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Trump a choisi son ministre de la Justice, son conseiller à la sécurité et le chef de la CIA

Le président élu des Etats-Unis Donald, 9 novembre 2016.

Donald Trump a nommé vendredi à son cabinet trois tenants d'une ligne dure sur les questions de sécurité nationale et d'immigration provoquant l'ire des démocrates, tout en laissant filtrer des noms de personnalités plus consensuelles pour diriger la diplomatie et rassurer les alliés de l'Amérique.

Le président élu des Etats-Unis a décidé de confier le ministère de la Justice au sénateur Jeff Sessions, 69 ans, partisan d'une extrême fermeté sur l'immigration illégale, un des grands thèmes de campagne de Donald Trump, qui avait promis d'expulser 11 millions de clandestins.

M. Sessions, qui entend travailler avec "justice et impartialité", apportera à Donald Trump, novice en politique, sa fine connaissance des mécanismes du pouvoir à Washington.

Mais des propos ouvertement racistes tenus dans les années 1980 le poursuivent encore aujourd'hui: procureur fédéral dans l'Alabama, il avait reproché en 1986 à un avocat blanc de faire "honte à sa race" pour avoir défendu un client noir.

La puissante organisation de défense des libertés Aclu a rappelé avoir été qualifiée de "communiste" par M. Sessions et avoir contesté plusieurs de ses positions sur les droits des homosexuels, la peine de mort ou l'avortement.

"Si vous êtes nostalgiques de l'époque où on faisait taire les Noirs, où les homosexuels devaient se cacher, les immigrés étaient invisibles et les femmes à la cuisine, le sénateur Sessions est votre homme", a ironisé le représentant démocrate de l'Illinois Luis Gutiérrez.

Le sénateur ultra conservateur du Texas Ted Cruz, rival malheureux de M. Trump, a au contraire salué "une grande nouvelle".

- Pro-Russie, anti-Iran -

Autre poste très important, celui de conseiller à la sécurité nationale - actuellement occupé par Susan Rice - va revenir au général à la retraite Michael Flynn, 57 ans, grand pourfendeur de l'extrémisme islamique et conciliant à l'égard de la Russie.

Il avait dirigé le service des renseignements militaires (Defense Intelligence Agency) entre 2012 et 2014 et suscité la polémique pour des déclarations hostiles à l'islam.

Il défend un rapprochement avec Moscou et Pékin, s'affichant lors d'un dîner à Moscou avec Vladimir Poutine en décembre 2015.

Seul des trois responsables nommés vendredi à n'avoir pas besoin de l'aval du Sénat, il "pourrait ravir (le président russe) Poutine et (le président turc) Erdogan", a estimé l'ancien conseiller de Barack Obama, David Axelrod.

Le représentant démocrate Adam Schiff, membre de la commission du Renseignement, a dit être "très inquiet" de son "faible" pour la Russie et de ses "remarques incendiaires" sur l'islam.

Le milliardaire élu le 8 novembre sur un programme populiste a aussi annoncé que la CIA allait être pilotée par Mike Pompeo, 52 ans, qui représente le Kansas à la Chambre des représentants, élu dans la vague d'arrivée au Congrès du Tea Party, l'aile ultra-conservatrice du parti républicain.

Ce "faucon" est un farouche adversaire du régime iranien et de l'accord international sur le nucléaire signé par les grandes puissances pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe.

M. Pompeo a été l'un des membres en vue de la controversée commission d'enquête sur l'attaque du consulat américain à Benghazi en Libye en 2012, qui avait accusé Hillary Clinton, alors secrétaire d'Etat, d'avoir minimisé la menace jihadiste dans ce pays.

- Un modéré à la diplomatie ? -

Ces premières nominations au gouvernement ont réjoui les républicains mais alarmé les démocrates, déjà vent debout contre la nomination à la Maison Blanche de Steve Bannon, patron du site d'information d'extrême droite Breitbart, comme haut conseiller en charge de la stratégie.

Mais Trump avait aussi nommé à ses côtés le beaucoup plus consensuel Reince Priebus, actuel président du parti républicain, au poste de secrétaire général de la Maison Blanche.

Dans un subtile jeu d'équilibre, Donald Trump laisse filtrer des noms de personnalités plus modérées pour diriger la diplomatie américaine ou conduire l'économie.

Il va rencontrer ce week-end le républicain modéré Mitt Romney, perdant à la présidentielle contre Barack Obama en 2012. Et selon les médias américains, il envisagerait même d'en faire son secrétaire d'Etat, soit ministre des Affaires étrangères.

Un tel rapprochement constituerait une surprise car Mitt Romney avait été le chef de file des opposants à Donald Trump et à sa ligne populiste pendant la primaire du parti républicain.

Le nom de l'ex-maire de New York Rudy Giuliani reste également évoqué à ce poste.

- Rassurer les alliés -

Le président élu cherche ainsi à rassurer les alliés des Etats-Unis. Premier dirigeant à le rencontrer jeudi à New York, le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe a estimé que Donald Trump était une personnalité de "grande confiance".

