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Turquie, Colombie et Soudan en lice pour le prix Martin-Ennals

Abdul Aziz Muhamat, demandeur d'asile soudanais, parle du camp d'immigration sur l'île Manus et de la récente installation du gouvernement australien à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le 14 juin 2017.

Une avocate turque condamnée pour avoir défendu la liberté de la presse, un Afro-Colombien militant pour les droits de sa communauté, et un migrant soudanais retenu en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont été nominés pour l'une des plus prestigieuses récompenses dans le domaine des droits de l'Homme, le Prix Martin Ennals.

Le lauréat de ce prix, qui porte le nom du premier secrétaire général d'Amnesty International, décédé en 1991, sera annoncé le 13 février prochain à Genève.

La Turque Eren Keskin, 59 ans, est une avocate qui milite depuis plus de 30 ans pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales, en particulier pour les Kurdes, les femmes et la communauté LGBTI.

Afin de soutenir la liberté de la presse en Turquie, Mme Keskin avait occupé le poste de "rédacteur en chef" du journal d'opposition Özgür Gündem de 2013 à 2016, après sa fermeture par les autorités.

Le 30 mars 2018, elle a été condamnée à 12 ans et demi de prison pour avoir publié des articles "dégradant" la nation turque et "insultant" le président Recep Tayyip Erdogan.

Elle a été laissée en liberté en attendant son procès en appel.

"Je suis poursuivie (...) en raison de ma solidarité avec un journal d'opposition dans le contexte de la liberté d'expression. Merci de ne pas nous oublier", a-t-elle écrit dans une déclaration après sa nomination.

Marino Cordoba Berrio, 54 ans, est membre de la communauté ethnique afro-colombienne. Il lutte depuis des décennies contre l'expropriation des Afro-Colombiens de leurs terres par de puissants groupes forestiers et miniers.

Contraint de s'exiler aux Etats-Unis en 2002 à la suite de menaces et d'agressions, il est revenu dix ans plus tard dans son pays afin de permettre aux groupes ethniques de jouer un rôle dans l'accord de paix signé entre le gouvernement et la guérilla colombienne.

"Nous avons dans l'histoire été exclus politiquement, socialement et économiquement (...) La justice qui s'applique à mon peuple est cruciale pour sa survie", a-t-il dit dans une déclaration écrite.

Le troisième candidat retenu par le jury est un Soudanais de 26 ans, bloqué depuis 5 ans dans un camp pour migrants installé par l'Australie sur une île de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

En octobre 2013, la marine australienne a intercepté le bateau sur lequel se trouvait Abdul Aziz Muhamat et débarqué les passagers sur l'île de Manus.

Depuis, le jeune homme n'a de cesse de dénoncer les souffrances endurées par les migrants à travers des interviews via internet et des podcasts.

"Mon travail qui consiste à dénoncer ce système cruel, m'aide à préserver (...) ma dignité humaine", a-t-il écrit dans une déclaration.

"Cela m'aide à lutter pour les droits de chaque réfugié dans le monde, que je continuerai à faire jusqu'à mon dernier souffle."

Avec AFP

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Le tueur présumé de Christchurch inculpé d'acte terroriste

Brenton Tarrant, auteur présumé des attaques de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 16 mars 2019.

La police néo-zélandaise a annoncé mardi avoir inculpé d’acte terroriste l’auteur présumé des attaques contre deux mosquées de Christchurch en mars dernier, la plus grande tuerie de masse de l’histoire de la Nouvelle-Zélande qui avait fait 50 morts.

Brenton Harrison Tarrant, un ressortissant australien âgé de 28 ans qui a été identifié comme un suprémaciste blanc, est accusé d’avoir abattu 50 personnes et blessé plusieurs dizaines d’autres le 15 mars, à l’heure des prières, dans deux mosquées de Christchurch.

La Haute Cour de justice de Christchurch avait déjà retenu depuis l’attaque 50 chefs d’accusation de meurtre et 39 autres pour tentative de meurtres contre le tireur présumé.

La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, avait qualifié l’attaque d’”acte terroriste”.

Avec Reuters

Le responsable de l'ONU pour les réfugiés en Birmanie, une première depuis 2017

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, à gauche, parle à un réfugié lors d'une visite dans un camp de réfugiés non officiel dans la vallée de la Bekaa au Liban le 8 mars 2018.

Le Haut-commissaire aux réfugiés des Nations unies Filippo Grandi effectue une visite de cinq jours en Birmanie, la première pour ce responsable depuis l'exode en août 2017 des Rohingya vers le Bangladesh, a annoncé lundi l'ONU.

