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Trois journalistes vietnamiens emprisonnés

Les journalistes indépendants de l'Association des journalistes indépendants du Vietnam Pham Chi Dung, à droite, Le Huu Minh Tuan, au centre, et Nguyen Tuong Thuy se présentent lors de leur procès le 5 janvier 2021.

Trois journalistes vietnamiens ont été condamnés mardi à des peines de 11 à 15 ans de prison pour avoir critiqué le régime communiste, sur fond de répression croissante à l'approche du congrès du Parti.

Les congrès du Parti communiste, qui ont lieu tous les cinq ans, permettent de renouveler les membres du comité central et du bureau politique, l'instance dirigeante suprême qui en est issue.

Dans les mois qui précèdent, théâtres d'intenses tractations, les autorités ont l'habitude d'intensifier leur répression afin de prévenir toute perturbation.

Pham Chi Dung, Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh Tuan, membres de l'Association des journalistes indépendants du Vietnam et connus pour leurs plaidoyers en faveur de la démocratie, ont été reconnus coupables, lors d'un procès expéditif à Ho Chi Minh-Ville, d'avoir "fourni et diffusé des informations en ligne contre la République socialiste du Vietnam".

Ils ont aussi été condamnés pour avoir "régulièrement été en contact avec des opposants au régime" à l'intérieur et à l'extérieur du pays avant leur arrestation fin 2019 et mi-2020.

Les trois hommes ont reconnu avoir écrit des articles "pour soutenir la liberté d'expression et d'autres droits", mais ont démenti avoir diffusé des informations contre le régime communiste.

"La sévérité des peines montre à quel point la censure est importante à l'approche du prochain congrès", a relevé Emerlynne Gil d'Amnesty International. "Le seul crime de ces journalistes est d'avoir osé discuter de politique et d'autres questions d'intérêt public".

Les Etats-Unis ont réagi en se disant "déçus" par ces peines. "Ces dures sentences sont les dernières d'une tendance inquiétante à des arrestations et des condamnations dirigées contre des citoyens vietnamiens exerçant leurs droits", a déclaré un porte-parole du département d'Etat américain.

"Nous appelons le gouvernement vietnamien à s'assurer que ses actions sont en phase avec les dispositions sur les droits humains de sa constitution et ses obligations internationales", a-t-il ajouté.

170 prisonniers politiques sont actuellement incarcérés dans le pays, selon les données de l'ONG.

Le XIIIe congrès du Parti communiste vietnamien se tient du 25 janvier au 2 février à Hanoï.

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Regain du discours incitant à la haine en RDC, selon l'ONU

Le gouverneur du Sud-Kivu à Walungu, le 2 janvier 2020. 39% des allégations de discours de haine proviennent de la province troublée du Sud-Kivu selon l'ONU.

Un regain de discours et messages incitant à la haine a été enregistré en République démocratique du Congo, dans un contexte de compétions politiques, selon un rapport publié lundi par le Bureau conjoint des Nations-unies aux droits de l'Homme (BCNUDH).

"La propagation rapide des discours haineux en République démocratique du Congo à travers notamment les réseaux sociaux, les radios locales, les tracts et la presse écrite est un sujet de préoccupation majeure, en particulier depuis la fin des élections du 30 décembre 2018", a écrit dans son rapport le BCNUDH.

"Ces discours sont pour la plupart liés au débat sur la citoyenneté congolaise, à la persistance de l'impunité, aux conflits fonciers et autour de la transhumance, aux compétitions pour le pouvoir et à la diffusion de fausses nouvelles", a-t-il ajouté.

"Entre mai et décembre 2020, le BCNUDH a reçu des allégations sur 30 cas probables de discours et messages incitatifs à la haine, parmi lesquels 16 ont été identifiés comme des cas avérés d'incitation à la haine selon le seuil requis" par le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

Sur les 30 cas, 39% d'allégations provenaient de la province troublée du Sud-Kivu, suivie de la capitale Kinshasa avec 19%. 62% des cas ont des motivations politiques.

Au total, ces discours sont documentés dans 15 des 26 provinces congolaises, "autant dans les provinces non affectées par les conflits armés que dans les zones où les groupes armés sont actifs", ont regretté le BCNUDH et la mission de l'ONU en RDC (Monusco) dans un communiqué conjoint.

"Ces discours agissent à la fois comme un indicateur d'alerte précoce et un déclencheur potentiel de violence en soi", note le BCNUDH qui rappelle que les discours de haine sont considérés comme des crimes internationaux.

Afin de lutter contre la flambée des discours de haine, le BCNUDH appelle les autorités congolaises à "renforcer" la législation en se conformant "aux normes et standards du droit international des droit de l'homme afin de préserver les libertés d'opinion, d'expression, d'association et de réunion pacifique".

Le prince Harry dénonce la presse britannique

Le prince Harry et son épouse américaine, Meghan Markle le 24 février 2019.

La pression de la presse britannique "détruisait ma santé mentale", a affirmé le prince Harry pour expliquer sa décision de se mettre en retrait de la famille royale, lors d'un entretien diffusé jeudi soir à la télévision américaine.