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a lui aussi indiqué vendredi dans un tweet avoir eu "une bonne discussion" au téléphone avec Donald Trump sur l'avenir de l'Otan.

Le président de la 22e conférence de l'Onu sur le climat, le Marocain Salaheddine Mezouar, a dit compter sur le "pragmatisme" et l'"esprit d'engagement" de Donald Trump.

Donald Trump, qui est resté enfermé depuis son élection à son domicile new-yorkais de la Trump Tower, doit passer le week-end dans son club de golf à Bedminster, dans le New Jersey voisin. Il devrait y poursuivre les consultations pour la formation de son équipe.

Le magnat de l'immobilier continue néanmoins de tweeter, annonçant sur le réseau social jeudi soir avoir évité une délocalisation d'une usine Ford. Il avait promis en campagne de ramener aux Etats-Unis les usines de groupes américains installées à l'étranger.

Avec AFP

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Journée Martin Luther King 2020 aux Etats-Unis

Journée Martin Luther King 2020 aux Etats-Unis
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Kamala Harris démissionne du Sénat et Alex Padilla la remplace

Le secrétaire d'État de Californie, Alex Padilla, s'exprime par vidéo lors de la Convention nationale démocrate de 2020, le 20 août 2020.

Le remplaçant au Sénat américain de la vice-présidente élue Kamala Harris a été dévoilé: il s'agit d'Alex Padilla, qui deviendra le premier Hispanique à représenter la Californie à la chambre haute des Etats-Unis.

La vice-présidente élue des États-Unis, Kamala Harris, a démissionné lundi de son poste de sénatrice représentant l'État de Californie, selon une lettre envoyée au gouverneur dont une copie est parvenue à VOA Afrique.

Mme Harris, 56 ans, doit prêter serment mercredi en même temps que son colistier, l'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans.

La sénatrice a dû démissionner car, selon la doctrine de la séparation des pouvoirs aux États-Unis, un fonctionnaire ne peut appartenir qu'à une seule branche du gouvernement.

Lorsqu'un sénateur démissionne, son remplaçant est désigné d'une manière prescrite par les lois de l'État. En Californie, c'est au gouverneur qu'il revient de pourvoir le poste vacant, pour une période qui couvrira le reste du mandat pour lequel le sénateur a été élu.

Dans le cas de Mme Harris, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a décidé de nommer Alex Padilla pour la remplacer.

Fils d'immigrés mexicains, M. Padilla, 47 ans, a été désigné par le gouverneur comme un "guerrier pour le droit de vote et le rêve américain".

"Je suis honoré de la confiance que me place le gouverneur Newsom, et j'ai l'intention de travailler chaque jour pour honorer cette confiance", a déclaré M. Padilla dans un communiqué publié sur son site web.

Dans un entretien, M. Padilla a déclaré qu'il avait été submergé par l'émotion lorsque le gouverneur lui avait proposé le poste lors d'un appel Zoom. "Il y a beaucoup de travail à faire, bien sûr, mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser à mes parents, venus du Mexique pour poursuivre le rêve américain", a-t-il déclaré. "Tout ce que j'ai entendu étant enfant, c'est travailler dur, étudier dur, et tout ce que j'ai toujours voulu faire était d'honorer leurs sacrifices".

Sa nomination intervient après des mois d'intense lobbying parmi les démocrates de Californie, un Etat où la minorité hispanique représente 40% de la population, en vue de désigner le remplaçant de la future vice-présidente des Etats-Unis.

Élevé par un père cuisinier et une mère femme de ménage, Alex Padilla a grandi dans un quartier de Los Angeles touché par la violence des gangs.

Il a travaillé un temps comme ingénieur informatique sur des logiciels pour satellites avant d'entrer en politique à la fin des années 1990, à un moment où les discours anti-immigration fleurissaient en Californie.

Le nouveau sénateur va prêter serment mercredi.

Les Biden, nouvelle Première famille des Etats-Unis

Le nouveau président américain Joe Biden (3e avant à d), sa femme, le Dr Jill Biden (3e à g), et d'autres membres de la famille marchent le long de la route nationale nommée d'après son défunt fils Joseph R. «Beau» Biden III, à Sojevo, Kosovo, le 17 août 2016. (AP/Visar Kryeziu)

Les Etats-Unis s'apprêtent à accueillir la nouvelle première famille, les Biden. C'est une famille soudée, unie notamment par les drames, qui fait son entrée à la Maison Blanche.

Au cours de sa longue carrière politique, Joseph Robinette Biden Jr a pu compter sur le soutien de ses proches mais a aussi dû surmonter plusieurs disparitions.

La Première dame

Jill Biden, la nouvelle Première dame, est sa première alliée.

Elle et Joe Biden se sont mariés en 1977, cinq ans après un tragique accident de voiture qui avait emporté la première épouse de celui qui était alors sénateur du Delaware, Neilia, et leur fille Naomi de 13 mois, laissant leurs deux fils Beau et Hunter grièvement blessés.

