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Terrorisme: quinze ans après 9/11, les Etats-Unis toujours vulnérables

World Trade Centre, New York, le 11 septembre 2001. (REUTERS/Sara K. Schwittek)

Quinze ans après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont appris à se protéger des attaques djihadistes sophistiquées mais restent vulnérables aux opérations plus rudimentaires menées par des extrémistes locaux.

Pour l'antiterrorisme américain, débusquer les projets d'attentats des sympathisants du groupe Etat islamique (EI) ou d'Al-Qaïda, qui profitent des nouvelles technologies et adoptent des structures plus décentralisées, "devient de plus en plus difficile", explique Nick Rasmussen, le puissant directeur du Centre national antiterroriste américain (NCTC), qui associe la CIA, le FBI et d'autres grandes agences de sécurité du pays.

L'usage des smartphones et d'internet et la diffusion d'applications cryptées inviolables "donne l'avantage" aux djihadistes, dit-il.

La "guerre mondiale contre le terrorisme" lancée par les Etats-Unis après le 11-Septembre, longtemps focalisée sur Al-Qaïda et les talibans afghans, vise aujourd'hui prioritairement l'EI. Ses djihadistes ont prouvé leur capacité à planifier et inspirer des attaques en Europe et aux Etats-Unis, commises par des extrémistes de l'intérieur, résidents et souvent citoyens du pays frappé.

Ces attaques, bien moins spectaculaires que le 11-Septembre, sont néanmoins meurtrières et démoralisantes.

Et même après la mort de son fondateur Oussama Ben Laden, éliminé en 2011 par les forces spéciales américaines, Al-Qaïda reste dangereuse.

Les deux groupes djihadistes ont su essaimer, des Philippines à l'Afrique de l'Ouest.

- Métastases de l'extrémisme -

La menace extrémiste "a métastasé", relève Frank Cilluffo, directeur du Centre d'études sur la sécurité intérieure à l'Université George Washington. "Elle persiste et est, dans certains cas, plus complexe".

Une série d'attaques surprise aux Etats-Unis a fait de la lutte contre le "terrorisme intérieur" une priorité.

Le 12 juin 2016, un Américain de 29 ans d'origine afghane, présumé sympathisant de l'islamisme radical, avait abattu 49 personnes dans un club gay d'Orlando, en Floride (sud-est). Et le 2 décembre 2015, un citoyen américain d'origine pakistanaise et son épouse avaient tué 14 personnes en Californie (ouest).

Selon le Centre de recherches de l'université George Washington, 102 personnes ont été inculpées aux Etats-Unis pour des délits liés à l'EI, dont beaucoup avaient été séduites via internet.

Selon M. Rasmussen, les services américains peinent à surveiller les plus de 1.000 extrémistes potentiels qu'ils ont identifiés.

Et les projets d'attaques se construisent désormais très vite, dans des cercles beaucoup plus étroits, donc plus difficiles à déceler.

Pour les responsables américains, la menace de l'EI ne s'éteindra pas avec la défaite militaire annoncée des djihadistes dans leurs bastions d'Irak et de Syrie.

Le directeur du FBI James Comey et le directeur de la CIA John Brennan répètent que la fin du "califat" autoproclamé par les djihadistes va renvoyer dans leur pays d'origine des flots de combattants étrangers décidés à poursuivre leur combat.

"Pour le FBI, la menace qui va dominer les cinq prochaines années sera l'impact de l'écrasement du califat", a souligné jeudi M. Comey.

"Des centaines de tueurs endurcis qui ne vont pas mourir sur le champ de bataille vont se déverser" ailleurs, notamment en Occident, pour essayer d'y "porter le combat", a-t-il averti.

- Renseignements 'dans le noir' -

Le FBI souligne une menace d'autant plus sérieuse que les services sont de plus en plus "dans le noir", les extrémistes potentiels utilisant quasi systématiquement des applications cryptées inviolables. Il réclame à cor et à cri des grands groupes proposant ces communications cryptées de lui donner les moyens de les décoder, lorsque la justice l'ordonne.

