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République du Congo

Un ancien partisan de Sassou appelle à l'unité de l'opposition pour la présidentielle de 2021

Jean-Jacques Serge Yhombi Opango appelle à une candidature unique de l'opposition, Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Le vice-président du Rassemblement pour la Démocratie et le développement (RDD), Jean Jacques Serges Yhombi Opango, un ancien partisan du président Denis Sassou N'Guesso, appelle l'opposition à se mettre ensemble pour choisir choisir un candidat unique aux élections de 2021.

L'idée fait mouche au sein même de l'opposition qui ne s'est pas encore remise de ses divisions de la dernière présidentielle.

Jean Jacques Serges Yhombi Opango appelle à l'unité de l'opposition face à Sassou N'Guesso
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Pour Yhombi Opango, il faut que les opposants parlent d'une seule voix et choisissent un candidat unique pour cette future élection présidentielle. Une équation difficile, mais à laquelle le vice-président du RDD croit fermement.

"Dans la situation actuelle, aller aux élections, justement si nous ne sommes pas un, si nous ne désignons pas un candidat, cela va être de l'aventure pure, d'aller s'affronter avec ce pouvoir qui a tout en mains", a-t-il affirmé dans un échange avec la presse.

Ce fils d'ancien chef d'Etat et dont le parti, le RDD, était il y a encore quelques mois, de la majorité présidentielle, a dénoncé la volonté de ses anciens alliés de demeurer au pouvoir.

"Ils ne changeront rien, et ils n'ont pas envie de changer les choses, car ils peuvent rester au pouvoir. Si nous loupons le coche cette fois-ci, ce système inique va rester au pouvoir pendant 100 ans. Ce qui veut dire, il faut qu'on le stoppe", a-t-il prévenu.

Dans le camp de l'opposition constitutionnelle, cet appel à l'unité a suscité des réactions, dont celle d'Armand Mpourou, président de la Dynamique pour le Développement du Congo, qui estime que c'est encore très tôt.

"Cela peut être possible, mais tel que nous analysons la vie politique congolaise, il y a encore de la jalousie et de la haine, c'est un peu difficile qu'un homme supporte l'élévation de l'autre", a-t-il dit, reconnaissant que c'est "encore un peu hésitant".

Historiquement, les opposants congolais se sont déjà mis ensemble entre 2015 et 2016 à travers un front contre le référendum constitutionnel et la réélection de Denis Sassou N'Guesso. Mais là, l'échec a été retentissant.

Paul Marie Mpouele, ancien coordonnateur de FROCAD, à Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Paul Marie Mpouele, ancien coordonnateur de FROCAD, à Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)


Paul Marie Mpouele était alors coordonnateur de ce front, le FROCAD.

"Il y avait trop d'ego, pas de projet commun, il y avait trop de suspicion. Chacun voulait en réalité se la jouer solo pour être le partenaire privilégié du pouvoir, je crois que c'est cela qui n'a pas marché", a-t-il reconnu.

Analysant les possibilités de l'opposition congolaise de se mettre ensemble d'ici 2021, l'universitaire Vivien Manangou reste pessimiste.

L'universitaire Vivien Manangou affirme que l'appel de Yhombi, à Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)
L'universitaire Vivien Manangou affirme que l'appel de Yhombi, à Brazzaville, le 11 décembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)


"S'oppose-t-il au président ou s'oppose-t-il au fait que le RDD ne soit pas en position de gouvernance ? Nous savons bien que l'opposition n'arrive pas à se réunir, parce qu'elle n'a pas de fil conducteur idéologique. Or, aujourd'hui, il n'y a pas d'idéologie. Donc, elle ne se réunira pas tant que ce sera uniquement des appétits personnels. L'appel de M. Yhombi est donc un coup d'épée dans l'eau", a-t-il indiqué d'un ton assuré.

A l'instar de Jean Jacques Yhombi Opango qui réclame une réelle gouvernance électorale avant le prochain scrutin présidentiel, Pascal Tsaty Mabiala, le chef de file de l'opposition avait même demandé que le président Sassou N'Guesso reste au pouvoir au-delà de 2021, le terme de son premier mandat. Les propos avaient fait mouche au niveau de l'opposition.

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Sassou au défi de la sortie du tout-pétrole par l'agriculture

Le président congolais réélu Denis Sassou Nguesso accueille son entourage et son équipe de campagne au siège du Parti travailliste congolais, parti présidentiel à Brazzaville, le 23 mars 2021.

Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, qui va être réinvesti vendredi pour un nouveau mandat de cinq ans, a promis de diversifier l'économie de son pays pour sortir du tout-pétrole par l'agriculture, avec pour autre défi l'industrie et la relance du chemin de fer.

La capitale pétrolière Pointe-Noire pourrait baigner dans l'optimisme en ce début 2021. Après la terrible année 2020, la production bat des records à 350.000 barils/jour, avec une remontée des cours mondiaux à près de 65 dollars l'unité.