Ce sont ces derniers qui lui suggèrent d'épouser celle qui les considère comme ses propres enfants, et avec qui il aura une seconde fille, Ashley.

Jill Biden, 69 ans, connaît bien les couloirs de la Maison Blanche: elle les a parcourus pendant 8 ans, lorsque son mari était le vice-président de Barack Obama.

Titulaire d'un doctorat en sciences de l'éducation, elle enseigne dans une université du nord de la Virginie, près de Washington, où elle veut continuer à travailler pendant le mandat de Joe Biden, comme du temps où elle était "Second Lady".

Elle sera ainsi la première Première dame à poursuivre sa carrière professionnelle, à l'exception de Hillary Clinton, élue sénatrice à la fin du mandat de son mari Bill.

Les enfants Biden

L'histoire de Joe Biden est indissociable de celle de ses enfants, pour le meilleur comme pour le pire. Après la mort de sa première épouse et de sa fille, le natif de Scranton (Pennsylvanie) tout juste élu au Sénat multiplie les allers retours en train depuis le Delaware, à deux heures de Washington, pour élever ses deux fils survivants, Beau et Hunter.

Beau, enfant brillant, intègre l'armée puis devient procureur général du Delaware. On lui prédit un destin national mais il est emporté en 2015 par un cancer fulgurant, laissant Joe Biden fou de douleur.

Hunter, cadet difficile ayant longtemps lutté avec des addictions à l'alcool et à la drogue, n'en a pour autant pas moins le soutien de son père, qui le défend bec et ongles face aux attaques des républicains lors de la campagne électorale de 2020.

Devenu avocat et lobbyiste, Hunter Biden a siégé au conseil d'administration du groupe gazier ukrainien Burisma lorsque son père était numéro deux de Barack Obama, ce qui vaut aux deux d'être accusés de corruption par Donald Trump.

Ashley Biden, 39 ans, milite pour les questions de droits sociaux.

Des soutiens supplémentaires

Mais Joe Biden ne serait rien sans sa soeur Valerie. Celle qui l'aida notamment à élever Beau et Hunter après le décès de sa première épouse, a été de tous ses combats.

Valerie Biden a passé sa vie à porter la carrière politique de son frère, menant toutes ses campagnes électorales -- y compris délégué de classe au lycée -- jusqu'à laisser la place pour celle de 2020, au cours de laquelle elle a continué à l'accompagner, l'aidant entre autres à se préparer aux débats contre Donald Trump.

Chiens et chat

Le 20 janvier, deux bergers allemands devraient trotter aux côtés du démocrate lors de son installation à la Maison Blanche: Champ, dans la famille depuis 2008, et Major, adopté en 2018 dans un refuge.

Et la famille Biden pourrait encore s'agrandir: selon la chaîne CBS, Joe et Jill pourraient adopter un chat, le premier à la Maison Blanche depuis le départ de George W. Bush.

Les États-Unis bientôt de retour dans l'Accord de Paris

Une raffinerie à Port Arthur, Texas, le 2 décembre 2009.

Dès le premier jour de son mandat, Joe Biden veut faire revenir les Etats-Unis au sein de l'Accord de Paris sur le climat. Le président sortant, Donald Trump, était sorti de l'accord en 2019.

Joe Biden avait déjà annoncé qu'il introduirait auprès des Nations Unies la demande du retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris dès le début de son mandat, soit le 20 janvier 2021. Toutefois, conformément au processus, le pays devrait attendre 30 jours avant sa réintégration officielle dans l'accord.

L’accord vise à limiter sous les 2°C l'augmentation de la température moyenne sur Terre, provoquée par l'activité humaine selon le consensus scientifique. Il s’appuie sur des engagements volontaires des Etats de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Toutefois, c’est le premier accord universel et juridiquement contraignant sur le changement climatique. Le texte a été soumis lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) en décembre 2015. Il a été signé par 197 pays et ratifié par 188 d’entre eux.

Les Etats-Unis, deuxième émetteur mondial, sont le seul pays à être sorti de l’accord.

Pour l'administration Trump, la limite sur le taux d'émissions de carbone imposé par l'accord risquait d'entraver la croissance économique des États-Unis. Washington voyait aussi d'un mauvais oeil les dérogations accordées à certains pays en voie de développement, notamment l'Inde et la Chine.

Le retour des États-Unis dans l'accord fait partie de la première vague d'actions envisagées par Biden dans le but d'annuler les décisions de son prédécesseur jugées extrêmes. D'autres décrets attendus concernent l'immigration, la vaccination anti-coronavirus et la politique étrangère.

Selon le quotidien Politico, un mémo sur les priorités publié samedi par le chef de cabinet de Biden, Ron Klain, ne mentionne pas le retour des États-Unis comme pays membre de l'Organisation mondiale de la santé. L'année dernière, l'administration Trump avait retiré les États-Unis de l'OMS et gelé des millions dollars destinés à cette agence onusienne.

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