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Tchernobyl, 30 ans déjà

Un nouveau sarcophage construit sur le site de la catastrophe, Tchernobyl, 20 mars 2014(S. Herman/VOA)

Un réacteur d’une centrale nucléaire de l’ère soviétique en Ukraine avait explosé le 26 avril 1986, libérant d'énormes quantités de rayonnement.

116, 000 personnes vivant autour de l'usine avaient été évacuées, et 220,000 supplémentaires avaient été contraintes de quitter la région les années suivantes, la zone géographique de contamination ayant été revue à la hausse.

Alexandr Gruzevitch vivait avec ses parents au numéro 6 Leningradskaya dans la ville de Tchernobyl: «Quand j'étais petit, ma mère faisait un grand feu dans la cheminée. En hiver, quand le temps était glacial, le foyer était bien réchauffé."

Des années plus tard, dans les premières heures du 26 avril 1986, Gruzevitch est sorti pour fumer une cigarette.

"J'ai vu quelque chose comme une lueur, quelque chose comme un coucher de soleil. C’était couleur rouge sang. Je me suis dit: "Quel temps étrange pour un tel éclat. Qu'est-ce que le soleil fait ici en ce moment? Le lendemain, personne ne nous a rien dit."

L'ordre d'évacuer Tchernobyl est venu dix jours plus tard.

Directement exposée à la catastrophe, la ville de Pripyat abritait les travailleurs de la centrale. Beaucoup ont vu le feu depuis les balcons de leurs appartements.

Pendant que le rayonnement s’échappait de la centrale électrique en feu à seulement deux kilomètres, toute la population de Pripyat, soit 55.000 personnes, a été contrainte de fuir.

La ville est aujourd'hui un monument troublant du pire accident nucléaire du monde.

Au milieu de la désolation, il y a des signes étonnants de la vie. Quelques centaines de personnes évacuées, principalement de personnes âgées, se sont réinstallées dans la zone d'exclusion et sont tolérées par les autorités.

Beaucoup cultivent leur propre nourriture en dépit des avertissements que la contamination augmente rapidement juste en dessous de la surface.

La ville de Tchernobyl abrite encore près de 3000 personnes qui continuent à travailler sur la mise hors service de l'usine. Ils ne peuvent pas rester dans la zone plus de 14 jours.

Une fois par semaine, Alexandr Gruzevitch voyage de Kiev pour travailler dans un hôpital de Tchernobyl à seulement quelques minutes à pied de son ancienne maison.

«Ma mère dit parfois à mon père "Revenons, revenons". Mais ils ne parviennent pas à le faire. Cependant, environ un mois après l'accident, mon père et moi sommes venus à notre ancienne maison. Elle a été détruite. Les fenêtres ont été brisées et les portes étaient ouvertes. Toutes nos affaires ont été volées. Rien n'a été laissé.»

Les scientifiques disent que la zone d'exclusion ne sera pas habitable en toute sécurité pendant 20.000 ans.

Mais pour certaines personnes, l'envie de revenir à la maison l'emporte sur les dangers invisibles à Tchernobyl, 30 ans après la catastrophe.

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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