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Syrie : 14 civils tués dans des frappes du régime sur l'ultime grand bastion djihadiste

Un combattant syrien du Front de libération nationale (FNL) soutenu par la Turquie, vise à partir de la province d'Idlib sous contrôle rebelle, les positions du régime dans la partie nord de la province de Hama, le 22 mai 2019. (Photo OMAR HAJ KADOUR / AF-

Des raids aériens du régime ont tué mercredi 14 civils dans le dernier bastion djihadiste du nord-ouest de la Syrie, où les combats qui font rage avec les forces pro-régime ont fait plus de 50 morts en 24 heures.

La province d'Idleb et des segments des provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié, dominés par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d'Al-Qaïda), sont le théâtre depuis fin avril d'affrontements meurtriers entre djihadistes et forces pro-régime, soutenues par Moscou.

Depuis mardi soir, des combats intenses entre les deux camps ont fait 52 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), à savoir 29 soldats et 23 djihadistes.

En outre, 14 civils sont morts dans des raids menés dans la nuit contre le fief insurgé, dont 12 dans la ville de Maaret al-Noomane. L'ONG, qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays, dénombre également 18 blessés.

L'attaque visait un marché de la région, d'après la même source, qui l'a attribuée au régime de Damas.

Selon des témoins sur place, le secteur était bondé au moment des raids, alors que de nombreux habitants se trouvaient à une heure tardive dans le souk, après la rupture du jeune du ramadan.

Un correspondant de l'AFP a vu mercredi matin des devantures de magasins endommagées et des immeubles en lambeaux dans la zone ciblée par les frappes nocturnes.

"Beaucoup de magasins ont été détruits et le sol était jonché de morceaux de corps et de cadavres", a déclaré à l'AFP Khaled Ahmad, propriétaire d'un magasin dans le secteur visé.

"Les habitants ont toujours peur", a-t-il ajouté.

- Accord russo-turc menacé -

Idleb et ses environs ont fait l'objet en septembre 2018 d'un accord entre Moscou et Ankara sur une "zone démilitarisée" devant séparer les territoires aux mains des insurgés des zones gouvernementales attenantes.

Partiellement appliqué en raison du refus des jihadistes de se retirer de la future zone tampon, cet accord avait permis d'éviter une offensive d'envergure de l'armée syrienne. Mais le régime a continué d'y mener des frappes, devenues plus soutenues depuis février.

Et, depuis la fin avril, les forces pro-régime et celles de la Russie ont encore intensifié ces frappes, et se sont emparées de plusieurs villes dans le sud d'Idleb et le nord de Hama.

Mercredi, les combats intenses interviennent au lendemain d'une contre-attaque de HTS dans le nord de la province de Hama.

D'après l'Observatoire, le groupe jihadiste est parvenu à prendre la majeure partie de la ville de Kafr Nabuda, que les forces du régime avaient reconquise le 8 mai.

Ces développements, les plus graves depuis septembre, font craindre un effondrement de l'accord russo-turc.

Mardi, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a accusé le régime syrien de menacer l'accord de cessez-le-feu.

"Le régime fait tout ce qui est en son pouvoir pour briser le statu quo, notamment en utilisant des barils d'explosifs, (et en menant) une offensive terrestre et aérienne", a déclaré M. Akar à la presse.

Mais "les forces armées turques ne reculeront pas", a-t-il averti.

- "Pires craintes" -

Les appels à un arrêt des hostilités se succèdent, en parallèle, pour éviter un nouveau bain de sang.

Vendredi, l'ONU a sonné l'alarme sur le risque d'une "catastrophe humanitaire" à Idleb lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Depuis fin avril, au moins 180 civils ont été tués, selon l'OSDH, tandis que plus de 200.000 personnes ont fui les combats, d'après le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Selon l'Ocha, les frappes russes et syriennes ont déjà visé 20 centres médicaux-- dont 19 sont depuis hors service-- ainsi que 17 écoles et trois camps de déplacés.

