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RDC

Trois personnes tuées par balles dans une manifestation dans l’Est

Les manifestants crient à côté d'un barrage routier au milieu de l'avenue principale de Beni lors d'une manifestation contre le report des élections sur le territoire des Beni et de la ville de Butembo le 27 décembre 2018.

Trois personnes ont été tuées lundi par des balles tirées par la police dans la répression d'une manifestation contre l'insécurité dans une région de l'est de la République démocratique du Congo, où des tueries sont quasi quotidiennes.

"Il y avait une manifestation au cours de laquelle trois personnes viennent de mourir : un jeune garçon d'environ 25 ans a reçu une balle au niveau de l'abdomen, il est mort à l'hôpital; un pygmée a été atteint par balle, il est mort sur place; un enfant a été atteint aussi par balle et est aussi décédé", a déclaré à l'AFP Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu.

Cet incident a eu lieu à Oicha, cité située à 30 km au nord de la ville de Beni. Les manifestants protestaient contre une attaque survenue la veille et attribuée aux milices ougandaises musulmanes des Forces démocratiques alliées (ADF), au cours de laquelle deux personnes avaient été tuées.

"La police a dispersé les manifestants par des tirs à balles réelles et du gaz lacrymogène, pour l'instant le bilan est de trois morts dont une femme pygmée", a accusé Noella Katongerwaki, présidente de la société civile du territoire de Beni.

Les activités sont "paralysées dans la cité d'Oicha. Nous demandons à l'armée de faire son travail. Nous ne pouvons pas comprendre que notre armée n'arrive toujours pas à nous sécuriser contre les ADF", a ajouté un autre activiste, Janvier Kasairio.

La police a accusé certains manifestants de détenir des armes et a annoncé l'arrestation d'au moins deux d'entre eux.

"Nous avons vu des jeunes gens surgir dans la rue, d'autres barricadaient la route principale, nous les avons dispersés mais certains parmi eux étaient armés. Deux sont déjà aux arrêts, ils étaient en possession d'une arme à feu", a affirmé le colonel Umbi Azalendanya, chef de la police du territoire de Beni, interrogé par l'AFP.

-'Encadrer les manifestants au lieu de les tuer'-

"On ne peut pas tuer les citoyens parce qu'ils manifestent, c'est inacceptable. La police aurait dû encadrer les manifestants au lieu de les tuer. Nous exigeons des enquêtes pour que ces policiers tueurs soient jugés", tempête Jean-Paul Ngahangondi, un élu provincial de Beni.

La maison d'un policier accusé d'être l'auteur du tir qui a coûté la vie au jeune homme de 25 ans a été incendiée par des habitants en colère. L'après-midi, l'ambulance de l'armée circulait dans les rues d'Oicha, ont rapporté des témoins.

Un peu plus au sud, à Butembo, important carrefour commercial, des membres de Veranda Mutshanga, un groupe de pression, ont barricadé la route, brûlé des pneus en signe de protestation contre les tueries de Beni. La police les a dispersés sans causer de dégâts, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

"Une journée ville morte a été observée à l'appel de Veranda Mutshanga, la population a bloqué quelques artères, des magasins sont fermés", a nuancé une source onusienne.

Beni et ses environs - considérés comme zone d'action des miliciens ougandais ADF et repaire de nombreux groupes armés - sont la cible d'attaques meurtrières d'hommes armés depuis octobre 2014.

Cette série de massacres attribués à ce groupe armé sanguinaire a fait plusieurs centaines des morts parmi des civils. Depuis, des actions militaires s'y déroulent sans mettre un terme aux tueries dans cette région érigée en zone opérationnelle.

La semaine dernière, l'armée congolaise avait mis en garde contre toute formation des jeunes aux métiers des armes en dehors des canaux légalement établis dans le Nord-Kivu.

"Les jeunes désireux de servir la patrie sous le drapeau doivent obligatoirement suivre le processus normal de recrutement (...) Autrement, tout mouvement de jeunesse armée, toute milice armée sera considérée comme une force négative et traitée comme telle", avait averti l'armée.

L'Est congolais est en proie à l'insécurité depuis 25 ans. Un récent rapport de l'ONG Human Rights Watch et du Groupe d'étude sur le Congo a répertorié plus de 130 groupes armés dans la seule région du Kivu.

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Le chef de la rébellion rwandaise FDLR tué par l'armée congolaise

Des membres de l'armée congolaise près de Goma, le 27 octobre 2013.

Le commandant des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Sylvestre Mudacumura, recherché par la justice internationale, a été abattu dans la nuit de mardi à mercredi par l'armée congolaise dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Sylvestre Mudacumura a été neutralisé de manière définitive par notre armée. Il a été abattu dans la nuit de mardi à mercredi dans le groupement Bwito", dans le territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP le générale Léon-Richard Kasonga, porte-parole de l'armé.

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"La neutralisation de Sylvestre Mudacumura est une bonne nouvelle pour l'armée congolaise car il était à la tête de la branche radicale des FDLR qui s'est opposée au rapatriement volontaire au Rwanda. Sa neutralisation est un signal fort pour les autres rebelles", a ajouté l'officier sur le compte Twitter de l'armée.

Sylvestre Mudacumura était le commandant suprême des FDLR, dont les combattants sont disséminés dans les provinces congolaises du Nord et du Sud-Kivu ainsi que dans le nord du Katanga. La rébellion rwandaise des FDLR a été créée par des Hutu rwandais réfugiés dans l'est de la RDC après le génocide des Tutsi au Rwanda de 1994 (qui a fait plus de 800.000 morts selon l'ONU).

Ils sont opposés au pouvoir de Kigali. Les fondateurs de ce mouvement, ainsi qu'un certain nombre de ses plus anciens combattants, sont recherchés par la justice internationale qui les accuse d'avoir pris une part active au génocide et aux massacres des Hutus modérés.

Les FDLR n'ont pas mené d'action militaire d'envergure au Rwanda depuis 2001. Ils sont régulièrement accusés de commettre des atrocités contre les civils dans les zones sous leur contrôle dans l'est de la RDC, de recruter de force des enfants et de piller des villages, en plus de se livrer à de lucratifs trafics d'or et de bois.

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