Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Trump offre une main tendue aux démocrates, sous condition

Le président Donald Trump répond aux questions lors d'une conférence de presse de la Maison-Blanche, le 7 novembre 2018.

Le président américain Donald Trump a assuré mercredi qu'il était prêt à travailler avec les démocrates, désormais majoritaires à la chambre basse du Congrès, mais à condition qu'ils renoncent à leurs projets d'enquêtes sur sa présidence et ses finances.

"C'était un grand jour, un jour incroyable", a déclaré Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. "Le parti républicain a défié l'histoire pour étendre notre majorité au Sénat et en déjouant de façon importante les prévisions à la Chambre".

Les démocrates ont ravi une trentaine de sièges à la Chambre des représentants et devraient en obtenir 229 contre 206 républicains, selon les dernières estimations du New York Times. Au Sénat, la majorité républicaine devrait passer de 51 à 53 sièges, sur 100.

Le fait que les démocrates contrôlent la moitié du Congrès rendra les choses "plus simples", a-t-il poursuivi, lors de cette rencontre parfois tendue avec les journalistes. Il y aura "moins de paralysie", selon lui. "Les démocrates viendront nous voir avec un plan sur les infrastructures, sur la santé, sur ce qu'ils veulent. Et nous négocierons".

Politiquement, le président calcule que négocier avec une Chambre démocrate lui facilitera la tâche, par rapport à la situation des deux premières années de son mandat, où la majorité républicaine était constamment soumise aux menaces de défections internes, entre les ailes modérées et ultra-conservatrices. A l'inverse, selon lui, les démocrates "se serrent les coudes" et votent en bloc.

"Si les démocrates ont une idée pour baisser les impôts, j'y crois beaucoup, j'étudierais absolument l'idée", a-t-il proposé, en évoquant aussi un hypothétique compromis sur l'immigration.

Mais il a évoqué les menaces d'enquêtes parlementaires promises par les nouveaux maîtres de la Chambre, notamment pour obtenir les feuilles d'impôts du milliardaire, et prévenu: "On ne peut pas faire les deux simultanément. Peut-on faire les deux? Non. S'ils font cela, ils ne feront pas le reste".

"Ils peuvent jouer à ce petit jeu, mais nous sommes meilleurs", a menacé Donald Trump. Il a sous-entendu qu'il lancerait des enquêtes pour la fuite de documents classifiés par des sénateurs démocrates.

Quant à ses déclarations de revenus, qu'il a toujours refusé de rendre publiques contrairement à ses prédécesseurs, il a dit qu'il n'avait pas changé d'avis, prétextant des contrôles fiscaux en cours depuis des années: "Personne ne publie sa feuille d'impôts pendant un contrôle fiscal".

Si les démocrates persistaient, "l'Etat sera paralysé", a-t-il dit.

Ilhan Omar, première femme musulmane élue au Congrès (vidéo)
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:58 0:00

Mobilisation électorale

Les démocrates ont aussi gagné sept postes de gouverneurs --chefs de l'exécutif des Etats-- mais ont échoué en Floride, grand Etat qui sera au centre de l'élection présidentielle de 2020 et que les démocrates croyaient mûr pour la reconquête.

La demi-victoire est d'autant plus légitime que la participation a été très forte pour des élections de mi-mandat, sans être toutefois du niveau d'une année présidentielle.

Les chiffres ne sont centralisés par aucune autorité électorale, mais environ 30 millions d'Américains de plus pourraient avoir voté par rapport à 2014, selon le New York Times, soit environ 114 millions contre 83.

Le taux de participation est estimé à environ 47% de la population ayant le droit de vote, contre 37% en 2014, selon l'expert Michael McDonald, de l'université de Floride.

A partir de l'entrée en fonction du prochain Congrès, le 3 janvier 2019, Donald Trump ne pourra plus faire adopter ses lois sans transiger avec les démocrates. Ceux-ci ont désormais un droit de veto sur le budget de la nation. Son mur à la frontière mexicaine, qu'il n'avait déjà pas réussi à faire financer dans le Congrès actuel, a toutes les chances de rester virtuel.