La région abrite plus de trois millions de personnes vivant dans des conditions particulièrement difficiles.

La moitié sont des déplacés ayant fui d'autres bastions rebelles reconquis ces dernières années par le régime.

"Malgré nos avertissements répétés, nos pires craintes se réalisent", a regretté le porte-parole d'Ocha, David Swanson.

Le pouvoir syrien, appuyé par ses alliés indéfectibles, Moscou et Téhéran, a multiplié ces dernières années les victoires face aux insurgés jusqu'à asseoir son contrôle sur près de 60% du pays.

Mardi, les Etats-Unis ont fait état d'"indications" selon lesquelles Damas aurait mené une nouvelle "attaque" chimique deux jours plus tôt dans le bastion jihadiste, menaçant de représailles.

L'OSDH a affirmé mercredi ne détenir "aucune preuve" d'une attaque présumée au chlore.

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts, et a poussé à la fuite des millions de personnes.

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Missiles: Russes et Américains s'accusent à l'ONU de course aux armements

Le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine lors du sommet des dirigeants du G20 à Buenos Aires, en Argentine, le 30 novembre 2018.

La Russie et les Etats-Unis se sont reprochés mutuellement jeudi à l'ONU de contribuer, avec leurs essais de missiles, à une nouvelle course aux armements, Washington réclamant que Pékin soit inclus dans d'éventuelles futures négociations visant à les limiter.

Avec son test le 18 août d'un missile de portée intermédiaire, "l'Amérique est prête à une course aux armements", a asséné l'ambassadeur russe adjoint auprès de l'ONU, Dmitri Polyanskiy, lors d'une réunion du Conseil de sécurité demandée par Moscou.

Au contraire, la Russie est prête à "un dialogue sérieux" pour le contrôle des armements, a-t-il ajouté, se disant "stupéfait par la position adoptée par les Européens (qui) tolèrent les actions américaines".

"La Russie et la Chine souhaitent un monde dans lequel les Etats-Unis font preuve de retenue alors qu'ils continuent à accumuler des armes", a rétorqué son homologue américain, Jonathan Cohen.

"Les essais américains pour développer une capacité conventionnelle terrestre ne sont ni provocateurs ni déstabilisateurs" et Washington ne va pas "rester les bras croisés" alors que Pékin et Moscou poursuivent le développement de nouveaux armements, a-t-il insisté.

"Que s'est-il passé exactement le 8 août?", a aussi demandé Jonathan Cohen, en évoquant l'explosion mystérieuse à caractère nucléaire survenue ce jour-là en Russie. "Quel était le système" testé?, a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis "restent disponibles pour un contrôle des armements efficace et vérifiable", incluant "la Russie et la Chine", a enfin fait valoir le diplomate américain.

L'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, a souligné que les armes de son pays étaient "défensives sans poser de menace contre quiconque". "Nous nous opposons aux courses aux armements et souhaitons garantir un équilibre stratégique", a-t-il précisé.

La Haute représentante de l'ONU pour le désarmement, Izumi Nakamitsu, avait au préalable dénoncé le "développement d'armes supersoniques" qui "peut saper la sécurité et déclencher une course aux armements déstabilisatrice".

"Il y a un besoin urgent de nouvelles approches internationales - y compris des approches multilatérales juridiquement contraignantes -, d'un consensus et d'un accord pour traiter les divers aspects des missiles posant problème", a conclu la responsable onusienne.

Avec AFP

Rupture de l'accord de partage militaire: Tokyo "proteste vivement" contre Séoul

Taro Kono, ministre japonais des Affaires étrangères.

Tokyo va "protester vivement" contre la décision de la Corée du Sud de rompre un accord de partage de renseignements militaires, a déclaré jeudi le ministre japonais des Affaires étrangères, qualifiant ce geste d'"extrêmement regrettable".