Filippo Grandi prévoit de passer les deux premiers jours de cette visite dans l'Etat Rakhine (ouest) où il doit s'entretenir avec les communautés locales et les responsables de l'Etat et de districts, a précisé Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU, lors de son point-presse quotidien.

Plus tard dans la semaine, il a prévu de rencontrer dans la capitale du pays des responsables du gouvernement, a-t-il ajouté, en soulignant qu'une telle visite n'aurait pas pu être possible sans un accord du gouvernement birman.

M. Grandi s'est rendu fin avril à Cox's Bazar (Bangladesh) à la rencontre des réfugiés rohingyas.

Quelque 740.000 Rohingya ont fui la répression militaire en août 2017 vers le Bangladesh voisin, où se trouvaient déjà 300.000 membres de cette communauté musulmane persécutée.

Des enquêteurs de l'ONU ont récemment proposé à Genève que les chefs de l'armée birmane soient financièrement "isolés" et traduits en justice pour des accusations de crimes de guerre et génocide à l'égard de cette minorité.

L'ONU enquête sur 12 charniers en Irak

Des Yézidis iraquiens allument des bougies et des lampes à pétrole lors d'une cérémonie célébrant le nouvel an yézidi au temple Lalish de Shikhan dans la province de Dohuk (Irak), le 17 avril 2018.

Les enquêteurs de l'ONU, travaillant sur des exactions imputées au groupe Etat islamique, notamment contre les Yazidis, ont exhumé douze charniers en Irak et réunissent des témoignages pouvant être utilisés devant la justice, selon un rapport obtenu lundi par l'AFP.

Le Conseil de sécurité a créé en 2017 une équipe d'enquêteurs pour s'assurer que le groupe jihadiste réponde d'éventuels crimes de guerre en Irak et en Syrie, un dossier également porté par le Prix Nobel de la Paix yazidie Nadia Murad et l'avocate libano-britannique Amal Clooney.

Selon l'ONU, le massacre des Yazidis, une minorité kurdophone persécutée de longue date, pourrait constituer un génocide.

Dans le rapport, le chef de la commission d'enquête de l'ONU, Karim Asad Ahmad Khan, indique que les investigations de ses 48 enquêteurs sont focalisées sur un massacre de Yazidis en 2014, des crimes à Mossoul entre 2014 et 2016 et la mort de recrues militaires irakiennes dans la région de Tikrit en juin 2014.

Après avoir débuté ses travaux en octobre, un premier charnier avait été exhumé par la commission à la mi-mars à Kojo, localité yazidie du nord de l'Irak.

"Les avancées sont plus lentes que prévues", note Karim Asad Ahmad Khan dans le rapport remis récemment au Conseil de sécurité, en soulignant la nécessité d'établir des procédures "claires et efficaces" pour utiliser les preuves lors de poursuites judiciaires.

Un programme de protection des témoins a été mis en place, précise le chef de la commission d'enquête. "A Mossoul, Tikrit, Dohuk et ailleurs en Irak, des victimes ont fait des récits poignants de leurs souffrances, de communautés entières effacées et de femmes et de filles emmenées en esclavage", indique le document.

L'EI, vaincu en Irak fin 2017, a laissé derrière lui plus de 200 charniers qui pourraient renfermer jusqu'à 12.000 corps, selon l'ONU.

Cargo nord-coréen saisi : une question pour Etats membres, dit l'ONU

Le président sud-coréen Moon Jae-in, à droite, s’embrasse avec le leader nord-coréen Kim Jong Un lors de leur deuxième sommet au nord du village de Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ), 26 mai 2018.

Le secrétariat général de l'ONU ne peut guère intervenir pour que la Corée du Nord récupère un cargo saisi récemment par les Etats-Unis, a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric, après une requête émise par Pyongyang.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a reçu une lettre envoyée vendredi par l'ambassadeur nord-coréen auprès des Nations unies, Kim Song, lui demandant d'intervenir dans ce dossier, a indiqué le porte-parole.

Elle concerne "les sanctions contre la Corée du Nord et les mesures prises pour leur application", a relevé Stéphane Dujarric lors de son point-presse quotidien. "Il revient aux Etats membres de traiter les questions relatives au possible contournement des sanctions" décidées par le Conseil de sécurité, a-t-il affirmé.

Selon l'ONU, l'ambassadeur nord-coréen Kim Song prévoit mardi une rare conférence de presse au siège des Nations unies pour défendre le point de vue de Pyongyang.

