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États-Unis

Trump accusé d'ingérence judiciaire au profit d'un ami proche

Roger Stone, Washington, le 15 novembre 2019

Donald Trump était accusé mardi de bafouer le principe de la séparation des pouvoirs, après une intervention exceptionnelle du ministère américain de la Justice pour adoucir une peine de prison requise contre Roger Stone, un de ses amis de longue date. Il a démenti.

Cette interférence des plus hautes autorités du ministère dans ce dossier a fait souffler un vent de fronde chez les quatre procureurs qui instruisaient l'affaire: tous ont annoncé de façon fracassante s'en retirer.

M. Stone été reconnu coupable en novembre de mensonges au Congrès dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016. Sa peine doit être annoncée le 20 février par un juge fédéral, après avis consultatif des procureurs.

Lundi, dans leurs recommandations de peine, ces derniers ont suggéré une sentence de 7 et 9 ans de prison contre M. Stone, consultant politique de 67 ans et fidèle du président républicain.

Mais, dans la nuit de lundi à mardi, Donald Trump a réagi en dénonçant dans un tweet une "situation très injuste" et une "erreur judiciaire".

Sans que le lien de cause à effet ne soit clairement établi, les quatre procureurs qui avaient requis les peines initiales, Aaron Zelinsky, Jonathan Kravis, Adam Jed et Michael Marando, ont signifié mardi leur retrait de l'affaire Stone dans une motion transmise au juge.

Ils n'ont pas donné d'explication à leur décision, mais l'un d'eux a même démissionné de son poste.

Suspecté d'avoir fait pression sur des procureurs censés être indépendants, Donald Trump a nié toute intervention. "Je ne leur ai pas parlé", a-t-il réagi depuis le Bureau ovale, ajoutant qu'il n'avait "pas du tout été impliqué".

Mais les recommandations étaient "ridicules", "honteuses" et "une insulte à notre pays", a-t-il martelé.

Dans la soirée, le président américain s'en est pris à la juge fédérale qui devra prononcer la peine contre Roger Stone.

- "Abus de pouvoir" -

L'opposition a immédiatement dénoncé une ingérence politique dans ce dossier judiciaire et a même évoqué un possible "abus de pouvoir".

La chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi a dénoncé une décision "scandaleuse" de l'administration Trump qui "affecte l'Etat de droit".

Confirmation d'ordres venus d'en haut, le ministère de la Justice a demandé dans l'après-midi de mardi une peine "bien moindre" contre M. Stone, au prétexte que les recommandations initiales "ne seraient pas adaptées ou ne serviraient pas les intérêts de la justice".

Dans ce document, "des recommandations de peine amendées et supplémentaires du gouvernement", le ministère cite l'exemple d'une peine entre 3 et 4 ans, "de 37 à 46 mois", une durée selon lui "plus adaptée aux peines typiquement imposées dans les affaires d'obstruction".

"Le ministère de la Justice et le ministre Bill Barr sont prêts à passer outre l'avis de procureurs de carrière (...) après un tweet de minuit du président attaquant la durée de peine proposée", a réagi dans un communiqué Adam Schiff, l'élu démocrate qui menait l'équipe des procureurs lors du procès en destitution du président Trump au Sénat.

Le ministère de la Justice a pourtant affirmé que cette décision avait été prise avant le tweet de Donald Trump.

Le président américain a déjà été accusé d'entrave à la justice, dans le cadre de l'enquête russe, notamment en limogeant au début de son mandat le directeur du FBI James Comey, qui enquêtait sur les ingérences étrangères dans l'élection de 2016.

Et si après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller avait déclaré ne pas avoir trouvé de preuve d'une collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016, il n'avait pour autant pas disculpé le milliardaire républicain des soupçons d'entrave à la justice.

Dans le cadre de cette affaire, le président a aussi limogé son ministre de la Justice de l'époque, Jeff Sessions, en lui reprochant de ne pas assez le protéger.

La nomination du ministre actuel, Bill Barr, avait été perçue comme la volonté par Donald Trump de mettre à la tête de la Justice quelqu'un qui lui serait loyal.

Roger Stone est parmi les six membres de l'entourage, plus ou moins proche, du président à avoir été inculpés ou condamnés dans le sillage de l'enquête russe.

Avec AFP

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Shopify rejoint le projet de monnaie numérique Libra de Facebook

Le logo de Facebook bien visible lors d'une conference à San José (Californie), le 30 avril 2019.

Après plusieurs désistements de poids, le projet de monnaie numérique Libra de Facebook a gagné un nouveau partenaire: la plateforme de commerce en ligne Shopify, basée au Canada, a indiqué vendredi avoir rejoint l'aventure.

"Nous passons beaucoup de temps à imaginer comment améliorer le commerce dans certaines parties du monde où les infrastructures bancaires pourraient être meilleures", a déclaré Shopify dans un communiqué en ligne. "Nous sommes très contents de faire partie de l'association Libra".

La Libra sera en théorie gérée par une association indépendante composée d'entreprises et organisations à but non lucratif, basée à Genève. Mais le projet du géant des réseaux sociaux, censé voir le jour en 2020, est abondamment contesté.

Début octobre, les services de paiement PayPal, puis Stripe (ainsi que Visa, Mastercard et d'autres) se sont retirés du projet, sous la pression croissante des régulateurs américains et étrangers.

"Nous sommes très fiers d'accueillir Shopify", a réagi Dante Disparte, directeur de la Communication et des Règlements de l'association Libra. "Avec plus d'un million d'entreprises (présentes sur la plateforme) dans environ 175 pays, Shopify apporte des trésors de connaissances et d'expertise au projet Libra".

Facebook veut offrir un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels, permettant d'acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané, de n'importe quel endroit.

"Shopify rejoint un groupe actif de membres de l'association Libra déterminés à mettre en place un système de paiement mondial qui soit sûr, transparent et facile d'utilisation, et qui casse les barrières financières pour des milliards de personnes", a ajouté Dante Disparte.

Mais les régulateurs, qui ont fait fuir PayPal, Visa et d'autres, s'inquiètent de potentielles utilisations malveillantes de la monnaie, et pointent la mauvaise réputation du géant californien d'internet en matière de confidentialité et de protection des données personnelles.

Les Etats et Banques centrales redoutent aussi de perdre leur souveraineté: ils sont pour le moment les seuls à avoir le droit de battre monnaie.

Depuis l'automne, Facebook tente d'amadouer les différentes autorités. Mark Zuckerberg a répété à plusieurs reprises que la Libra ne serait pas lancée avant d'avoir obtenu tous les feux verts nécessaires des régulateurs.

"L'objectif de la Libra c'est d'abord de construire un système de paiement mondial, plus qu'une monnaie", avait-il insisté lors d'une audience devant des élus américains de la Commission parlementaire des services financiers, en octobre.

Fin décembre, le ministre suisse des Finances Ueli Maurer a déclaré dans une interview à la chaîne SRF que le projet Libra avait "échoué dans sa forme actuelle".

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