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Tigré: après les massacres, les viols


Un mur peint avec des drapeaux de la région du Tigré, dans la ville de Mekele, dans le nord de l'Éthiopie, le 6 septembre 2020, à l'approche des élections régionales du 9 septembre. (Photo AFP/ EDUARDO SOTERAS)
Un mur peint avec des drapeaux de la région du Tigré, dans la ville de Mekele, dans le nord de l'Éthiopie, le 6 septembre 2020, à l'approche des élections régionales du 9 septembre. (Photo AFP/ EDUARDO SOTERAS)

Des dizaines de femmes ont été violées dans la région du Tigré, au nord de l'Éthiopie, ont confirmé les autorités. "Nous avons reçu le rapport de notre équipe sur le terrain dans la région du Tigré, ils ont malheureusement établi que des viols ont eu lieu de manière concluante et sans aucun doute", a tweeté la ministre éthiopienne de la femme, Filsan Abdullahi, tard jeudi.

Bien que des témoins, des médecins et des travailleurs humanitaires aient parlé d'abus sexuels généralisés depuis le début des combats en novembre, les commentaires de la ministre Filsan ont été la première confirmation par le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. La commission éthiopienne des droits de l'homme, nommée par l'État, a déclaré que 108 viols avaient été signalés au Tigré - dont près de la moitié dans la capitale régionale Mekelle - au cours des deux derniers mois.

Ces viols ont eu lieu dans le chaos qui a suivi le conflit armé de l'année dernière qui a chassé le parti au pouvoir local, le Front populaire de libération du Tigré (TPLF).

Alors que certaines victimes ont identifié leurs agresseurs comme étant des membres des forces fédérales ou des soldats alliés, l’agence de presse Reuters n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les récits de viols.

Côté gouvernement, on affirme souscrire à une politique de tolérance zéro envers les violences sexuelles.

Selon la Commission des droits de l'homme, il est probable que de nombreux viols n’ont même pas été signalés.

"La guerre et le démantèlement de l'administration régionale ont conduit à une augmentation de la violence sexiste dans la région. Les structures locales telles que la police et les établissements de santé vers lesquels les victimes de violence sexuelle se tournent normalement pour signaler ces crimes ne sont plus en place", a-t-elle déclaré.

Le ministère de la femme n'a jusqu'à présent évalué que les villes de Mekelle et de Quiha, selon la porte-parole Adinew Abera. "Nous allons déployer des experts dans tous les districts du Tigré. Le nombre de cas sera donc plus élevé que ce qui est mentionné", a-t-elle ajouté.

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