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Trois femmes finalistes du prix Martin Ennals

La militante des droits des femmes, Luisa Kislinger, devant le logo d'Amnesty International à Caracas au Venezuela le 20 février 2019.

Une avocate yéménite qui dénonce l'existence de prisons secrètes, une Mexicaine qui lutte contre les fémicides et une militante sud-africaine pour les droits des femmes ont été nominées mardi pour ce prestigieux prix des droits humains.

C'est la première fois que le jury du Prix Martin Ennals a sélectionné trois femmes pour la phase finale. Le lauréat de ce prix, qui porte le nom du premier secrétaire général d'Amnesty International, décédé en 1991, sera annoncé le 19 février à Genève.

Au Yémen, où le conflit fait rage depuis 2015 entre rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, et une coalition dirigée par l'Arabie Saoudite, l'avocate Huda Al-Sarari, 42 ans, a dévoilé l'existence de nombreuses prisons secrètes "où les pires violations des droits humains ont été commises: tortures, disparitions ou encore exécutions sommaires", indique l'association dans un communiqué. Elle "a ainsi recueilli des preuves sur plus de 250 cas d'abus commis dans les prisons".

Une autre finaliste est une activiste mexicaine qui a débuté sa carrière de défenseure des droits humains le jour où sa fille, Paloma, a disparu en rentrant de l'école à Chihuahua dans le nord du Mexique. Norma Ledezma, 53 ans, s'est depuis consacrée à la promotion de la justice pour les familles et les victimes de fémicides, de disparitions et de trafics d'êtres humains, en soutenant plus de 200 enquêtes.

Le Mexique a le taux de fémicides le plus élevé d'Amérique Latine, avec plus de 3.500 cas par an, indique le communiqué. "Norma Ledezma a reçu de nombreuses menaces de mort, mais elle ne lâche rien et continue son travail, non seulement pour obtenir justice pour le meurtre de sa fille, mais pour toutes les jeunes femmes assassinées", ont souligné les organisateurs.

La troisième finaliste est une Sud-Africaine de 73 ans, Sizani Ngubane, qui a consacré sa vie à la promotion de l'égalité des genres et à la défense des droits des femmes et des autochtones. Elle a commencé sa carrière au sein de l'ANC avant de fonder en 1998 le Rural Women's Movement (RWM), une organisation qui lutte contre les violences de genre et pour l'accès des femmes à la terre, à l'éducation, aux droits fonciers, à la propriété et à l'héritage dans les juridictions qui sont soumises au droit coutumier.

Doté de 30.000 francs suisses, le prix Martin Ennals est attribué chaque année par dix organisations, dont Amnesty International et Human Rights Watch.

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Renault-Nissan-Mitsubishi vise désormais la rentabilité plutôt que les volumes

Les gens passent devant le siège de Mitsubishi Motors Corp, qui est allié à Renault-Nissan, le lundi 26 novembre 2018 à Tokyo. (Photo AP / Koji Sasahara)

Les constructeurs automobiles Renault, Nissan et Mitsubishi Motors ont annoncé mercredi qu'ils visaient désormais prioritairement la rentabilité et mettaient fin à la course aux volumes, rompant avec la stratégie de l'ancien patron déchu Carlos Ghosn.

"L'alliance est la clé de voûte de notre résilience (...). Aujourd'hui, (elle) se recentre sur l'efficience et la compétitivité plutôt que sur les volumes", a déclaré le président du partenariat franco-japonais, Jean-Dominique Senard, lors d'une conférence de presse.

Depuis l'arrestation de M. Ghosn au Japon en novembre 2018 pour des malversations présumées, cette alliance unique dans l'industrie automobile a vécu une descente aux enfers, après avoir atteint la première place mondiale des ventes automobiles en écoulant plus de 10,6 millions d'unités.

Ces volumes record, qui faisaient la fierté de M. Ghosn désormais réfugié au Liban, n'auront pas été d'un grand secours pour les trois partenaires en crise. Leur rentabilité avait sombré avant même le début de la pandémie de Covid-19.

"Ces dernières années nous nous sommes trop concentrés sur la stratégie d'expansion qui a provoqué une hausse massive des coûts fixes", a reconnu Osamu Masuko, patron de Mitsubishi Motors, en référence aux surcapacités des usines de l'alliance.

La nouvelle stratégie présentée mercredi prévoit de développer et produire en commun "près de 50%" des modèles des trois constructeurs à l'horizon 2025. Elle resserre les liens de partenaires voués à s'entendre pour sortir de la crise.

Cette mise en commun "devrait permettre de réduire les coûts et les dépenses d'investissements par modèle jusqu'à 40% pour les véhicules conçus sous ce nouveau schéma".

Ces annonces interviennent alors que Nissan et Renault doivent dévoiler respectivement jeudi et vendredi des plans d'économie sévères incluant des fermetures de sites et des suppressions de postes.

Elles ont été très bien accueillies à la Bourse de Paris, où le titre Renault s'envolait de 15% vers 12H00.

Le plan évoque un schéma de "leader-follower", avec une entreprise référente par modèle, par zone géographique et par technologie, les deux autres partenaires bénéficiant des savoir-faire et capacités industrielles du chef de file.

- Plus de standardisation -

L'objectif est de renforcer "la standardisation (...), depuis la plateforme jusqu'au véhicule complet". La production de véhicules conçus en commun sera regroupée dans une seule usine "lorsque cela (sera) jugé pertinent".

A titre d'exemple, le renouvellement des SUV (4x4 urbains) de taille moyenne (Renault Kadjar, Nissan Qashqai) sera mené par Nissan, et celui des petits SUV (Renault Captur, Nissan Juke) par Renault.

Concernant la répartition géographique, Nissan deviendra le référent en Chine, Amérique du Nord et Japon. Renault le sera pour l'Europe, la Russie, l'Amérique du Sud et l'Afrique du Nord. Mitsubishi Motors sera leader pour les pays d'Asie du Sud-Est et l'Océanie.

En matière de technologies, Nissan prendra les commandes sur la conduite autonome et sur les motorisations des futurs modèles électriques développés sur des plateformes dédiées.

Renault sera responsable des technologies de connectivité (sauf en Chine où ce sera Nissan) et sur l'architecture électrique-électronique des véhicules. Le groupe au losange aura également la responsabilité des motorisations des véhicules électriques dérivés de plateformes thermiques.

Enfin, Mitsubishi sera référent sur les technologies hybrides rechargeables (essence-électrique) des véhicules de moyenne et grande taille.

Le journal français Le Figaro affirme que Renault prévoit de supprimer plus de 10% de ses effectifs français d'ici à 2024. Nissan pourrait supprimer 15% de ses emplois dans le monde d'ici à 2023.

Renault a dévoilé en début d'année ses premières pertes en dix ans et a été contraint de solliciter un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros. Nissan annoncera jeudi des résultats attendus aussi dans le rouge. Mitsubishi doit annoncer un plan d'économie fin juillet ou début août.

Le renouvellement des dirigeants chez Renault et Nissan, impulsé par M. Senard, semble en tout cas avoir permis de tourner la page d'une année de crise entre Français et Japonais dans le sillage de l'affaire Ghosn.

Mais le partenariat, qui repose sur des participations croisées (Renault possède 43% de Nissan, qui détient lui-même 15% du groupe au losange et 34% de Mistubishi), n'a pas vocation à se transformer en groupe intégré comme Volkswagen ou Toyota. "Nous n'avons pas de projet de fusion (...) ni besoin de fusion pour être efficace", a affirmé M. Senard.

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