Liens d'accessibilité

3 mois avec sursis requis contre un journaliste malien pour diffamation envers le fils d'IBK


Le président Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, 19 mai 2017.

Le procureur de la République ne s'est pas prononcé sur la demande de dommages intérêts de Karim Keïta, qui réclame 4 milliards de francs CFA (environ 6 millions d'euros), s'en remettant à la décision de la Cour.

Trois mois de prison avec sursis ont été requis mercredi contre le directeur de publication de l'hebdomadaire privé malien "Le Sphinx", poursuivi pour diffamation par le président de la commission Défense de l'Assemblée nationale, Karim Keïta, fils du chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta.

Le procureur de la République ne s'est pas prononcé sur la demande de dommages intérêts de Karim Keïta, qui réclame 4 milliards de francs CFA (environ 6 millions d'euros), s'en remettant à la décision de la Cour.

Un important dispositif de sécurité était déployé à l'intérieur et autour du tribunal, en l'absence du plaignant, représenté par quatre avocats, selon un correspondant de l'AFP.

Les réquisitions ont été prononcées en l'absence des avocats de la défense, qui avaient menacé de ne pas revenir à la reprise de l'audience après la suspension de la mi-journée, estimant que les conditions d'un procès équitable n'étaient pas réunies, eu égard au "statut du plaignant".

Le directeur de la publication du "Sphinx", Adama Dramé, était présent mais ne s'est pas exprimé.

Le procureur a requis contre lui trois mois de prison avec sursis et une amende de 100.000 FCFA (environ 150 euros).

Le procès a été mis en délibéré au 20 juin 2017.

"Le Sphinx" avait accusé dans deux éditions, le 31 mars et 7 avril, Karim Keïta d'avoir aidé un homme d'affaires malien à échapper à la justice.

Il avait aussi affirmé dans un article publié le 14 avril que le fils du chef de l'Etat avait acheté un hôtel à Bamako à plus de 6 millions d'euros et acquis un terrain à proximité pour y faire construire une station-service.

"Ce procès apportera la preuve que mon client a été diffamé. Nous avons du respect pour la liberté de presse mais cette liberté de presse ne signifie pas qu'il faut diffamer", avait déclaré à l'AFP Me Mamadou Diarra, avocat de Karim Keïta, à l'ouverture du procès le 30 mai.

Karim Keïta fait souvent la Une de presse malienne, qui le crédite d'une grande influence dans les milieux politiques et des affaires.

Il a démenti "les pouvoirs de faire et de défaire" des hommes politiques qu'on lui prête, ainsi que ses rapports avec le monde des affaires, dans une récente émission à la la télévision publique.

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG