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Tunisie

Plus de 5000 manifestants dans les rues de Tunis

Des Tunisiens brandissent le drapeau national lors d'une manifestation contre le président Saied le long de l'avenue Habib Bourguiba dans la capitale Tunis, le 10 octobre 2021.

"Le peuple contre le coup d'Etat": plus de 5.000 personnes ont manifesté dimanche dans le centre de Tunis pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un coup de force du président Kais Saied qui s'est arrogé les pleins pouvoirs fin juillet.

Malgré un filtrage et beaucoup de contrôles, plus de 5.000 personnes, selon les observateurs, ont afflué vers l'avenue Bourguiba, pour manifester à l'appel de différentes formations opposées au président dont le parti d'inspiration islamiste Ennahdha.

Selon une source policière, elles étaient au moins 3.000 au début du rassemblement et la foule a continué de grossir.

"Je suis venu en tant que démocrate et partisan de Moncef Marzouki", l'ex-président tunisien (2011-2014) qui réside à Paris, a confié à l'AFP un quinquagénaire, en achetant un petit drapeau à un vendeur avant de rejoindre la manifestation.

"Najla Bouden a l'avantage de ne pas être issue du système"
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Toute une portion de l'avenue Bourguiba était néanmoins interdite aux manifestants. Des check-points ont été mis en place aux extrémités avec contrôle des sacs et filtrage des manifestants. Certains se sont plaints à l'AFP de manoeuvres d'intimidation des policiers pour les empêcher d'avancer.

Une voix dans la foule a protesté à l'adresse des contrôles policiers: "le rassemblement est bloqué", "honte sur vous".

Le gros des protestataires se sont massés devant le théâtre municipal et dans la partie de l'avenue Bourguiba couverte d'arcades qui mène à la médina (vieille ville).

"Le peuple contre le coup d'Etat", "Elève la voix, la Révolution ne meurt pas", ont crié les manifestants, dont beaucoup d'hommes et femmes, qui se sont identifiés comme sympathisants d'Ennahdha, la bête noire du président Saied.

Après des mois de blocage politique et en pleine grave crise socio-économique et sanitaire, M. Saied a invoqué le 25 juillet un "péril imminent" pour limoger le Premier ministre, suspendre les activités du Parlement et reprendre en main le pouvoir judiciaire.

Après deux mois d'incertitudes, le 22 septembre, il a promulgué un décret qui officialise la suspension de plusieurs chapitres de la Constitution et instaure des "mesures exceptionnelles", censées être provisoires, le temps de mener des "réformes politiques", dont des amendements à la Constitution de 2014.

En attendant, le président a maintenu le gel du Parlement -et les salaires des députés-, légifère lui-même par décrets et préside le conseil des ministres.

Le 29 septembre, il a nommé la scientifique Najla Bouden comme Premier ministre et la formation d'un nouveau gouvernement est attendue d'un jour à l'autre.

Après le coup de force du président, des organisations tunisiennes et internationales ont critiqué un "accaparement du pouvoir" et dit craindre pour les droits et libertés publiques.

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Vers un nouveau départ pour l'industrie tunisienne du tourisme

Vers un nouveau départ pour l'industrie tunisienne du tourisme
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Au Maghreb, le tourisme frappé par le Covid regarde vers 2022

Un touriste nage dans la piscine d'un hôtel de la station balnéaire tunisienne d'Hammamet, à environ 66 kilomètres au sud de la capitale Tunis, le 7 octobre 2021.

Soleil, mer et sable chaud, tout est réuni ce matin d'octobre à Hammamet pour le plaisir des touristes. Mais à l'heure des bilans, en Tunisie comme au Maroc, l'humeur est morose: la saison 2021 n'a fait que redonner un peu d'oxygène à un secteur ravagé par le Covid-19.

Haykel Akrout est directeur du luxueux Bel Azur depuis plus de 20 ans. Il fait visiter fièrement cet hôtel avec piscines et thalasso, en surplomb de la plage à Hammamet, la célèbre ville balnéaire tunisienne.

"2021 est mieux que 2020 (...) Mais ça reste deux fois moins bien que 2019, à cause des contraintes" liées au Covid-19, dit-il à l'AFP.

Après une flambée épidémique en juillet, son hôtel de 1.000 lits a dû réduire de moitié sa capacité et la Tunisie s'est retrouvée en zone rouge pour toute l'Europe, d'où proviennent ses touristes habituels, surtout Français, Allemands et Italiens.

Comme tous les Russes rencontrés au Bel Azur, Elena Bakurova a choisi le pays du jasmin pour le "très bon prix payé" pour ce "superbe endroit". Venue de Vladivostok, dans l'extrême-orient russe pour fêter ses 44 ans, elle "voulait aussi découvrir l'Afrique".

Yanis Merabti, un ouvrier lyonnais de 28 ans, a aussi opté pour la Tunisie "pour une question de prix". Mais pas seulement. "On vient tous les ans avec ma mère. La France n'est pas comme ça en octobre. On ne peut pas trouver la plage, le soleil, il fait froid."

Tourisme spatial: course contre la montre entre milliardaires aventuriers
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"Survie"

Avec un hôtel rempli à 30%, dont 130 Russes, "on parle de survie, on n'est pas du tout dans un contexte de rentabilité", déplore M. Akrout.

La saison 2021 a connu "un très léger mieux. Mais, par rapport à 2020 - année catastrophique avec une régression de 80% -, on est très loin de l'activité normale avec une augmentation de 11% cette année", confirme à l'AFP Dora Milad, présidente de la Fédération hôtelière FTH.

