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Trump alimente les rumeurs sur un départ de Tillerson

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à gauche, écoute le président Donald Trump à la Maison Blanche, Washington, 20 novembre 2017.

Donald Trump a laissé passer l'occasion d'afficher sa confiance envers son secrétaire d'Etat Rex Tillerson, alimentant les rumeurs sur son remplacement prochain à la tête de la diplomatie américaine.

Selon le New York Times, la Maison Blanche travaille sur un remaniement en ce sens qui pourrait intervenir "dans les semaines à venir" et qui verrait l'actuel directeur de la CIA Mike Pompeo prendre les rênes de ce prestigieux ministère.

Interrogé dans le Bureau ovale, Donald Trump n'a ni confirmé ni démenti cette information publiée au moment où les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord font l'objet d'un pic de tension, après un nouveau tir de missile balistique intercontinental par Pyongyang.

"Il est ici. Rex est ici", a simplement répondu le président américain, laissant planer le doute sur ses intentions.

"Il n'y a pas d'annonces à ce stade", s'est bornée à souligner peu après sa porte-parole Sarah Sanders. "M. Tillerson continue à diriger le département d'Etat et l'ensemble du gouvernement est concentré sur la fin de cette première année incroyablement réussie".

Les relations entre Donald Trump et l'ex-patron du géant pétrolier ExxonMobil, qui peine clairement à trouver sa place à Washington, sont notoirement difficiles, et le départ de ce dernier fait l'objet de spéculations récurrentes.

Le chef du département d'Etat a la responsabilité de quelque 70.000 diplomates, fonctionnaires et contractuels disséminés dans plus de 250 ambassades et consulats à travers le monde.

Le New York Times affirme que ce projet de remaniement a été élaboré par le secrétaire général de la Maison Blanche, John Kelly, mais souligne que le mystère demeure sur le feu vert de Donald Trump à ce projet.

Début octobre, l'impétueux président septuagénaire avait, fait rare, publiquement rabroué son secrétaire d'Etat pour avoir évoqué l'existence de canaux de communication visant à sonder les intentions de la Corée du Nord.

"Il perd son temps à négocier", avait-il écrit sur Twitter. "Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire."

- 'Piège' -

Quelques jours plus tard, la chaîne NBC News affirmait que M. Tillerson avait qualifié le président américain de "débile" à la fin d'une réunion au Pentagone.

Ces révélations avaient contraint le chef du département d'Etat à prendre la parole pour affirmer son soutien public et son "engagement en faveur du succès" du locataire de la Maison Blanche.

Ce dernier avait affirmé avoir "pleinement confiance en Rex" tout en le mettant peu après, dans un tweet prétendument humoristique, au défi d'un "test de QI".

Dans ce schéma, le sénateur de l'Arkansas Tom Cotton, proche de M. Trump, serait propulsé à la tête de la CIA.

Sollicité sur cette éventuelle nomination, son équipe a répondu qu'il était concentré sur sa volonté d'être au service "des habitants de l'Arkansas et du Sénat".

Pour Aaron David Miller, ancien négociateur américain pour le Proche-Orient, le prochain chef du département d'Etat "sera confronté au même piège" que M. Tillerson, contraint de travailler avec un président "qui ne respecte ni la diplomatie, ni le département d'Etat ni l'élaboration de politiques".

Dans un tribune publiée dans le Washington Post, l'ex-secrétaire d'Etat Madeleine Albright a dénoncé "les dégâts" causés à la diplomatie américaine par l'administration Trump et dénoncé avec virulence l'attitude de M. Tillerson.

"L'administration ne s'en prend pas au département d'Etat par hasard", écrit-elle. "Tillerson a maintenu un gel sur les embauches longtemps après la plupart des autres ministères (...). Il est de fait en train de bloquer l'émergence de nouveaux talents au sein du département d'Etat".

Avec AFP

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Le chef du Pentagone disculpé de toute faute dans ses liens avec Boeing

Le ministre de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, au centre, accompagné du Chef d'état- major, le général Joseph Dunford, à gauche, et du secrétaire en charg de l'armée de l'Air (Air Force), Heather Wilson, devant le Comité des services armés du Sénat.

Le ministre américain de la Défense par intérim Patrick Shanahan a été disculpé jeudi de toute violation des règles d'éthiques du Pentagone à l'issue d'une enquête interne sur ses liens avec son ancien employeur Boeing, chez qui il a passé 30 ans.

M. Shanahan "a pleinement respecté ses engagements et ses obligations éthiques en ce qui concerne Boeing et ses concurrents", a indiqué dans un communiqué l'Inspecteur général du ministère de la Défense, un organisme indépendant chargé des enquêtes internes sur cette administration tentaculaire.

Cette annonce ouvre la voie à une éventuelle nomination par le président Donald Trump de M. Shanahan au poste de ministre de la Défense, qui devra être confirmée par le Sénat.

Dans une plainte déposée en mars, l'organisation Citoyens pour la responsabilité et l'éthique à Washington (CREW) avait demandé à l'Inspecteur général d'ouvrir une enquête à la suite d'informations rapportées par le site d'informations Politico sur des propos que M. Shanahan aurait tenus en privé en faveur de Boeing et au détriment de son concurrent Lockheed Martin.

"Par sa conduite et ses commentaires, le ministre par intérim pourrait avoir violé les règles d'éthique du Pentagone", indiquait le groupe.

A son arrivée en juin 2017 en tant que numéro deux du ministre de la Défense Jim Mattis, M. Shanahan avait signé un accord avec le Pentagone par lequel il s'engageait à ne participer à aucune discussion concernant Boeing.

Outre M. Shanahan lui-même, l'inspecteur général a précisé avoir entendu 33 témoins, consulté 5.600 pages de documents publics et 1.700 pages de documents classés secret-défense.

"Nous n'avons confirmé aucune des allégations", précise le rapport. "Nous avons déterminé que M. Shanahan n'a pas fait les commentaires qui lui étaient attribués, n'a pas fait la promotion de Boeing, et n'a pas dénigré ses concurrents".

"Le bureau de l'inspecteur général a pris ces accusations au sérieux", a souligné l'inspecteur général Glenn Fine. "Les témoignages démontrent que M. Shanahan a pleinement respecté ses obligations et ses engagements éthiques à l'égard de Boeing et ses concurrents."

M. Shanahan a été propulsé à la tête du Pentagone lorsque M. Mattis a démissionné avec fracas en décembre pour protester contre le retrait de Syrie décidé unilatéralement par le président Donald Trump.

M. Trump n'a toujours pas nommé de candidat pour succéder à Jim Mattis.

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