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Theresa May rencontre Trump ce vendredi


La Première ministre britannique Theresa May à Philadelphie, Pennsylvanie, 26 janvier 2017.

La Première ministre britannique Theresa May a mis en garde jeudi les Etats-unis contre le dirigeant russe Vladimir Poutine, duquel le président américain Donald Trump a souhaité se rapprocher.

"Quand on parle de la Russie, il est sage comme souvent de prendre exemple sur le président (Ronald) Reagan qui, dans ses négociations avec son homologue russe d'alors Mikhaïl Gorbatchev, avait l'habitude de suivre cet adage 'faites confiance, mais vérifiez'. Avec le président Poutine, mon conseil c'est 'coopérez, mais prenez garde' ", a déclaré Mme May.

La chef du gouvernement britannique s'exprimait devant les républicains américains réunis à Philadelphie.

Theresa May a aussi souligné l'importance des institutions internationales, dont les Nations unies et l'Otan, éreintées à maintes reprises par Donald Trump.

"Les Nations unies ont besoin d'être réformées mais restent vitales", notamment dans la lutte contre le terrorisme ou le changement climatique, a affirmé Theresa May, défendant également le rôle de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et l'importance cruciale de l'Otan, "pierre angulaire de la défense de l'Occident".

Elle a toutefois appelé les alliés des Etats-Unis à "jouer leur rôle", dans un écho aux critiques de Donald Trump qui estime que les Etats-Unis contribuent de façon disproportionnée aux organismes internationaux.

Mme May, arrivée au pouvoir après le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de leur pays de l'Union européenne (Brexit), sera vendredi le premier dirigeant étranger à rencontrer Donald Trump depuis son accession au pouvoir.

Elle sera reçue à la Maison Blanche.

- 'Responsabilité commune' -

Cette fille de pasteur réservée, deuxième femme Premier ministre du Royaume-Uni, a en apparence peu de points communs avec le bouillant milliardaire et son voyage lui a valu des critiques chez elle.

Mais elle a confié dans l'avion qui l'emmenait aux Etats-Unis que "parfois les contraires s'attirent".

La dirigeante conservatrice a été ovationnée quand elle a promis de maintenir son pays et les Etats-Unis dans une "relation spéciale".

Mme May a reconnu des tensions grandissantes entre les Etats-Unis et la Chine mais ajouté que les craintes d'une "éclipse de l'Occident" s'effaceraient si Washington et Londres faisaient front commun.

"Nous, nos deux pays ensemble, avons une responsabilité commune. Car lorsque les autres avancent pendant que nous reculons, ce n'est pas bon pour l'Amérique, pour le Royaume-Uni et le monde", a-t-elle déclaré, en évoquant la coopération en pleine Guerre froide entre l'ancienne Première ministre Margaret Thatcher et l'ex-président américain Ronald Reagan.

Mme May s'est aussi montrée désireuse d'entamer des négociations sur un éventuel accord commercial, appelé de ses voeux par Donald Trump, entre les deux pays après le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Dans une allusion aux conflits en Irak et en Afghanistan, elle a comme M. Trump assuré que "les jours d'une intervention du Royaume-Uni et de l'Amérique dans des pays souverains pour tenter de remodeler le monde à notre image sont terminés".

"Mais nous ne pouvons pas non plus rester sans rien faire quand la menace est réelle et quand c'est dans notre intérêt d'intervenir", a-t-elle cependant ajouté.

La dirigeante britannique a défendu l'accord international sur le nucléaire iranien, dénoncé par Donald Trump, tout en précisant qu'il devrait être "contrôlé très rigoureusement".

Donald Trump avait suscité la polémique au Royaume-Uni notamment après ses propos sur les femmes que Mme May a qualifiés "d'inacceptables".

En janvier, le parlement britannique avait débattu d'une éventuelle interdiction d'entrée pour Donald Trump, après une pétition signée par 600.000 personnes outrées par sa proposition d'interdire l'entrée des musulmans aux Etats-Unis.

"Quand je verrai Donald Trump, je représenterai les problèmes de tout le monde au Royaume-Uni", a promis jeudi Mme May.

Avec AFP

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