Les bonnes années comme 2019, avec 9 millions de nuitées, le tourisme a représenté jusqu'à 14% du PIB, faisant vivre 2 millions de Tunisiens.

Egalement dépendant du secteur, le Maroc a connu après la réouverture des frontières mi-juin une relative embellie. Le pays comptabilisait plus de 3,5 millions d'entrées fin août contre 2,2 millions un an plus tôt, mais quatre fois moins qu'en 2019 (13 millions).

"La reprise a été particulièrement bonne dans les villes balnéaires. Mais elle a été ralentie par les restrictions imposées en août", explique à l'AFP Hamid Bentahar, président de la Confédération du tourisme au Maroc.

Sous l'effet d'un pic épidémique, le Maroc a durci les restrictions sanitaires en limitant les déplacements vers les pôles touristiques de Marrakech et Agadir (ouest).

En Algérie, où le tourisme intérieur fournit le plus gros contingent de visiteurs, l'activité des hôtels a "reculé à tout juste 25% (de la normale, ndlr) en raison de la pandémie", qui a connu un pic en juillet, selon le président de la Fédération hôtelière FNH, Ahmed Oulbachir.

Le tourisme marocain atrophié par la pandémie
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"Repenser le tourisme"

Ces derniers jours, à la faveur d'une forte baisse des contaminations et décès, la Tunisie a été sortie des listes rouges du Royaume-Uni et de la France, qui a pris une mesure identique pour le Maroc et l'Algérie.

Pour l'hiver 2021, il est "déjà trop tard", estime le directeur du Bel Azur. Mais "c'est comme un gros paquebot, cela va remettre la machine en route" et permettre de "sauver la saison 2022: on pourra signer des contrats avec les tours opérateurs".

Les professionnels se préparent à une reprise tout en estimant qu'il faudra "repenser le tourisme".

La Tunisie "ce n'est plus l'image du chameau et la plage seulement. Le tourisme de masse a montré ses limites", estime M. Akrout, appelant à valoriser "des sites magnifiques totalement inexploités".

A la FTH, Mme Milad est du même avis. Elle évoque le Sud, les régions intérieures (Djebel El-Saha) ou les "côtes de Carthage", près de Tunis. Selon elle, le secteur s'est "reposé sur ses lauriers" et son développement exponentiel à partir des années 60.

Sans oublier que "le tourisme balnéaire représente 80% de la demande mondiale", et sans "éliminer ce qui a été construit", il faut donc une nouvelle "vision", défend-elle.

Le sommet de la Francophonie reporté d'un an

La 110e session du Conseil permanent de la #Francophonie,

Le 18e sommet de la Francophonie, initialement prévu sur l'île de Djerba fin novembre, est reporté d'un an, "afin de permettre à la Tunisie de pouvoir organiser cette instance importante dans les conditions les plus optimales".

Cette annonce émane de l'Organisation internationale de la Francophonie et du ministère tunisien des Affaires étrangères.

Les représentants des Etats et gouvernements membres de l'OIF se sont réunis mardi en présentiel et visioconférence, sous la présidence de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo.

"Les représentants des Etats et gouvernements membres ont débattu ouvertement et dans un souci de cohésion et de solidarité, sur l'organisation du sommet en Tunisie dans les délais initialement prévus.

Ils sont arrivés à un consensus sur la nécessité de reporter d'un an le 18e sommet de la Francophonie, afin de permettre à la Tunisie de pouvoir organiser cette instance importante dans les conditions les plus optimales", précise le communiqué de l'OIF.

De son côté, le ministère tunisien des Affaires étrangères a fait savoir dans un communiqué que les "discussions ont abouti au consensus des représentants des États membres concernant la Tunisie, hôte de ce sommet, et le report de la date de sa convocation sur l'île de Djerba à 2022 afin d'assurer une large participation au plus haut niveau et de ne pas avoir à le tenir à distance".

La décision doit être formellement adoptée lors d'une Conférence ministérielle de la Francophonie. "Cette proposition (du report d'un an, NDLR) va être validée dès que les ministres auront statué", a déclaré à l'AFP Oria Vande weghe, porte-parole de la secrétaire générale.

"C'était une décision unanime et la Tunisie a exprimé elle-même son ouverture à l'idée d'un report. La réunion s'est déroulée dans un esprit de consensus en faveur d'un report d'un an et l'objectif est de permettre à la Tunisie d'organiser le sommet dans les meilleures conditions", a poursuivi la porte-parole.

La réunion des ministres devrait se tenir dans "une dizaine de jours", a-t-elle précisé.

Le président tunisien Kais Saied s'est attribué par décret de vastes pouvoirs le 22 septembre. En pleine crise socio-économique et sanitaire et après des mois de blocage politique, il avait invoqué le 25 juillet un "péril imminent" pour limoger le gouvernement et suspendre le Parlement. Des mesures dénoncées comme un "coup d'Etat" par ses opposants et des ONG.

Très endettée et dépendante des aides internationales, la Tunisie fait face à une profonde crise économique et sociale - chute du PIB, forte inflation, chômage à près de 18% -, aggravée par la pandémie de Covid-19.

Basée à Paris, l'OIF compte 88 États et gouvernements. La Francophonie a notamment pour missions de promouvoir la "langue française et la diversité culturelle et linguistique", "la paix, la démocratie et les droits de l'Homme", ou encore "d'appuyer l'éducation".

Les défis qui attendent Najla Bouden Romdhane, selon Mourad Sellima

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