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RDC

16 manifestants contre des opérateurs téléphoniques arrêtés à Beni

Des militants du mouvement Lucha (Lutte pour le changement) lors sit-in à Beni, Nord-Kivu, DRC, le 29 avril 2019. (Facebook/Lucha Beni)

Seize activistes pro-démocratie ont été arrêtés dans la nuit de dimanche à lundi au troisième jour d'un sit-in devant les locaux d'un opérateur téléphonique à Beni dans l'est de la République démocratique du Congo, pour exiger des services de qualité, selon des sources concordantes.

"Depuis jeudi, nous organisions des rotations jour et nuit devant les sièges des entreprises téléphonique, a expliqué à l'AFP Joseph Katevo, un militant du mouvement Lutte pour le changement (Lucha).

"Cette nuit (de dimanche à lundi), 16 camarades de l’équipe qui était devant les bureaux de Airtel ont été interpellés par la police et conduit à l’état-major", a-t-il affirmé.

"Nous les avons arrêtés devant les locaux de Airtel-Beni, 16 au total dont une fille", a confirmé à l'AFP le colonel Safari Kazingufu, chef de la police de la ville de Beni dans la province du Nord-Kivu.

Ce mouvement d'humeur contre les opérateurs téléphoniques par des membres du mouvement citoyen Lucha était lancé simultanément jeudi à Beni et Kinshasa. Les manifestants demandent des services téléphoniques moins chers et de meilleure qualité.

En RDC, l'essentiel des abonnements est constitué de crédits pré-payés, et la dépense moyenne mensuelle par utilisateur est de quelques dollars, selon un opérateur du secteur.

Les écarts de revenus sont énormes dans ce géant d'Afrique centrale où une infime minorité peut rester connectée avec des smartphones modernes, tandis que des millions d'autres Congolaisne gagnent que quelques dollars par jour.

Lucha est un mouvement de jeunes indignés né à Goma (capitale du Nord-Kivu), qui se dit apolitique et non partisan, tout en luttant en faveur des plus démunis et de la démocratie.

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Des morts dans une embuscade contre des jeunes près de Beni

Le personnel médical de l'hôpital d'Oicha soigne un homme gravement blessé à la tête après une attaque perpétrée par des assaillants inconnus dans son village voisin, à Oicha, le 29 janvier 2020.

Au moins quatre personnes, dont une adolescente, ont été tuées dans une embuscade tendue à un groupe de jeunes dans la région de Beni, l'un des principaux foyers de violence de l'Est de la République démocratique du Congo, après quelques jours d'accalmie.

"Nous venons d'enregistrer quatre morts" , trois garçons et une fille de 16 ans, dans une embuscade contre "un groupe de jeunes qui allaient effectuer des travaux (d'intérêt) communautaires", a déclaré à l'AFP Richard Kivanzanga, administrateur assistant du territoire de Beni, province du Nord-Kivu (Est).

M. Kivanzanga a accusé les Forces démocratiques alliées (ADF) d'être responsable de la tuerie qui a eu lieu dans le village Makele, situé à 10 km d'Oïcha, dans le territoire de Beni.

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF se sont installés dans les années 1990 dans cette région, une des plus dangereuses de l'est du pays.

Des civils y sont régulièrement kidnappés dans leurs champs ou tués dans leurs maisons, dans des épisodes de violences qui se suivent et se ressemblent depuis octobre 2014 dans cette région, faisant plus de 1.000 morts.

Depuis le début du mois d'août, aucune attaque n'avait été rapportée dans cette région où l'armée poursuit ses opérations "d'envergure" lancées contre les ADF depuis octobre 2019.

L'Est de la RDC est violemment disputé par des dizaines de groupes armés, congolais et étrangers depuis près de 30 ans.

L'Union européenne est contre la réinsertion des anciens miliciens congolais

Les membres d'une milice dans les haut-plateaux, au Sud-Kivu, RDC, avril 2017. (VOA/Charly Kasereka)

Le représentant de l'Union européenne a appelé à ne pas "récompenser les auteurs de crimes de sang", en réinsérant dans l'armée des anciens rebelles et miliciens en République démocratique du Congo, déchirée par des violences meurtrières depuis près de 30 ans.

