espèce en danger critique, ont été réinstallés avec succès lundi dans le parc national de l'Akagera, au Rwanda, après un long voyage en provenance d'un zoo de la République tchèque, ont annoncé des responsables du parc.

C'est la deuxième fois que des rhinocéros sont transférés au Rwanda. En 2017, l'Afrique du Sud avait offert à Kigali 17 rhinocéros noirs, un don qui avait permis de réintroduire ces animaux qui avaient disparus depuis plus d'une décennie au Rwanda à cause d'un braconnage intensif.

Cette population initiale de rhinocéros noirs a atteint 20 individus dans ce parc, situé dans l'est du pays et considéré comme un excellent habitat pour ces animaux.

"Cette réussite unique marque l'aboutissement d'un effort international sans précédent pour améliorer les perspectives de survie d'une sous-espèce de rhinocéros en danger critique dans la nature", a déclaré Jes Gruner, qui dirige le Parc national de l'Akagera.

"Leur arrivée marque aussi une étape importante dans la redynamisation en cours de l'Akagera et souligne l'engagement du pays dans la préservation" de la nature, a-t-il ajouté.

Les rhinocéros avaient commencé leur voyage dimanche, après des mois de préparation au Safari Park Dvůr Králové, en République tchèque.

Les deux mâles et les trois femelles, nécessaires à l'élargissement du patrimoine génétique dans le parc, vivront dans des espaces fermés, afin de favoriser leur adaptation et leur taux de survie.

Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il reste environ 5.000 rhinocéros noirs à l'état sauvage, ce qui les place parmi les animaux les plus menacés du monde.

Le Rwanda a aussi réintroduit des lions d'Afrique du Sud en 2015 alors qu'ils avaient disparu dans le pays depuis une quinzaine d'années.

"Grâce à une décennie seulement d'un management marqué par une meilleure application des lois et des initiatives fortes des communautés et en matière économique, le braconnage a été pratiquement éliminé, des espèces clés, dont les lions et les rhinos, sont revenues, l'accent a été mis sur un soutien important à la préservation et le tourisme est dynamique, conduisant l'Akagera à être autofinancé à 80%", a souligné dans un communiqué l'organisation African Parks qui a assisté à l'installation des rhinocéros.

Le Rwanda, qui a connu un essor spectaculaire depuis le génocide ayant fait 800.000 morts en 1994, ambitionne de devenir l'une des cinq premières destinations de safari et d'attirer davantage de touristes, notamment pour admirer les gorilles des montagnes.

Il a accueilli 1,3 million de visiteurs en 2017 et le tourisme est le secteur rapportant le plus de devises au pays, selon des chiffres officiels.

A Bruxelles, des opposants rwandais accusent le régime Kagame de "tortures"

Paul Kagame à Addis Abeba en Ethiopie le 17 janvier 2019.

Des dirigeants de l'opposition rwandaise en exil ont accusé mardi à Bruxelles le régime du président Paul Kagame d'avoir "torturé" le chef rebelle Callixte Nsabimana, qui a plaidé coupable de "terrorisme" le mois dernier après son arrestation.

Callixte Nsabimana, qui se fait appeler "Sankara", est accusé par le gouvernement rwandais de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes, (...), prise d'otages, meurtre et pillage".

Il est le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région du parc national Nyungwe (sud-ouest), prisée des touristes.

Arrêté selon ses proches aux Comores, où il s'était réfugié, puis transféré à Kigali, "Sankara" a plaidé coupable, le 23 mai devant un tribunal, de toutes les accusations portées à son encontre.

Il a aussi admis avoir collaboré avec les services de renseignement du Burundi et l'armée ougandaise.

Mais pour les opposants Paul Rusesabagina et Faustin Twagiramungu, ces déclarations résultent des "tortures" subies.

"Si vous étiez à sa place, on vous torture pendant un mois et plus, qu'est ce que vous diriez ? (...) Tout ce qu'ils vous demandent!", a affirmé à Bruxelles M. Rusesabagina, président et fondateur du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont Callixte Nsabimana est un vice-président.