Et la Chambre va lancer une myriade d'enquêtes parlementaires sur les conflits d'intérêts, les finances personnelles et les interventions du milliardaire dans l'enquête du procureur spécial sur la Russie.

Nancy Pelosi a fixé la feuille de route mardi soir dans un discours de victoire: la nouvelle Chambre "rétablira le devoir constitutionnel de contrôle de l'administration Trump".

"La bataille va se durcir. Il y a désormais un veto dans le système pour bloquer Trump et le Sénat", dit à l'AFP le politologue Larry Sabato, de l'université de Virginie.

Le milliardaire s'estime quoiqu'il arrive conforté dans la ligne dure qu'il a adoptée dans la campagne des législatives, qu'il a focalisée sur le danger présenté par l'immigration clandestine.

Il a commencé sa conférence de presse en énumérant les candidats républicains qui avaient pris leur distance avec lui pendant la campagne... et qui ont perdu.

Le président de 72 ans sait en outre que les élections de mi-mandat ne peuvent pas servir de présage pour la présidentielle suivante. Barack Obama, après sa "déculottée" de 2010, avait été réélu facilement en 2012.

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Nouvelles sanctions américaines pour les importateurs de pétrole iranien

Nouvelles sanctions américaines pour les importateurs de pétrole iranien
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:31 0:00

Donald Trump veut sévir contre les "dépassements de visa"

Donald Trump veut sévir contre les "dépassements de visa"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:47 0:00

De nouvelles pressions sur Téhéran

De nouvelles pressions sur Téhéran
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:48 0:00

Trump rejette la menace d'une destitution, les démocrates débattent

Le président américain, Donald Trump, à la maison blanche, le lundi 22 avril 2019. REUTERS/Al Drago

Sûr de lui, le président américain Donald Trump affirme que le Congrès n'est "pas en mesure" de le destituer, un débat qui divise les démocrates après la publication du rapport d'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

Est-il inquiet face à la menace d'une procédure de destitution? "Pas du tout", a répondu lundi le républicain aux journalistes à la Maison Blanche.

"Seuls de graves délits ou infractions peuvent aboutir à une destitution", avait-il affirmé plus tôt sur Twitter. "Je n'ai commis aucun délit (pas de collusion, pas d'obstruction), donc vous n'êtes pas en mesure de me destituer".

Pourtant, l'idée fait son chemin chez les démocrates avec trois candidats à la Maison Blanche désormais favorables à une destitution, même si les chefs du parti et le premier dans les sondages, Bernie Sanders, repoussent encore cette éventualité potentiellement explosive.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu dans son rapport, publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe de campagne du républicain et Moscou.

Mais si M. Trump s'estime depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, M. Mueller ayant montré que le président avait essayé de torpiller son enquête.

Les démocrates affirment qu'avec son rapport long de plus de 440 pages, le discret procureur spécial Robert Mueller leur a en fait laissé une feuille de route afin qu'ils poursuivent l'enquête au Congrès.

Mais si tous sont d'accord sur ce point, les opinions divergent autour de la possibilité de lancer contre Donald Trump une procédure de destitution, appelée "impeachment" aux Etats-Unis.

- Démocrates divisés -

Promettant d'agir face aux actes "sans scrupules" du milliardaire, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs de ceux qui souhaiteraient lancer une telle procédure.

Il est "important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", a-t-elle pris soin de souligner dans une lettre aux élus démocrates de la Chambre.

Sa voix a un énorme poids: c'est à la Chambre, où les démocrates détiennent la majorité, que reviendrait de lancer le mécanisme en vue d'une destitution.

Mais c'est ensuite au Sénat, contrôlé par des républicains qui restent en grande majorité farouchement fidèles au président Trump, que se déroulerait le procès.

En l'état, il y a donc très peu de chances pour qu'une procédure de destitution aboutisse.

Mieux vaut donc que les électeurs se prononcent contre Donald Trump dans les urnes en novembre 2020, après une campagne portant avant tout sur les grands sujets qui les préoccupent, comme la santé, affirment les chefs démocrates.