"C'était une période très difficile. Nous savons tous comment la presse britannique peut se comporter, cela détruisait ma santé mentale, c'était nocif", a dit le duc de Sussex au présentateur du "Late Late show", James Corden, lors de cette interview filmée à bord d'un bus à impériale à Los Angeles.

"J'ai donc fait ce que tout époux ou père aurait fait (...), je devais mettre ma famille à l'abri", a expliqué le petit-fils de la reine Elizabeth II d'Angleterre.

Quant à sa décision de quitter ses fonctions au sein de la monarchie début 2020 et de s'installer aux Etats-Unis avec son épouse américaine, Meghan Markle, "cela n'a jamais été un départ, c'était un pas en arrière plutôt qu'un retrait", a-t-il dit.

Le prince Harry, 36 ans, sixième dans l'ordre de succession à la couronne britannique, a dénoncé à de multiples reprises la pression des médias sur son couple et en a fait la raison principale de sa mise en retrait de la famille royale, effective depuis avril 2020.

Le palais de Buckingham a annoncé la semaine dernière que le couple allait perdre ses derniers titres, notamment les titres militaires du prince auxquels il est très attaché. Meghan Markle, ancienne actrice, perdra ses patronages caritatifs.

Harry et Meghan, avec leur fils Archie, vivent dans une luxueuse villa près de Los Angeles, et ont déjà signé des contrats avec les plateformes Netflix et Spotify.

"Qu'importe la décision que j'ai prise, ma vie est dédiée au service public", a assuré Harry, 36 ans, qui oeuvre pour des causes humanitaires à travers une fondation, Archewell.

Tout en critiquant les médias, le couple les utilise régulièrement pour faire passer ses messages: Meghan, 39 ans, a ainsi annoncé récemment dans le New York Times qu'elle avait fait une fausse couche en juillet.

Le couple a alimenté la chronique en annonçant le jour de la Saint-Valentin qu'il attendait un deuxième enfant.

Meghan et Harry doivent aussi s'expliquer sur leur décision de se mettre en retrait dans un long entretien avec la star de l'interview confession Oprah Winfrey, qui sera diffusé le 7 mars à la télévision américaine.

Lors de l'entretien avec James Corden, Harry évoque également la série télévisée à succès de Netflix "The Crown", qui revient sur le règne d'Elizabeth II.

"C'est de la fiction, vaguement basée sur la vérité. Bien sûr, ce n'est pas complètement fidèle" à la réalité, dit-il. "Mais je me sens bien plus à l'aise avec +The Crown+ qu'avec les histoires écrites (dans la presse) sur ma famille, ma femme, ou moi".

Affaire Jamal Khashoggi: l'administration Biden publie un rapport qui accable le prince héritier saoudien

Une policière turque passe devant la photo du journaliste saoudien Jamal Khashoggi avant une cérémonie, près du consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, marquant le premier anniversaire de sa mort, le 2 octobre 2019.

Le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohamed ben Salman, avait validé l'exécution du journaliste Jamal Khashoggi, basé aux Etats-Unis, selon l'extrait d'un dossier secret rendu public par l'administration Biden vendredi.

M. Khashoggi, un journaliste saoudien, était l'ancien rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan et chroniqueur au Washington Post. Il a été tué le 2 octobre 2018, peu après son entrée au consulat saoudien à Istanbul, en Turquie.

Selon sa fiancée qui l'accompagnait au consulat, il était allé renouveler son passeport. On ne le reverra plus jamais.

Dans une plainte introduite en 2020, la fiancée, Hatice Cengiz, déclare au tribunal que des agents saoudiens ont "lié, drogué, torturé et assassiné" Jamal Khashoggi puis "démembré son corps". Ne sachant pas ce qui se passait à l’intérieur du bâtiment, elle l'a attendu dehors pendant plus de 12 heures. Les restes de M. Khashoggi n'ont jamais été retrouvés ni rendus, précise-t-elle dans sa plainte.

Le rapport avait été préparé beaucoup plus tôt mais l'administration Trump avait gelé sa publication, malgré les objections du Congrès, selon le quotidien USA Today. Il contient les noms d'une vingtaine de personnes qui auraient participé à la mort du journaliste.

Jamal Khashoggi avait 48 ans au moment de sa disparition.

"Nous estimons que le prince héritier d'Arabie Saoudite, Muhammad bin Salman, a approuvé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi", lit-on dans le rapport.

Plus loin, ont lit:"Depuis 2017, le prince héritier exerce un contrôle absolu des agences de sécurité et de renseignement du Royaume saoudien, ce qui rend très improbable que des fonctionnaires aient mené une opération de cette nature sans son autorisation".

Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi, assiste à un événement marquant le premier anniversaire de son assassinat, à Istanbul, Turquie, le 2 octobre 2019.
Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi, assiste à un événement marquant le premier anniversaire de son assassinat, à Istanbul, Turquie, le 2 octobre 2019.

Selon le rapport américain, le journaliste était surveillé par le gouvernement saoudien, quoi que vivant à l'étranger.

