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Trois ans après, l'Europe déstabilisée par la crise des migrants

Un migrant africain s'entretient avec un responsable du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à bord du navire "Sarost 5" amarré dans le port de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, le 1er août 2018.

Il y a trois ans, Angela Merkel était applaudie, comparée à "Mère Teresa" pour avoir le 4 septembre 2015 laissé les frontières de l'Allemagne ouvertes à des dizaines de milliers de réfugiés arrivant du Proche-Orient via les Balkans.

Aujourd'hui, ce sont les images d'extrémistes de droite chassant les étrangers dans les rues de Chemnitz en faisant le salut hitlérien qui font la Une.

Un contraste saisissant qui illustre le changement d'ampleur tectonique que connaît, au-delà de l'Allemagne, l'Europe toute entière avec la "crise des réfugiés", marquée par l'arrivée depuis 2015 de plus de trois millions d'entre eux dans l'UE.

De toutes les crises qu'a connues l'Europe, de l'euro à l'Ukraine, "il s'agit de la plus grave" et qui "n'est pas résolue", estime le politologue bulgare Ivan Krastev dans une récente interview au quotidien Die Welt.

Elle "provoque un conflit énorme entre l'Europe de l'Ouest et de l'Est" et "il y a un tournant conservateur en Europe" avec des tendances partout au repli national dans une atmosphère de "panique démographique", explique-t-il.

Brexit

Le Royaume-Uni s'apprête à quitter l'UE suite à un vote en faveur du Brexit très marqué par la question migratoire, l'Italie a élu le premier gouvernement populiste d'Europe occidentale, dans tous les pays les mouvements anti-migrants ont le vent en poupe et Angela Merkel paraît très affaiblie.

Même le président américain Donald Trump souffle sur les braises. "Grosse erreur dans toute l'Europe que de laisser entrer des millions de personnes qui ont si fortement et violemment changé leur culture!", tweetait-il en juin en accusant l'Allemagne au premier chef.

Le dossier des migrants "a fait d'Angela Merkel un épouvantail pour une partie des Allemands et lui a presque coûté son poste", analyse le quotidien Süddeutsche Zeitung.

La chancelière affirme toujours ne pas regretter sa décision du 4 septembre 2015 pour raisons humanitaires, un grand nombre fuyant alors la guerre en Syrie.

"Nous allons y arriver", assurait-elle alors aux Allemands. Une phrase avec laquelle elle a entretemps pris ses distances.

Comme dans de nombreux autres pays, la chancelière a aussi depuis durci nettement sa politique migratoire. Après l'arrivée depuis d'un million de demandeurs d'asile dans la première économie européenne en 2015 et 2016, ce nombre devrait être inférieur à 200.000 cette année.

Même tendance dans toute l'UE, où l'an dernier le chiffre global est redescendu à 650.000 environ. L'intégration des demandeurs d'asile via le travail montre aussi des succès en Allemagne notamment, grâce à une économie florissante.

'Plus grand défi'

Mais une partie de l'opinion accuse les demandeurs d'asile d'être responsables d'une hausse de l'insécurité. Depuis le meurtre il y a une semaine d'un Allemand de 35 ans à Chemnitz, pour lequel la justice soupçonne un demandeur d'asile irakien, l'extrême droite nationale mobilise dans la rue contre les étrangers.

"La question de l'immigration reste le plus grand défi" de l'Europe, juge dans une note d'analyse Stefen Lehne, professeur à la Fondation Carnegie Europe.

"Même si le nombre d'arrivées baisse, l'hystérie croît elle dans un contexte où les mouvements populistes mais aussi un nombre croissant de gouvernements plus traditionnels se nourrissent des sentiments anti-migrants". Une tendance qui devrait se retrouver dans les urnes lors des élections européennes l'an prochain.

L'historien britannique Niall Ferguson se veut lui encore plus pessimiste. "Bien loin de mener à une fusion, la crise migratoire de l'Europe conduit à une scission", chaque Etat faisant cavalier seul, juge-t-il dans une note.

"Je pense de plus en plus que la question migratoire sera perçue par les futurs historiens comme le solvant fatal de l'Union européenne" et "le Brexit comme un premier symptôme".

Un avis que ne partage pas Stefan Lehne de Carnegie. Pour lui, le débat en cours "pourrait servir de catalyseur en vue d'un changement positif" permettant de "clarifier" la situation et de mieux préparer l'avenir.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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