"Si M. Sankara est en prison aujourd'hui c'est que tous les opposants, qu'ils soient à l'intérieur ou à l'extérieur, sont malmenés, torturés et une bonne partie d'entre eux ont été assassinés", a-t-il accusé, qualifiant le chef rebelle de "martyr".

M. Rusesabagina, qui fut lors du génocide de 1994 le directeur de l'hôtel des Milles collines (dépeint dans le film Hôtel Rwanda), s'exprimait lors d'une conférence de presse aux côtés de Faustin Twagiramungu, ex-Premier ministre, actuel président du parti RDI (Rwandan Dream Initiative).

Les deux hommes ont officialisé l'union de leurs formations, le RDI devenant le 4e parti de la plateforme MRCD fondée en 2018, une des composantes d'une opposition morcelée.

Ils ont appelé trois autres partis à les rejoindre pour "lutter comme un seul homme" contre le régime de Paul Kagame, qualifié de "dictature cruelle".

Souhaitant "une unité du peuple rwandais" la plus large possible, ils ont assuré ne pas exclure des discussions à terme avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

"Les FDLR sont des enfants du Rwanda", ont soutenu les deux opposants.

Au pouvoir depuis 1994, Paul Kagame a été élu président au suffrage universel en 2003, puis réélu en 2010 et 2017. Aux législatives de 2018, un seul parti d'opposition avait été toléré, le Parti démocratique vert (qui occupe deux des 80 sièges de la chambre basse du Parlement).

La page des sports du 17 juin 2019 avec Yacouba Ouédraogo

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Tension entre Kigali et Kampala

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Un chef rebelle rwandais plaide coupable de terrorisme

Callixte Nsabimana (C), porte-parole du groupe rebelle du Front de libération nationale (FLN), est escorté par des policiers au tribunal de première instance de Gasabo à Kigali le 23 mai 2019.

Un chef rebelle soupçonné d'avoir lancé des attaques meurtrières dans le sud-ouest du Rwanda a plaidé coupable jeudi de toutes les accusations portées à son encontre, dont celle de terrorisme, et admis travailler pour des gouvernements étrangers contre Kigali.

Callixte Nsabimana, qui se fait appeler "Sankara", le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), était accusé de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes (...), prise d'otages, meurtre et pillage".

Le FLN est un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région de Nyungwe, frontalière avec le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC).

M. Nsabimana a plaidé coupable des 16 chefs d'accusation, dont ceux de meurtre et terrorisme, et s'est excusé sans réserve pour ses crimes.

"Je m'excuse pour tout ce que j'ai fait", a-t-il déclaré devant le tribunal. "Je veux déclarer que mon travail avec le FLN est fini et que tout ce qu'ils font à partir de maintenant est leur problème et non le mien."

"Je voudrais présenter mes excuses au président (rwandais Paul Kagame), à ceux que nous avons blessés et aux familles de ceux qui sont morts. Je m'excuse auprès de tous les Rwandais", a-t-il ajouté.

Son avocat a requis sa mise en liberté sous caution. Cette demande, à laquelle le parquet s'est opposé, estimant que M. Nsabimana risquait de s'enfuir du pays, sera examinée le 28 mai.

Ce dernier a également admis avoir collaboré avec les services de renseignement du Burundi et avec l'armée ougandaise. "Nous leur avons demandé leur soutien militaire et diplomatique contre le Rwanda et ils étaient prêts à nous aider", a-t-il soutenu.

Ces aveux devraient encore détériorer les relations entre les trois pays. M. Kagame a plusieurs fois accusé l'Ouganda et le Burundi de s'immiscer dans les affaires intérieures du Rwanda.

Le FLN est la branche armée du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), fondé en 2018 par Paul Rusesabagina, le directeur de l'hôtel des Mille Collines lors du génocide de 1994, dépeint dans le film Hôtel Rwanda.

Le FLN est affiliée aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

En décembre, M. Nsabimana avait revendiqué l'incendie de bus dans la région de Nyungwe, prisée des touristes pour ses gorilles des montagnes, une espèce menacée, qui avait fait deux morts et de nombreux blessés.

Les attaques à Nyungwe avaient conduit de nombreux pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne, le Canada et l'Australie, à déconseiller à leurs ressortissants de voyager dans cette région.

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