Un fait qui avait été confirmé par l'organisation à but non lucratif Freedom House, qui, début février, a identifié l'Arabie saoudite comme l'un des pays qui mènent des vastes "campagnes de répression transnationales", avec le Rwanda, la Chine, l'Iran, la Russie et la Turquie.

Quelques semaines après la mort de M. Khashoggi, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait pointé du doigt le gouvernement saoudien lors d’un discours prononcé devant le parlement à Ankara. Il avait aussi demandé au gouvernement saoudien d'extrader vers la Turquie les personnes impliquées dans la mort du journaliste, argumentant que la Turquie avait le droit de les poursuivre en justice vu que le meurtre présumé avait été commis sur son territoire.

Malgré la publication du dossier, il est difficile de savoir si les auteurs présumés – et encore moins le prince – seront sanctionnés par le gouvernement américain.

La veille, le président Joe Biden avait eu une conversation téléphonique avec le roi Salman d'Arabie saoudite. Aucune mention du dossier Khashoggi ne figure dans le compte-rendu officiel publié par la Maison Blanche.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une association à but non lucratif qui défend la liberté de la presse, place l'Arabie saoudite parmi les pires endroits au monde pour exercer le métier de journaliste.

Libéré, le journaliste algérien Drareni continue le combat

Libéré, le journaliste algérien Drareni continue le combat
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Biden déclassifie le rapport sur le meurtre de Jamal Khashoggi

Des gens tiennent des photos du journaliste saoudien Jamal Khashoggi lors d'un rassemblement pour marquer le deuxième anniversaire de son meurtre au consulat saoudien, à Istanbul, en Turquie, le 2 octobre 2020.

L'administration Biden veut déclassifier un rapport des services de renseignement sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, selon Avril Haines, cheffe du renseignement. Ce dossier pourrait impliquer le prince héritier d'Arabie saoudite dans cet assassinat.

Jamal Khashoggi, journaliste du Washington Post et résident américain qui a écrit des articles critiques sur le prince héritier saoudien, aurait été brutalement assassiné par des agents saoudiens dans l'enceinte du consulat saoudien en Turquie en octobre 2018.

Même si les médias avaient déclaré que les renseignements américains avaient déterminé avec assez de certitude que le prince Mohammed ben Salman avait ordonné le meurtre, ces allégations n'ont jamais été officiellement publiées jusqu'ici.

Le prince héritier nie toute implication dans cette affaire.

Les autorités saoudiennes soutiennent que sa mort était le fruit d'une équipe d'agents chargés de ramener le journaliste dans le royaume.

Cinq personnes ont été condamnées à mort pour le meurtre par un tribunal saoudien, mais ces condamnations ont été commuées en 20 ans de prison en septembre dernier, selon divers rapports de presse.

Que sait-on du rapport?

Le rapport des renseignements américains, qui devrait être publié plus tard jeudi, conclut que le prince héritier Mohammed ben Salman a approuvé "et probablement ordonné" le meurtre de Khashoggi, ont déclaré quatre responsables américains à l'agence de presse Reuters.

Ils ont déclaré que la Central Intelligence Agency (CIA) - l'agence d'espionnage américaine à l'étranger - était le principal contributeur au rapport.

Le parquet saoudien et le prince Mohammed insistent sur le fait que ce dernier n'avait aucune connaissance du meurtre.

Les responsables américains pensaient qu'une telle opération aurait nécessité l'approbation du prince.

Le Washington Post, pour lequel Khashoggi travaillait, avait écrit à l'époque que la CIA avait conclu que le prince héritier avait ordonné l'assassinat de Khashoggi, qui critiquait régulièrement le gouvernement saoudien dans ses colonnes.

Le Post avait déclaré que l'évaluation de la CIA était basée en partie sur un appel téléphonique passé par le frère du prince héritier, le prince Khalid ben Salman, alors ambassadeur saoudien aux États-Unis.

Le prince Khalid, qui est maintenant vice-ministre de la Défense, aurait appelé Khashoggi sous la direction de son frère et lui aurait donné l'assurance qu'il serait en sécurité pour se rendre au consulat d'Istanbul. Le prince Khalid a par la suite nié toute communication avec le journaliste.

En 2019, la rapporteure spéciale de l'ONU, Agnès Callamard, a accusé l'État saoudien d '"exécution délibérée et préméditée" de Khashoggi et a rejeté le procès saoudien comme une "antithèse de la justice".

À quoi peut-on s'attendre après la publication du rapport?

La publication du rapport Khashoggi soulèvera une foule de nouvelles questions et pourrait redéfinir les relations entre les États-Unis et l'Arabie saoudite.

Au cours de la campagne électorale de 2020, M. Biden a lancé des attaques cinglantes contre le prince héritier, affirmant que l'Arabie saoudite devait être traitée comme "un paria".

On s'attend à ce que le gouvernement Biden cherche à freiner les ventes d'armes à l'Arabie saoudite, mais elle pourrait également prendre des mesures plus ciblées contre le prince Mohammed, y compris des sanctions financières.

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