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L'Europe veut faciliter la consultation transnationale des données sur les voyageurs


Des voyageurs à l'aéroport de Bruxelles, le 11 décembre 2017.

La Commission européenne veut permettre aux polices des Etats membres de consulter l'ensemble des systèmes informatiques nationaux où sont répertoriés les voyageurs qui traversent les frontières, en vertu d'un projet présenté mardi, visant à combler des lacunes dans la lutte anti-terroriste.

"Les terroristes et les grands criminels ne devraient pas pouvoir passer à travers les mailles du filet ou échapper au radar", notamment en utilisant des identités multiples, a fait valoir dans un communiqué le commissaire chargé de la Sécurité, Julian King.

Actuellement, la détection de tels "angles morts" est rendue difficile par le fait que les policiers et autres garde-frontières de chaque Etat membre n'ont pas automatiquement accès à l'ensemble des fichiers des autres pays.

A l'avenir, "plutôt que de devoir décider de la base de données à consulter dans une situation particulière, les agents pourront effectuer simultanément des recherches dans plusieurs systèmes d'information de l'UE", a expliqué la Commission.

Le nouveau système permettra également de "détecter les identités multiples" et de mieux "lutter contre la fraude à l'identité", grâce au partage des données biométriques, telles que les empreintes digitales ou l'image faciale.

Le futur fichier commun ne sera cependant pas une "baguette magique", a confié à l'AFP un haut responsable européen. Mais il devrait permettre de réduire la zone au sein de laquelle un terroriste peut perpétrer un attentat.

En 2020 également, les pays de l'espace Schengen, ainsi que la Roumanie et la Bulgarie, devraient par ailleurs être dotés d'un système informatique unifié pour accélérer les contrôles à leurs frontières extérieures: le Parlement européen a donné son feu vert en octobre à cette mesure.

A l'époque, le rapporteur du texte au Parlement avait souligné que ce nouveau système d'entrée/sortie (EES) devrait permettre de "détecter des criminels aux multiples fausses identités, comme ce fut le cas du terroriste qui a attaqué le marché de Noël de Berlin" le 19 décembre 2017. Cet homme, le Tunisien Anis Amri, était "entré et sorti de nos frontières avec 15 identités différentes", avait-il rappelé.

Le nouveau projet présenté mardi par la Commission doit encore être approuvé par les Etats membres et par le Parlement, un processus qui peut prendre de longs mois. Selon des responsables européens, on peut cependant espérer qu'une partie au moins de ces mesures puissent entrer en vigueur l'an prochain.

Avec AFP

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