Se disant "réaliste" sur cette situation, la sénatrice et candidate démocrate à la Maison Blanche Kamala Harris a pourtant annoncé lundi soir qu'elle soutenait la voie de la destitution, sur CNN.

Elle rejoint la sénatrice progressiste Elizabeth Warren qui, la première parmi les candidats, s'y était déclarée favorable dès vendredi.

Le petit candidat et ex-ministre Julian Castro soutient également cette voie.

Mais le sénateur Bernie Sanders, qui arrive en tête des sondages parmi les 19 candidats démocrates déclarés, a lui repoussé cette option lundi soir. "Au final, ce qui m'importe le plus c'est que Donald Trump ne soit pas réélu président", a-t-il expliqué sur CNN.

"Et si pendant toute l'année prochaine la seule chose dont le Congrès parle c'est +Trump Trump Trump et Mueller Mueller Mueller+ et nous ne parlons pas (...) des sujets qui concernent les citoyens ordinaires, j'ai peur que cela ne joue à l'avantage de Trump", a-t-il ajouté.

D'autres candidats démocrates ont esquivé le débat, ou affirmé, comme lui, préférer que la Chambre mène son enquête hors du cadre d'une procédure de destitution.

L'opposition n'a en tout cas pas attendu les conclusions du rapport Mueller pour multiplier les enquêtes parlementaires contre le président républicain.

Le président démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre, Jerry Nadler, a ainsi annoncé lundi vouloir entendre publiquement Don McGahn, ancien conseiller juridique de la Maison Blanche, "un témoin clé des nombreux cas présumés d'entrave à la justice".

Avec AFP

La chef des démocrates repousse l'idée d'une destitution de Trump

La démocrate Nancy Pelosi donne un discours pour la journée sans femmes à Washington D.C., le 8 mars 2017.

La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs des élus favorables à une procédure de destitution à l'encontre de Donald Trump après les conclusions de l'enquête russe, mettant en garde contre toute action qui pourrait apparaître trop partisane.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu, dans son rapport publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente lors de la présidentielle américaine de 2016 entre l'équipe du républicain et Moscou.

Mais, si M. Trump se proclame depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice.

M. Mueller a ainsi montré que Donald Trump avait essayé de torpiller son enquête, en voulant notamment le limoger.

Depuis, le débat agite les démocrates : ces conclusions justifient-elles d'ouvrir une procédure de destitution, appelée en anglais "impeachment", contre le président républicain ? Oui, affirment plusieurs parlementaires de l'aile gauche du parti, dont la sénatrice et candidate à l'élection présidentielle Elizabeth Warren.

Pour débattre de la marche à suivre, Nancy Pelosi devait organiser, à 17H00 (21H00 GMT), une conférence téléphonique avec les élus démocrates de la Chambre des représentants, où ils contrôlent la majorité.

C'est la Chambre qui serait chargée de voter une mise en accusation dans le cadre d'une procédure de destitution, puis il reviendrait au Sénat, à majorité républicaine, de faire le procès de Donald Trump.

Présidente de la Chambre, Mme Pelosi dénonce le comportement "sans scrupules" du président, dans une lettre adressée lundi aux parlementaires démocrates.

"Bien que nos opinions varient entre l'opportunité d'enquêter sur les conclusions du rapport Mueller ou de procéder directement à la destitution, nous sommes tous fermement d'accord sur le fait que nous devions avancer pour découvrir la vérité", précise-t-elle.

"Il est également important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", prend-elle soin de souligner.

Elle conclut que "nous devons montrer aux Américains que nous avançons sans passion ou préjugés, en nous basant strictement sur la présentation des faits".

Les chefs démocrates craignent en effet de brouiller leur message électoral à l'horizon des élections présidentielles et parlementaires de 2020 avec une procédure explosive de destitution qui serait vouée à l'échec avec un Sénat républicain.

Donald Trump lui, en est convaincu : les démocrates n'ont aucune raison pour le destituer.

Voir plus

XS
SM
MD
LG