"Je dois dire que la décision de mettre fin à ce pacte par le gouvernement sud-coréen est une totale erreur de jugement de la situation de la sécurité régionale et est extrêmement regrettable", a déclaré Taro Kono dans un communiqué.

"Nous ne pouvons accepter les affirmations de la partie sud-coréenne et nous allons protester vivement auprès du gouvernement de Corée du Sud", a ajouté M. Kono.

Séoul avait déclaré plus tôt qu'il n'était "pas dans l'intérêt national de maintenir l'accord qui a été signé avec l'objectif d'échanger des renseignements militaires sensibles".

Les relations entre Tokyo et Séoul sont plombées depuis des décennies par des contentieux hérités de l'époque où la péninsule était une colonie nippone (1910-1945).

Et ce conflit latent est un casse-tête pour Washington, qui compte sur la coopération entre le Japon et la Corée du Sud pour appuyer sa politique dans une région particulièrement tendue du fait de la menace nucléaire nord-coréenne et de la montée en puissance de la Chine.

La brouille entre Tokyo et Séoul a connu une nette aggravation ces dernières semaines, après que des tribunaux sud-coréens eurent exigé d'entreprises japonaises qu'elles dédommagent des Sud-Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant l'occupation japonaise jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Tokyo a riposté le 2 août en décidant de rayer la Corée du Sud d'une liste d'Etats bénéficiant d'un traitement de faveur, mesure perçue comme une sanction par Séoul qui a répliqué aussitôt avec une radiation similaire.

Séoul a décidé de mettre à exécution sa menace de ne pas reconduire l'accord de partage de renseignements militaires.

Celui-ci avait été conclu en novembre 2016 sous l'égide de Washington dans le contexte de la montée en puissance des programmes balistiques et nucléaire nord-coréens.

Le but du pacte était de mieux coordonner la collecte d'information sur le régime et les activités de la Corée du Nord.

Feux en Amazonie : Bolsonaro contre la "psychose environnementale" et les ONG

Feux en Amazonie

Le président brésilien Jair Bolsonaro a lancé jeudi une nouvelle charge contre les ONG, "soupçonnées" d'être responsables des feux de forêt en Amazonie, tout en accusant la presse de faire du tort au pays avec une "psychose environnementale".

Si la situation dans la plus vaste forêt tropicale de la planète était très difficile à évaluer, l'Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2.500 nouveaux départs de feu en l'espace de seulement 48 heures dans l'ensemble du Brésil.

D'après l'INPE, 75.336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu'au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l'an dernier. Selon un collectif d'ONG, 54% de ces feux concernent l'Amazonie.

Tandis que la presse brésilienne commençait à rapporter des problèmes sanitaires, notamment respiratoires, dans certaines villes, les feux affectant "le poumon de la planète" restaient jeudi au Brésil la première tendance sur Twitter, avec en illustration son lot de photos ou vidéos prises hors du Brésil ou même il y a 30 ans.

Sous les mots-clés #Nasa et #AmazoniasSemONGs (Amazonie sans ONG), des internautes assuraient que des photos-satellite de l'agence américaine provenaient en fait de Bolivie ou soutenaient la charge anti-ONG du président.

Au cœur de la tempête après ses déclarations polémiques de la veille, Jair Bolsonaro a accusé la presse d'avoir déformé ses propos sur une responsabilité des ONG dans les feux en Amazonie, tout en réaffirmant que "les plus forts soupçons viennent" de celles-ci.

"A aucun moment je n'ai accusé les ONG des feux en Amazonie. C'est incroyable ce qui s'écrit dans les journaux!" a-t-il lancé à des journalistes à Brasilia.

- "C'est la guerre" -

Le président d'extrême droite a expliqué qu'il pourrait tout aussi bien accuser de ces "incendies criminels (...) les indigènes, les Martiens ou les grands propriétaires terriens". "Tout le monde peut être suspect. Mais les plus forts soupçons viennent des ONG", a-t-il dit, enfonçant le clou.

