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États-Unis

Trump: des centres de détention de migrants seront ouverts à la presse

Le Président américain, Donald Trump.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que des centres de détention de migrants, critiqués pour leur surpopulation et leurs mauvaises conditions de vie, seront ouverts aux journalistes.

"Je vais commencer à montrer certains de ces centres de détention à la presse. Je veux que la presse aille les voir", a déclaré Donald Trump à des journalistes à Morristown, dans le New Jersey (nord-est).

"Certains membres de la presse iront parce qu'ils sont surpeuplés, et nous sommes ceux qui se plaignaient de leur surpopulation," a-t-il ajouté.

L'annonce du président américain intervient après la publication samedi par le New York Times et le El Paso Times d'un article sur un centre de Clint (Texas), décrit comme rempli de centaines d'enfants habillés de vêtements sales, entassés dans des cellules où pullulent les maladies, ce que Donald Trump a qualifié de "canular".

"La puanteur des vêtements sales des enfants était si forte qu'elle se propageait jusque sur les vêtements des agents (...) Les enfants pleuraient tout le temps", rapportait l'article.

"Une fille semblait tellement susceptible d'essayer de se suicider que les agents l'ont fait dormir sur un petit lit devant eux, de façon à pouvoir la surveiller pendant qu'ils s'occupaient de nouveaux arrivants", ajoutait-il.

Un rapport du ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS), qui chapeaute la police aux frontières, avait admis mardi une "surpopulation dangereuse" dans de nombreux centres accueillant des migrants clandestins, majoritairement des Centraméricains qui fuient la violence et la misère dans leur pays.

Des parlementaires démocrates, ayant également visité des centres de rétention, ont évoqué des cellules surpeuplées, sans eau courante, où enfants et adultes n'avaient pas accès à leurs médicaments et étaient privés de douches.

"Si les immigrants illégaux ne sont pas contents de leurs conditions dans les centres de rétention construits ou rénovés rapidement, dites-leur simplement de ne pas venir. Tous les problèmes seront résolus!", a tweeté le président républicain mercredi dernier.

En mai, 144.000 personnes ont été arrêtées et placées en détention par la police aux frontières (CBP). Mais les places manquent dans ces structures ainsi que dans les centres d'accueil où les mineurs et les familles sont normalement transférés.

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a accepté sous la pression de Washington de renforcer la surveillance de sa frontière nord.

Les autorités migratoires mexicaines ont indiqué la semaine dernière que les expulsions avaient augmenté de 33% en juin. Le ministère américain de la Sécurité intérieure, de son côté, s'attend à une baisse de 25% en juin du nombre de migrants arrêtés le long de la frontière avec le Mexique.

Avec AFP

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Quel avenir pour les taux ? Heure cruciale pour la Fed à Jackson Hole

Le marché financier à Wall Street

Le patron de la Banque centrale américaine va prononcer vendredi à Jackson Hole un discours crucial et tenter d'expliquer ce qu'il compte faire pour préserver la croissance de la première économie mondiale sous l'œil vigilant des marchés et les attaques répétées de Donald Trump.

Le président de la Fed s'exprime vendredi à 14H00 GMT pour la première fois depuis la baisse des taux de fin juillet, devant le gotha des banquiers centraux et des économistes traditionnellement réunis chaque année dans la prestigieuse station de montagne du Wyoming.

Les marchés, qui attendent la confirmation de leurs anticipations sur des baisses de taux, se sont encore montrés nerveux jeudi. Pour la 3e fois en huit jours, la courbe des taux d'intérêt sur les bons du Trésor américain s'est inversée, un signe souvent vu comme préfigurant une récession dans les 12 à 18 mois.

L'indice Markit d'activité manufacturière est passé en territoire négatif pour la première fois depuis la récession de 2009.

Jeudi matin, après déjà une série de tweets la veille qui avaient comparé M. Powell à un joueur de golf incompétent "manquant de doigté", le président Donald Trump, qui fait campagne pour des taux beaucoup plus bas, a réitéré ses attaques contre la Banque centrale.

"Notre Réserve fédérale nous empêche de faire ce qu'on doit faire", écrit-il s'indignant que l'Allemagne vende "des bons à 30 ans à rendements négatifs". Il accuse la Fed de "désavantager les Etats-Unis face aux concurrents".

Les taux d'intérêt américains que la Fed a modestement baissé fin juillet pour la première fois en plus de dix ans, se situent entre 2% et 2,25% alors que la croissance américaine est de 2,1% (en rythme annuel au 2ème trimestre) tandis que l'Allemagne frôle la récession.

Mais le président reproche à la Banque centrale d'avoir remonté fin 2018 les taux trop vite et provoqué un renforcement du dollar ce qui handicape les Etats-Unis en pleine guerre commerciale.

Pour sa part, Jerome Powell, qui a été nommé par Donald Trump début 2018 avant de rapidement tomber en défaveur, avance sur une voie étroite.

Il s'efforce d'accompagner la faible inflation et de prolonger la plus longue croissance américaine de l'histoire moderne en accordant ce qu'il a appelé un "ajustement de milieu de cycle" sans promettre "une série de baisses" des taux.

Il s'attache aussi à défendre l'indépendance de la Fed et à garder la cohésion de son Comité monétaire, divisé face aux remèdes à apporter devant les perspectives de ralentissement.

- Signes mitigés -

Car l'activité américaine montre des signes mitigés. Elle mêle une solide consommation à un secteur manufacturier morose et des investissements d'entreprises décevants et rendus frileux face aux tensions commerciales.

La prochaine réunion monétaire de la Banque centrale est prévue dans trois semaines, les 17 et 18 septembre, et les marchés s'attendent largement à une nouvelle baisse des taux d'intérêt. Mais de quelle ampleur ?

Esther George, la présidente de la Fed de Kansas City, hôte du forum de Jackson Hole qui a voté contre la décision de réduire les taux en juillet, a paru camper sur ses positions jeudi.

Interrogée sur CNBC depuis la station, elle a estimé que le niveau des taux paraissait "être bien placé" actuellement.

Elle a admis que l'économie faisait face à des risques défavorables avec "l'affaiblissement de la croissance mondiale et le degré d'incertitude lié aux questions commerciales". Mais elle conserve une projection de croissance de 2% pour 2020.

Le président de la Fed de Philadelphie Patrick Harker a aussi affirmé jeudi à Jackson Hole qu'il penchait plutôt pour attendre de voir "pendant un certain temps" comment évolue l'économie. Il a estimé que les taux "étaient à peu près là où ils devraient être".

Il a aussi temporisé sur l'importance de la divergence des taux entre les Etats-Unis et leurs partenaires: "Nous ne sommes pas tant désynchronisés que cela".

La Fed "ne peut pas ignorer ce qui se passe ailleurs", mais elle doit "d'abord faire ce qui est approprié pour les Etats-Unis", a déclaré ce responsable interrogé sur CNBC après les tweets de Donald Trump sur le différentiel des taux allemands.

Après ces propos de membres de la Fed, la courbe des obligations du Trésor américain à 2 ans et 10 ans s'est une nouvelle fois légèrement inversée jeudi matin.

Ce phénomène, qui voit les taux à long terme devenir moins chers que les taux à court terme, reflète une ruée des investisseurs vers les bons américains considérés comme une valeur refuge vu les perspectives de ralentissement dans le monde.

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