Les autorités américaines ont annoncé en mai avoir saisi le cargo nord-coréen "Wise Honest" (17.000 tonnes), accusé d'avoir violé les sanctions internationales en exportant du charbon et en important des machines. Il se trouvait bloqué depuis un an en Indonésie, son capitaine étant poursuivi par les autorités indonésiennes. Une procédure de saisie avait été lancée par Washington en juillet 2018.

Dans sa lettre, Kim Song demande à Antonio Guterres de prendre des "mesures urgentes" pour aider son pays à récupérer son cargo et ainsi "de contribuer à la stabilité de la péninsule coréenne et de prouver l'impartialité de l'ONU". Selon Pyongyang, la saisie américaine est "un acte illégal et scandaleux", a rapporté l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a affirmé récemment que cette saisie était contraire à l'esprit d'une déclaration commune signée par le président américain et le numéro un nord-coréen lors de leur premier sommet en juin 2018 à Singapour.

La Corée du Nord est sous le coup de multiples sanctions économiques décidées notamment à trois reprises en 2017 à l'initiative des Etats-Unis pour la contraindre à renoncer à ses programmes balistiques et nucléaires.

Syrie: au moins 10 civils tués dans des frappes russes sur Idleb

Un soldat russe en Syrie, à Alep, le 16 août 2018.

Au moins dix civils, dont cinq enfants, ont été tués dans des raids aériens russes sur la province d'Idleb, dernier bastion djihadiste dans le nord-ouest de la Syrie, où l'ONU craint une "catastrophe humanitaire", a affirmé lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée russe a déclaré que les raids aériens effectués dans la nuit sur la ville de Kafranbel, dans la province d'Idleb, avaient eu lieu en représailles à des tirs de roquettes contre la base aérienne russe de Hmeimim, située non loin du bastion djihadiste.

Selon cette ONG, qui dispose d'un large réseau de sources en Syrie en guerre, cinq enfants, quatre femmes et un homme ont péri dans ces frappes à Kafranbel.

Les bombardements ont eu lieu près d'un hôpital de cette localité, le mettant hors service, d'après l'OSDH.

Un correspondant de l'AFP sur place a constaté qu'au moins cinq maisons près de Kafranbel avaient été totalement ou partiellement endommagées.

Les habitants cherchaient leurs affaires parmi les décombres tandis qu'un jeune homme, couvert de poussière et appuyé contre un mur, était sous le choc après la mort de son père, selon la même source.

Oum Wassel fait-elle partie des survivants. Elle a échappé de justesse à l'attaque aérienne ayant visé sa maison après avoir été invitée à rejoindre ses proches pour rompre le jeûne quotidien du mois de ramadan.

"Je suis rentrée la nuit pour trouver ma maison dévastée", raconte-t-elle.

Les gens "pensaient que j'étais sous les décombres", ajoute cette femme de 72 ans.

- Tués à l'école -

Dimanche, l'armée russe a annoncé que les forces syriennes du président Bachar al-Assad avaient cessé le feu "de manière unilatérale à partir de 00H00 le 18 mai" sur ce bastion djihadiste et rebelle. Mais une ONG a affirmé que les bombardements s'étaient poursuivis en dépit de cette annonce.

Lundi matin, des avions russes ont pilonné le sud de la province d'Idleb, tandis que l'aviation syrienne ciblait le nord de la province de Hama, théâtre d'affrontements intenses, a précisé l'Observatoire.

Depuis fin avril, les forces syriennes et leurs alliés russes ont intensifié les attaques sur la province d'Idleb, zone pourtant dite "de désescalade" depuis septembre, faisant planer la crainte d'une offensive de grande ampleur pour reprendre le contrôle de cette dernière enclave tenue par des groupes djihadistes, dont Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

Selon l'ONG Save the Children, 38 enfants ont été tués depuis début avril, dont neuf dans des écoles, sept sur un marché et un à l'hôpital.

"Les écoles, les hôpitaux et les autres infrastructures civiles essentielles doivent être protégés", a plaidé Sonia Khush, directrice de l'ONG en Syrie.

"Les enfants sont particulièrement vulnérables aux impacts des armes explosives, et les parties belligérantes doivent déployer des efforts particuliers pour les protéger", a-t-elle ajouté.

Vendredi, l'ONU a sonné l'alarme sur le risque d'une "catastrophe humanitaire" à Idleb si les violences continuaient, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

"Nous appelons toutes les parties à cesser les hostilités", a déclaré l'Américaine Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques. "On risque la catastrophe humanitaire", a-t-elle averti lors de cette session demandée par la Belgique, l'Allemagne et le Koweït, la deuxième en une semaine.

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts, et a poussé à la fuite des millions de personnes.

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