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Les bombardements au Tigré ont tué au moins 80 civils, selon HRW


Un soldat éthiopien est assis au 5e bataillon du Commandement Nord de l'armée éthiopienne à Dansha, en Éthiopie, le 25 novembre 2020.
Un soldat éthiopien est assis au 5e bataillon du Commandement Nord de l'armée éthiopienne à Dansha, en Éthiopie, le 25 novembre 2020.

L'armée éthiopienne a tué au moins 83 civils et déplacé des milliers de personnes en bombardant des zones densément peuplées dans les premières semaines du conflit pour déloger les autorités dissidentes de la région du Tigré, a assuré jeudi Human Rights Watch (HRW).

Les attaques à l'artillerie lourde des troupes fédérales "ont touché des maisons, des hôpitaux, des écoles et des marchés", selon un rapport de l'ONG qui se concentre sur la situation de trois villes: la capitale régionale Mekele, Shire et Humera.

"Au début de la guerre, les forces fédérales éthiopiennes ont effectué des tirs d'artillerie à l'aveugle dans les zones urbaines du Tigré, apparemment voués à faire des victimes et causer des destructions parmi les civils", affirme Laetitia Bader, directrice de HRW pour la région de la Corne de l'Afrique.

L'Ethiopie "devrait rapidement autoriser la présence d'observateurs des Nations unies au Tigré pour documenter le comportement des acteurs de ce conflit qui a dévasté la vie de millions de personnes", ajoute-t-elle.

Le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la paix 2019 Abiy Ahmed a annoncé fin novembre, lorsque l'armée fédérale a pris le contrôle de la capitale régionale Mekele, la fin officielle de l'opération militaire lancée au début du même mois pour déloger les autorités dissidentes du Tigré.

Mais les organisations humanitaires et des diplomates soulignent que l'insécurité dans la région entrave toujours grandement la réponse humanitaire.

Après les combats les plus intenses, qui ont duré tout le mois de novembre, M. Abiy a assuré que l'armée "mène l'opération avec la précision et le soin nécessaires (...) pour s'assurer que les civils ne sont pas ciblés". Début décembre, son cabinet avait affirmé que l'armée fédérale s'était emparée de Mekele sans faire ni victime civile ni dégâts aux biens privés.

Sollicité jeudi par l'AFP, le cabinet n'a pas répondu dans l'immédiat.

A Humera, dans l'Ouest du Tigré, les médecins ont fait état de 46 morts et 200 blessés lors d'une seule journée de la première semaine des combats, selon HRW.

"Des civils ont commencé à arriver à l'hôpital avec des blessures à l'abdomen, la poitrine, la tête. Nous étions totalement perdus", témoigne un médecin cité par le rapport. "Certains n'avaient plus de mains, d'autres avaient leurs boyaux à l'air."

Un médecin d'un hôpital de Mekele avait déjà expliqué à l'AFP que 27 civils avaient péri à cause de "tirs d'artillerie et de roquettes" et que plus de 100 personnes ont été blessées le 28 novembre, jour où l'armée fédérale est entrée dans la ville.

Le Tigré demeure très difficile d'accès pour les médias et il est compliqué d'avoir une idée précise de la situation sur le terrain.

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