Les hydrocarbures représentent la première richesse du Congo-Brazzaville (environ cinq millions d'habitants), avec 1,65 milliard d'euros de revenus en 2018, selon le dernier rapport sur la transparence des industries extractives (Itie).

Mais le Congo est lié par des accords de "partage de production" aux multinationales pétrolières, le géant français Total et l'italien Eni.

En novembre, Total a obtenu le renouvellement pour 20 ans de sa concession sur le terminal pétrolier de Djeno au large de Pointe-Noire.

"La République du Congo aura sa part ainsi que les autres principaux opérateurs tels que Eni et Perenco", a vaguement promis devant la presse à l'époque le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

Une autre partie de la rente pétrolière congolaise est versée sur "un compte séquestre en Chine" pour rembourser les infrastructures construites par les entreprises de Pékin au Congo (448,39 millions d'euros en 2018), selon le rapport de l'Itie.

Une dernière partie est enfin affectée "au remboursement des accords de préfinancements avec les traders" Glencore et Trafigura (340,34 millions d'euros en 2018).

Réélu, Denis Sassou Nguesso souligne la responsabilité collective pour construire l'avenir
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"Lorsque nous remboursons la Chine et les traders, il nous reste 10% (des revenus pétroliers) qui viennent au Trésor public pour pouvoir faire vivre l’État du Congo", résume Brice Mackosso, militant de longue date pour la transparence des comptes pétroliers.

Le pétrole fait pourtant toujours rêver Mariela, 19 ans. L'appel du président au développement de l'agriculture rebute la lycéenne, qui veut étudier la pétrochimie.

"Ce sont pour les gens qui n'ont pas de diplôme", pense la jeune fille rencontrée sur la plage de Pointe-Noire.

Vocations dans l'agriculture

A Nkayi, sur la RN1 entre Pointe-Noire et Brazzaville, la diversification économique est une réalité pour la Société agricole de raffinage industriel du sucre (Saris), qui exploite depuis 50 ans les plaines argileuses de la région de la Bouenza.

Entourée de centaines d'hectares de plantations de cannes à sucre, l'usine produit "60 à 70.000 tonnes de sucre pour un marché de 55.000 tonnes. Le reste est exporté vers les pays voisins", souligne son directeur général de la Saris, Guillaume Ranson.

Un des rares exemples d'auto-suffisance au Congo-Brazzaville, qui importe tout ce qu'il consomme par ailleurs.

Entreprise-sœur, la SGMP cultive du maïs, en partenariat depuis quelques mois avec des petits producteurs de la région, pour arriver également à l'auto-suffisance.

"Les gens commencent à comprendre que l'agriculture est plus importante que les autres activités. Le président a raison sur ce point là", lance Joseph, un de ces petits producteurs.

"Vous voyez comme la terre est riche. Moi, je vis bien. Les enfants sont à l'école. J'ai même un garage grâce à l'agriculture", ajoute-t-il.

Joseph bénéficie du soutien d'une ingénieure agronome de la SGMP, Julia Gardies, sur les différents types de semences et d'engrais à utiliser.

"On a de plus en plus de demandes" de gens qui veulent se lancer dans l'agriculture ou l'agro-industrie, assure la jeune expatriée française. "La main d’œuvre est de plus en plus disponible. Il y a aussi des freins liés à la trésorerie et aux approvisionnements en intrants".

En poursuivant la route vers Brazzaville, quelques cimenteries témoignent des efforts de diversification industrielle, comme celle du milliardaire Dangote.

Fruit de capitaux indiens et togolais, la cimenterie Diamond Cement a en revanche fait faillite en décembre 2019 à Mindouli, dans la région du Pool déjà durement éprouvée par la guerre civile de 2016-2017.

"Nous étions au nombre de 375 salariés", constate un ancien chef d'équipe. Autant de chômeurs en plus dans la région, dont certains ont tenté d'ouvrir un petit commerce avec leur indemnité de départ.

Mindouli est également une des gares sur le chemin de fer Congo-Océan qui va de Pointe-Noire à Brazzaville.

Depuis la guerre dans le Pool, seuls circulent les trains de marchandises, pris d'assaut par des dizaines de passagers clandestins.

"Je suis ici depuis des heures. Il n'y a pas d'horaires fixes", soupire un homme de 51 ans venu pour des examens médicaux, Jeff Alden, au milieu des sacs de manioc, de bananes et de safou d'un marché improvisé sur les quais.

"Nous voulons le changement. Quand il est arrivé au pouvoir, j'avais dix ans", ajoute-t-il au sujet du président Sassou Nguesso, 77 ans dont 37 à la tête de régimes autoritaires depuis 1979. Et qui peut potentiellement rester aux affaires jusqu'en 2031.

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