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L'Espagne de Sanchez cherche encore sa politique d'immigration

Un migrant portant un drapeau de l'Union européenne assis par terre avec d'autres après avoir pris d'assaut une clôture pour entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, Espagne, 17 février 2017.

Actualise avec annonce de moyens supplémentaires pour Ceuta, Melilla, Croix Rouge Elle avait accueilli l'Aquarius à bras ouverts en juin et expulse désormais des migrants vers le Maroc: l'Espagne de Pedro Sanchez envoie des signaux contradictoires en matière d'immigration qui la plongent dans le brûlant débat européen.

Arrivé au pouvoir le 1er juin, le chef du gouvernement socialiste avait immédiatement fait un coup d'éclat en Europe en ouvrant le port de Valence à l'Aquarius, bateau humanitaire avec 630 migrants à son bord, que l'Italie du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini (Ligue, extrême droite) et Malte refusaient d'accueillir.

Dans le même temps, son gouvernement annonçait son intention de faciliter l'accès des sans-papiers à la santé publique, et de retirer les barbelés des clôtures des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, sur lesquels se blessent régulièrement les migrants tentant d'y pénétrer depuis le Maroc.

Une politique d'ouverture vertement critiquée par l'opposition de droite qui accusait les socialistes de créer un "appel d'air" pour l'immigration illégale et de favoriser "les mafias" de passeurs.

D'autant que l'Espagne est devenue cet été la première porte d'entrée de l'immigration clandestine en Europe, avec plus de 32.000 arrivées depuis le début de l'année selon l'OIM, soit plus du double que l'an dernier à la même époque.

Après l'Aquarius, un autre bateau, de l'ONG Open Arms cette fois, a accosté trois fois dans des ports espagnols avant que le gouvernement ne rechigne mi-août à accueillir de nouveau l'Aquarius, préférant négocier avec d'autres États européens la répartition de ses migrants finalement débarqués à Malte.

Un premier signe de revirement suivi fin août par le renvoi vers le Maroc d'une centaine de migrants au lendemain de leur entrée à Ceuta lors d'un passage en force de la clôture particulièrement violent, le deuxième en moins d'un mois.

Deux migrants, soupçonnés d'être les responsables d'une autre entrée violente fin juillet, ont été placés mercredi en détention provisoire.

"Nous ne permettrons pas la migration violente qui attaque notre pays et nos forces de l'ordre", a justifié mercredi le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska.

- Salvini jubile -

"Le gouvernement n'a raison que quand il recule", a raillé le numéro un du Parti populaire (droite) Pablo Casado après cette expulsion.

Du côté de la gauche et des ONG, les critiques pleuvent désormais. Helena Maleno, figure de proue de la défense des migrants, a dénoncé lundi cette mesure, signe selon elle d'une "politique raciste et colonialiste, un tournant terrible" de Pedro Sanchez.

"Nous n'avons pas varié d'un centimètre", a soutenu la vice-présidente du gouvernement Carmen Calvo, en assurant que la politique d'immigration de l'Espagne suivait deux principes: "le respect des droits de l'homme et la sécurité des frontières".

"Je suppose qu'ils ont voulu faire un exemple et montrer qu'ils prennent des décisions, pour qu'on ne dise pas que c'est le paradis des entrées libres", analyse Gemma Pinyol, chercheuse spécialiste des migrations interrogée par l'AFP.

L'extrême droite européenne s'est emparée de cette expulsion collective.

"L'Espagne montre comment s'y prendre avec les immigrés illégaux !", a fanfaronné sur les réseaux sociaux Alice Weidel, dirigeante du parti antimigrants allemand AfD.

Et Matteo Salvini a lui savouré sa revanche sur Twitter : "Si c'est l'Espagne qui le fait, ça va, mais si c'est moi qui le propose, je suis raciste, fasciste et inhumain".

De quoi embarrasser Pedro Sanchez. "Il avait donné des signes d'une politique plus cohérente, plus ambitieuse, et cela le contredit à tel point que cela lui fait perdre sa crédibilité", a affirmé à l'AFP la politologue Cristina Monge.

- Mal préparés -

"Je crois qu'on s'est précipité en pensant que les choses changeraient radicalement" par rapport au précédent gouvernement de Mariano Rajoy, qui n'a pas tenu ses engagements en matière d'accueil des migrants, pense de son côté Gemma Pinyol.

L'État espagnol a d'ailleurs été condamné en juillet par la Cour suprême pour n'avoir accueilli que 13% des demandeurs d'asile que Rajoy avait promis de recevoir en 2015, en pleine crise migratoire.

Selon Gemma Pinyol, l'Espagne s'est surtout mal préparée pour recevoir les migrants. "Le système d'accueil aurait dû être actualisé. Les centres de Ceuta et Melilla sont toujours saturés", dit-elle.

Vendredi, le gouvernement a annoncé une subvention de 18,7 millions d'euros à la Croix Rouge pour l'aide aux migrants et un total de 6,4 millions pour l'accueil des mineurs étrangers isolés à Ceuta et Melilla.

Avec AFP


Avec AFP

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"Génocide" rohingya: la CIJ donne la parole à Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi, dirigeante birmane et lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, ici devant la CIJ à La Haye, le 10 décembre 2019.

L'ancienne icône de la paix Aung San Suu Kyi va prendre la parole mercredi devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour défendre la Birmanie, un jour après que son pays eut été exhorté à "cesser le génocide" à l'encontre des Rohingyas.

La lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 est à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye. Elle compte assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause par la Gambie pour les massacres et persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Depuis août 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l'armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de "génocide" par des enquêteurs de l'ONU.

La Gambie, mandatée par les 57 États membres de l'Organisation de la coopération islamique, estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.