Les programmes de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) des anciens miliciens peuvent constituer un outil intéressant pour mettre fin aux violences, mais "il faut éviter de récompenser les auteurs de crimes de sang en les intégrant dans l'armée ou en les +réinsérant+", a affirmé Jean-Marc Chataigner, ambassadeur de l'Union européenne en RDC.

Depuis près de trois décennies, Kinshasa négocie les redditions des groupes armés avant d'intégrer combattants et commandants au sein de l'armée régulière, sans jamais parvenir à mettre fin à l'activisme des miliciens dans sa partie orientale.

"Il n'y aura pas de paix durable en RDC sans justice rendue aux victimes", a-t-il ajouté, dans un message transmis à l'AFP, après une réunion à Kinshasa.

Celle-ci a associé les partenaires au développement de la RDC et Claude Ibalanky, conseiller à la présidence et coordonnateur congolais du Mécanisme national de suivi de l'accord d'Addis-Abeba (accord régional signé en février 2013 pour tenter de ramener la paix dans la région des Grands Lacs).

La situation d'insécurité qui prévaut dans l'est de la RDC (Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu) et les moyens à mettre en œuvre pour ramener la paix dans cette région des Grands Lacs, meurtrie par des années de conflits et d'exactions ont été abordés lors de la réunion, a précisé le représentant européen.

Depuis près de 30 ans, l'Est de la RDC est violemment disputé par des dizaines de groupes armés, congolais et étrangers.

Pour M. Chataigner, les facteurs de crises sont nombreux: "tensions communautaires et agro-pastorales, liens des groupes armés (on n'en compte pas moins de 135 actifs) avec des intérêts miniers illicites, pauvreté et chômage massif des jeunes, instrumentalisation des tensions à des fins politiques (par des +tireurs de ficelle+ extérieurs)".

La réponse à "ce +désordre généralisé+ implique la restauration de l'autorité de l'État congolais, à travers des moyens politiques, économiques, militaires et de développement", a estimé le diplomate européen.

Le kényan Equity group holdings acquièrt 66,53 % d'actions de la Banque commerciale du Congo

L'entrepreneur belgo-congolais George Forrest dans son bureau de Lubumbashi le 16 février 2018. Ce fils d'un Néo-Zélandais, installé dans l'ancienne colonie belge, a réussi à bâtir l'une des plus grandes fortunes d'Afrique. / AFP PHOTO / SAMIR TOUNSI

En République démocratique du Congo, le millionnaire belge George Forrest, actionnaire majoritaire de la plus ancienne banque privée du pays, a vendu ses parts à la firme kényane Equity group holdings, selon un communiqué du groupe kényan publié mercredi.

"Je vends mes actions à Equity Group Holdings dans l'espoir que cette institution devienne la plus grande banque du Congo", a déclaré l'homme d'affaire belge installé en RDC George Forrest, cité par le communiqué de Equity annonçant la cession.

"Aujourd'hui, Equity Group Holding a annoncé la finalisation de l'acquisition de 66,53 % d'actions de la Banque commerciale du Congo (BCDC) pour un montant total de 95 millions de dollars", a précisé le groupe bancaire kényan opérant en RDC depuis 2005.

L'empire Forrest opère en RDC depuis 1922, principalement dans les mines dans la province de l'ex-Katanga (sud-est).

Il avait acquis en 2009 plus des deux tiers des actions de la Banque commerciale du Congo (BCDC), la plus vielle banque privée du pays, installée de manière ininterrompue en RDC depuis 1909.

"Nous sommes convaincus que la fusion et le regroupement de ces deux filiales produiront une banque fusionnée avec un total bilan de plus de deux milliards de dollars", note Equity, quatrième banque sur la vingtaine active en RDC, persuadée que "l'entité fusionnée est en passe de devenir la plus grande institution bancaire en RDC dans un délai d'un an".

La création de ce nouveau groupe bancaire intervient alors que la première banque privée du pays, Rawbank, est impliquée dans une vaste enquête anti-corruption, soupçonnée de complicité de détournement de fonds publics destinés à financer les grands chantiers lancés par le nouveau chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, il y a un an.

George Forrest, 79 ans, est l'une des plus grandes fortunes d'Afrique francophone.

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