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Trump rouvre la porte à la déclassification du mémo démocrate

Le président Donald parle avec des journalistes d'une note secrète sur le rôle du FBI dans l'enquête russe, dans le bureau ovale de la Maison Blanche, Washington, 2 février 2018

Donald Trump a rouvert la porte samedi à la publication d'une note démocrate confidentielle au coeur d'un intense débat politique aux Etats-Unis, après avoir refusé la veille de la rendre publique en invoquant des inquiétudes pour la sécurité nationale.

Le document en question est une note qui rejette les accusations d'abus de pouvoir de la police fédérale (FBI) et du ministère de la Justice dans l'enquête sur l'affaire russe. Elle répond à une note républicaine, que Donald Trump avait accepté de publier, mais contient selon le conseiller juridique de la Maison Blanche "de nombreux passages classifiés et particulièrement sensibles".

>> Lire aussi : Trump se dit "innocenté" dans l'enquête russe

"Les démocrates ont envoyé une note de réponse très politique et longue, laquelle, ils le savaient (...), aurait dû être lourdement censurée, après quoi ils auraient accusé la Maison Blanche d'un manque de transparence", a tweeté le président républicain.

"Leur ai dit de refaire et renvoyer en bonne et due forme!", a conclu le milliardaire, n'excluant donc pas la possibilité de publier cette note comme il avait déclassifié la républicaine.

Le chef du FBI Christopher Wray et le numéro deux du ministère de la Justice Rod Rosenstein se sont dits inquiets d'une publication de la note démocrate, pour "la protection des sources et méthodes du renseignement, les enquêtes en cours et d'autres informations sensibles similaires". Ils avaient déjà exprimé des réserves similaires avant la publication de la précédente note.

La cheffe de la minorité démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, avait toutefois dénoncé vendredi soir le refus de M. Trump de rendre la note démocrate publique, évoquant "une tentative particulièrement éhontée de dissimuler la vérité sur le scandale Trump-Russie au peuple américain".

>> Lire aussi : Le Congrès américain publie la note controversée dénonçant les méthodes du FBI

Dans la note déclassifiée il y a quelques jours et concoctée par des républicains du Congrès, ces derniers décrivent notamment ce qu'ils considèrent comme un abus de pouvoir du FBI lors de la mise sur écoute à partir d'octobre 2016 de Carter Page, conseiller de M. Trump durant la campagne présidentielle.

Depuis, les démocrates craignent que ce mémo ne serve de prétexte pour renvoyer des responsables du FBI et du ministère de la Justice, et ainsi entraver l'enquête du procureur spécial Robert Mueller portant sur une éventuelle collusion entre Moscou et l'équipe de campagne du républicain pour le faire gagner lors de l'élection.

Avec AFP

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Au Mur des Lamentations, Pompeo offre à Netanyahu une image symbolique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant le Mur des Lamentations

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est devenu jeudi le premier haut responsable américain à visiter le Mur des Lamentations avec un Premier ministre israélien, une image symbolique et un coup de pouce à Benjamin Netanyahu, engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection.

L'administration américaine de Donald Trump semble vouloir mettre tout son poids dans la balance pour soutenir le Premier ministre d'Israël à l'approche des élections législatives du 9 avril.

En plein déplacement de son secrétaire d'Etat, M. Trump s'est prononcé sur Twitter pour la reconnaissance de "la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée en 1967 par Israël puis annexée.

"Merci président Trump!", a aussitôt réagi Benjamin Netanyahu sur Twitter, en saluant une décision "courageuse".

Le chef du gouvernement israélien avait encore réclamé la veille, en présence de Mike Pompeo, que la communauté internationale fasse ce pas au nom de sa sécurité. Reconnaître formellement l'annexion du Golan serait une nouvelle entorse à la tradition diplomatique américaine et au consensus international.

Mike Pompeo a en tout cas rompu avec la pratique lors de sa visite à Jérusalem. Devant les caméras, il s'est recueilli avec Benjamin Netanyahu face au Mur des Lamentations, le site de prière le plus sacré pour les juifs. Les deux hommes ont ensuite, chacun à leur tour, glissé leur prière inscrite sur un petit papier entre les pierres de l'imposante muraille.

"Il est important" et "symbolique qu'un haut responsable américain s'y rende avec un Premier ministre d'Israël", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, évoquant un "lieu très important pour de nombreuses religions".

- Une aura -

Mais ce geste apparaît surtout comme une nouvelle étape dans la révision de la position américaine à l'égard de Jérusalem engagée par Donald Trump, qui avait lui-même été en 2017 le premier président des Etats-Unis en exercice à se rendre au Mur des Lamentations.

Ce site se trouve en effet à Jérusalem-Est, dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la Ville sainte à des négociations de paix.

Mais Donald Trump a lui reconnu unilatéralement fin 2017 Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qui lui vaut les remontrances de nombreux autres pays, la colère des Palestiniens, mais aussi une aura particulière auprès des Israéliens.

Le sort de la ville est une des clés de toute résolution du conflit israélo-palestinien, puisque l'Etat hébreu la considère comme sa capitale "indivisible" alors que les Palestiniens revendiquent sa partie orientale comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Netanyahu à Washington -

Tous ces gestes américains "devraient être accompagnés de déclarations montrant que les Etats-Unis envisagent aussi qu'à l'issue d'éventuelles négociations, la capitale d'un Etat palestinien puisse voir le jour dans Jérusalem-Est", estime Dan Shapiro, ambassadeur en Israël de l'ex-président Barack Obama. Ce qui n'est pas le cas.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, juge que la visite Pompeo-Netanyahu au Mur des Lamentations vise à montrer clairement "que cette administration est la plus pro-israélienne de l'histoire".

"A moins de trois semaines des élections israéliennes, pas besoin d'être un grand spécialiste du Moyen-Orient pour comprendre que l'administration fait tout son possible, en surfant sur la popularité de Trump en Israël, pour démontrer que Netanyahu est indispensable", dit à l'AFP cet expert du cercle de réflexion Wilson Center à Washington.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie, multiplie de son côté les occasions de s'afficher auprès des dirigeants américains, et se rendra la semaine prochaine à Washington auprès du locataire de la Maison Blanche. Ce nouveau voyage sera aussi l'occasion pour Benjamin Netanyahu de s'afficher à la grand-messe du puissant lobby pro-Israël Aipac.

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