Aung San Suu Kyi devrait faire valoir que la CIJ n'a pas compétence en la matière, que l'armée birmane ciblait des rebelles rohingyas, et que le pays est parfaitement capable de mener à bien ses propres enquêtes.

- Retransmission en direct -

Encore citée aux côtés de grand noms comme Nelson Mandela et Mahatma Gandhi dans un passé pas si lointain, la cheffe de facto du gouvernement birman, 74 ans, a vu son image ternie depuis qu'elle a pris la défense des généraux de l'armée birmane.

Elle peut cependant se targuer d'un large soutien dans son pays.

L'intervention d'Aung San Suu Kyi, l'une des premières dirigeantes à s'adresser personnellement aux juges de la Cour, sera retransmise en direct sur grand écran à Rangoun, capitale économique du pays, où de nombreuses personnes devraient se réunir.

Lors du premier jour d'audience mardi, des dizaines de milliers de sympathisants se sont rassemblés dans plusieurs villes de Birmanie.

Le ministre gambien de la Justice, Abubacarr Tambadou, a déclaré aux journalistes qu'il serait "extrêmement décevant" que Suu Kyi démente à nouveau tout acte répréhensible envers les Rohingyas.

La Gambie demande à la CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, des mesures d'urgence pour mettre fin aux "actes de génocide en cours" en Birmanie, en attendant que soit rendu l'arrêt sur le fond de l'affaire. Ce jugement pourrait attendre des années.

- Sanctions américaines -

Les avocats de la Gambie ont dénoncé mardi l'apparition d'énormes panneaux d'affichage à travers la Birmanie ces dernières semaines, montrant Aung San Suu Kyi avec trois généraux de l'armée birmane souriants. Pour l'avocat Paul Reichler, cela montre que ces derniers sont "tous impliqués" dans les exactions commises à l'encontre des Rohingyas.

Cela prouve "que la Birmanie n'a absolument aucune intention de tenir ses dirigeants militaires pour responsables", a-t-il affirmé.

Quelques heures après la première audience à la CIJ, les Etats-Unis ont renforcé leurs sanctions contre le chef de l'armée birmane pour les meurtres à grande échelle de musulmans rohingyas.

Ces sanctions s'inscrivent dans une large série de mesures punitives annoncées par Washington à l'occasion de la Journée mondiale des droits de l'Homme.

Le commandant en chef de l'armée birmane, Min Aung Hlaing, son numéro deux Soe Win et les généraux Than Oo et Aung Aung étaient déjà depuis juillet sous le coup d'une interdiction d'entrée aux Etats-Unis pour leur rôle dans le "nettoyage ethnique" de la minorité rohingya dénoncé par le gouvernement américain.

Avec AFP

Washington appelle Pyongyang à "respecter" le gel sur les missiles et les essais nucléaires

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, son homologue sud-coréen Moon Jae-in et le président américain Donald Trump sur le côté sud de la ligne de démarcation militaire qui divise la Corée du Nord et la Corée du Sud à Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ). (Photo de KCNA VIA

Les Etats-Unis ont appelé mardi la Corée du Nord à "respecter" l'engagement à ne pas procéder à de nouveaux tirs de missiles de longue portée ou à des essais nucléaires, en plein regain de tension à l'approche d'un ultimatum nord-coréen.

Lors d'une conférence de presse à Washington, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a estimé que le président Donald Trump avait été "sans ambiguïté" au sujet des "attentes" des Etats-Unis à l'égard du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Ce dernier "s'est engagé à dénucléariser, et à ce qu'il n'y ait plus de tirs de missiles de longue portée, d'essais nucléaires", a souligné le secrétaire d'Etat au sujet de ce moratoire informel issu du rapprochement spectaculaire entre les deux pays depuis 2018, qui n'a toutefois jamais fait l'objet d'un accord écrit. "Nous avons bon espoir de voir les Nord-Coréens continuer à respecter ces engagements", a-t-il ajouté.

Après avoir multiplié les tirs de missiles de courte et moyenne portée ces derniers mois, Pyongyang a annoncé dimanche avoir réalisé un mystérieux "test très important" depuis sa base de lancement de satellites, censé changer le "statut stratégique" du pays reclus d'Asie de l'Est.

Donald Trump, qui avait minimisé les précédents tirs, a prévenu Kim Jong Un qu'il avait "tout" à perdre "à agir de façon hostile". Washington a aussi convoqué pour mercredi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur les "provocations" nord-coréennes.

De son côté, le pouvoir de Pyongyang s'en est pris ces derniers jours directement au locataire de la Maison Blanche.

Les négociations sont dans l'impasse car les Etats-Unis exigent que la Corée du Nord renonce d'emblée à tout son arsenal atomique, alors que cette dernière réclame une approche progressive prévoyant une levée rapide d'au moins une partie des sanctions internationales qui étranglent son économie.

Les Nord-Coréens ont donné aux Américains jusqu'à la fin de l'année pour changer d'approche, promettant un "cadeau de Noël" menaçant si le statu quo devait se poursuivre.

"Nous allons continuer de travailler pour tenter de développer des voies de communication, des mécanismes de négociation", a dit Mike Pompeo, résumant en creux l'ampleur de l'enlisement.

Présent à ses côtés après un entretien bilatéral, son homologue russe Sergueï Lavrov a appelé à la fois "les dirigeants nord-coréens à faire preuve de retenue" et les Etats-Unis à accepter un "donnant-donnant" progressif avec des concessions "réciproques".

"Vous ne pouvez pas demander à la Corée du Nord de tout faire immédiatement, et seulement après garantir sa sécurité et lever les sanctions", a-t-il plaidé.

Avec AFP

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