Le FBI et la CIA s'inquiètent également des carences des services antiterroristes européens en matière d'échange d'informations sur les ex-djihadistes rentrant au pays.

M. Rasmussen se montre assez désabusé sur la capacité des Etats-Unis et de ses alliés à lutter ensemble contre le terrorisme. "J'ai l'impression qu'on rame contre le courant", dit-il, soulignant que c'est surtout la coopération bilatérale qui fonctionne.

Les responsables antiterroristes soulignent aussi qu'il y a un combat fondamental sur le terrain idéologique. Pour eux, les Etats-Unis ont fait peu de progrès pour combattre la propagande extrémiste.

Avec AFP

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Ruth Bader Ginsburg: derniers hommages solennels au Capitole

Le cercueil de la regrettée Ruth Bader Ginsburg, juge associée à la Cour suprême, arrive au Capitole américain à Washington, aux États-Unis, le 25 septembre 2020. (Photo: REUTERS/Joashua Roberts)

La dépouille de la juge progressiste de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg a reçu vendredi ses derniers hommages solennels au Capitole des Etats-Unis, en présence du candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden et de sa colistière, Kamala Harris.

Une semaine tout juste après le décès à 87 ans de cette icône féministe et progressiste, son cercueil, drapé d'un drapeau américain, a quitté le siège du Congrès, traversant une haie d'honneur formée, en vaste majorité, par des femmes.

L'ancien vice-président Joe Biden, son épouse Jill Biden, ainsi que la candidate démocrate à la vice-présidence, Kamala Harris, tous masqués, s'étaient plus tôt recueillis devant sa dépouille, après une courte cérémonie dans la salle des Statues.

"Sa disparition est une perte incalculable pour notre démocratie et tous ceux qui luttent pour construire un meilleur avenir à nos enfants", a écrit la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Ruth Bader Ginsburg est la première femme à recevoir ce niveau d'hommage ("to lie in state") au Capitole et la "première personne de confession juive", avait-elle expliqué jeudi en soulignant toutes les barrières que la magistrate avait franchies au cours de sa vie.

Une femme rabbin a prononcé un discours et chanté des psaumes. Une soprano américaine accompagnée d'une pianiste figurait aussi au programme des hommages à cette grande amatrice d'opéra.

Avant elle, la dépouille de Rosa Parks, figure de la lutte pour les droits civiques, avait été exposée sous la rotonde en 2005.

Pompes au Capitole

Dans ce cadre solennel, une curieuse scène a surpris.

Devant le cercueil, un homme s'est soudainement mis au sol pour faire trois pompes. Il s'agissait de Bryant Johnson, l'entraîneur personnel de la juge dont la petite taille, 1,54 m, et frêle stature cachait une grande énergie.

Avec lui "je fais 10 pompes, puis je respire, puis j'en fais dix autres. Puis +la planche+, que je trouve plus difficile, durant 30 secondes, puis je me relâche, et 30 secondes supplémentaires", avait-elle raconté en 2016 à propos de ses deux rendez-vous par semaine.

L'entraîneur avait même publié un livre d'exercices de gym à l'effigie de la magistrate devenue icône pop en 2017.

Absence notable dans l'assemblée au Capitole: les chefs des républicains au Sénat, Mitch McConnell, et à la Chambre, Kevin McCarthy.

A la fin de la cérémonie, des élues républicaines et démocrates du Congrès, et une poignée d'hommes, se sont rassemblés, main sur le coeur, dans une haie d'honneur sur les marches du Capitole. Un rare signe d'union alors que son décès a précipité une bataille politique acharnée.

Sous les huées, Donald Trump était venu se recueillir jeudi devant la dépouille de "RBG" exposée à l'entrée de la Cour suprême.

Le milliardaire républicain a engagé au pas de course le processus pour la remplacer et ancrer durablement la Cour suprême dans le conservatisme, ce qui pourrait profondément modifier la société américaine: il doit annoncer samedi qui il souhaite nommer à ce poste influent.

Ruth Bader Ginsburg sera inhumée dans l'intimité la semaine prochaine au cimetière national d'Arlington, proche de Washington.

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