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Tongo-Tongo et la mort des soldats américains

Photo des éléments des forces spéciales de l'armée américaine, (de gauche à droite) Jeremiah Johnson, sergent des forces spéciales des États-Unis. Bryan Black, sergent des forces spéciales des États-Unis. Dustin Wright et le sergent des forces spéciales des États-Unis La David Johnson tués au Niger, le 4 octobre 2017.

Le congrès américain a demandé des explications au Pentagone sur les détails de l’attaque du 4 octobre. 4 soldats américains et quatre nigériens ont été tués dans une embuscade à Tongo-Tongo, village nigérien près de la frontière avec le Mali.

La veille de l’attaque, une trentaine de soldats anti-terroristes, en majorité des Nigériens et huit éléments des forces spéciales américaines, prennent la route, en pickups, en direction du village de Tongo-Tongo. Selon Almou Hassane, maire de la commune de Tondikiwindi dont dépend Tongo-Tongo, ils sont arrivés le soir dans la zone.

« Ils doivent avoir passé la nuit au nord-ouest de Tongo-Tongo », a affirmé le maire joint au téléphone par VOA Afrique.

Les explications d'Almou Hassane, mairew de Tondikiwindi au micro d'Idriss Fall
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Ces soldats nigériens font partie d’un bataillon de sécurité et de renseignement qui a été formé d’ailleurs par les Etats-Unis suite aux opérations Flintlocks, a indiqué Moussa Aksar, directeur du journal l’Evènement à Niamey et spécialiste du terrorisme dans le sahel.

Ces militaires étaient à la traque d’un complice d’Abou Adnan Al Sahraoui, un ancien du Mouvement pour l’Unicité et le Djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) qui dit avoir rallié le groupe Etat Islamique au grand Sahara. Les soldats ont interrogé les villageois qui ont fait trainer les discussions. « Il se trouve que ce village était un peu contaminé par des obscurantistes », a expliqué Moussa Aksar. « L’unité est restée un peu plus longtemps que prévu parce qu’apparemment les populations étaient au courant de quelque chose qui se tramait », selon M. Aksar.

De son côté, Almou Hassane, le maire local, a assuré que « les assaillants, les bandits, les terroristes n’ont jamais manqué de complices au sein des populations locales ».

Ce 4 octobre, un semblant d’attaque attire les militaires dans un Guet-apens hors du village où une cinquantaine d’assaillants en véhicules et motos munis de kalachnikov et d’armes lourdes ont ouvert le feu. Quatre soldats nigériens et trois américains ont été tués sur le champ. Le corps du quatrième soldat américain sera retrouvé 48 heures plus tard. « On ne parle pas de blessés ni de civils tués parce que ces soldats ont été attirés dans un guet-apens hors du village », dit M. Aksar. L’aviation française est intervenue plus tard pour évacuer les soldats américains et nigériens.

Ce lourd bilan a suscité des interrogations d’autant plus que l’Armée américaine a déployé des drones au Niger et y dispose d’importants moyens de renseignement.

« C’est ça qui nous a beaucoup marqué : comment à leur niveau, avec tout ce qu’il y a comme dispositif, il n’y a pas eu de renseignement fort pour éviter ce qui est arrivé là ? » s’est interrogé le maire AlmouHassane.

Depuis, Mounkaila Alassane chef du village de Tongo Tongo a été arrêté et il n’y a aucune information sur son lieu de détention.

L’attaque n’a pas été revendiquée. Mais de sources concordantes dans la région, elle serait l’œuvre d’Abou Adnan Al Saharaoui, qui se fait appeler l’Emir islamique du grand Sahara, affilié au groupe Etat Islamique. Selon un Touareg de la région, il serait impliqué dans le trafic d’armes et de carburant.

Les détails de l'attaque de Tongo-Tongo avec Bagassi Koura
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Al Sahraoui est un ancien cadre du Mouvement pour l’Unicité et le Djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), qui avait occupé et imposé la sharia au Nord-Mali en 2012 avant d’y être chassé par les forces françaises. Cet ancien proche de Mokhtar Belmokhtar, avait dirigé l’enlèvement du personnel du consulat d’Algérie à Gao en 2012. Originaire du Sahara Occidental, il veut contrôler la bande à la frontière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. « Il veut récupérer toutes les communautés qui ont des problèmes de pauvreté et de gouvernance pour qu’elles soient acquises à sa cause », a affirmé M. Aksar.

Plan de la frontière Niger-Mali
Plan de la frontière Niger-Mali

Ce groupe s’ajoute à plusieurs autres organisations djihadistes dont les défenseurs de l’Islam derrière Iyad Ag Ghali dans le Nord malien. Le mouvement pour la libération du Macina dirigé par Hamadoun koufa est resté très actif dans le centre du Mali. Ansarul Islam de l’autre côté de la frontière multiplie les attaques dans le nord Burkina pendant que Boko Haram sème la désolation dans le bassin du Tchad. Sans oublier l’Algérien Mokhtar Belmokhtar qui a été plusieurs fois déclaré mort dont le groupe al Mourabitoun a perpétré plusieurs actions d’éclat dans le vaste sahel.

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

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