Mercredi Jair Bolsonaro avait déjà montré du doigt les ONG de défense de l'environnement. "Il pourrait s'agir, oui, il pourrait, mais je ne l'affirme pas, d'actions criminelles de ces +ONGéistes+ pour attirer l'attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C'est la guerre à laquelle nous sommes confrontés", avait-il lancé devant des journalistes.

"Les ONG perdent de l'argent, qui venait de la Norvège et de l'Allemagne. Elles n'ont plus d'emplois, elles essaient de me renverser", a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation de l'immense forêt tropicale.

"L'argent dans les caisses des ONG ne sert ni à lutter contre les incendies ni à replanter des arbres", a dit le président qui, dès son arrivée au pouvoir en janvier, a pris pour cible les défenseurs de l'environnement et des populations indigènes.

"La presse brésilienne passe son temps à inventer des histoires, mais m'accuser d'être (un) Néron qui met le feu est irresponsable, c'est faire campagne contre le Brésil", a-t-il dit. "Il y a toujours eu des feux de forêt et il y en aura toujours. Malheureusement cela arrive en Amazonie".

- "Cramer l'image du Brésil" -

Il a exprimé toutefois sa préoccupation pour les retombées économiques.

"Si le monde entier commence à dresser des barrières commerciales (contre le Brésil) notre agro-négoce va chuter, l'économie va reculer (...) et votre vie à vous éditeurs, propriétaires de télévision va être compliquée", a-t-il menacé.

"Cette psychose environnementale nous empêche d'agir" et "je veux sauver le Brésil", a-t-il dit.

Dans une tribune commune, 118 ONG se sont élevées contre "l'irresponsabilité" présidentielle.

"Bolsonaro n'a pas besoin des ONG pour cramer l'image du Brésil dans le monde entier", lit-on dans ce texte, qui dénonce un président "qui manipule l'opinion publique contre le travail réalisé par la société civile, avec des allégations irresponsables et inconséquentes".

La forte hausse du nombre d'incendies en Amazonie brésilienne est avant tout causée par la progression de la déforestation.

Le feu est utilisé pour nettoyer des zones déjà défrettées, pour ouvrir des pistes ou pour préparer des terres à la culture. Le manque de prévention fait que ces incendies se propagent à des zones qui n'étaient pas destinées à être brûlées.

Nucléaire: l'Iran évoque des "points d'accord" avec Macron

Ali Khamenei parle lors d'un direct télévisé à Téhéran, en Iran, le 12 juin 2009.

Le chef de la diplomatie iranienne a fait état jeudi, à la veille d'une rencontre avec le président français, de "points d'accord" avec Emmanuel Macron, qui cherche à sauver l'accord sur le nucléaire iranien fragilisé par le retrait américain.

"Le président Macron a contacté le président (iranien Hassan) Rohani avec diverses propositions et le président Rohani m'a chargé d'aller rencontrer le président Macron pour savoir si nous pourrons finaliser certaines de ces propositions afin de permettre à chacun de s'acquitter de ses obligations en vertu du JCPOA (l'accord sur le nucléaire)", a dit Mohammad Javad Zarif.

"C'est l'occasion d'examiner la proposition du président Macron et de présenter le point de vue du président Rohani, et de voir si nous pouvons trouver un terrain d'entente. Nous avons déjà des points d'accord", a-t-il ajouté.

A Paris, la présidence française a confirmé qu'Emmanuel Macron recevra vendredi matin le ministre iranien pour discuter du nucléaire iranien avant le sommet du G7 de Biarritz au cours duquel ce dossier très sensible sera abordé.

Cette rencontre se tiendra "dans la continuité" des entretiens qu'a eus le président français ces derniers mois pour tenter de sauvegarder l'accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), dont les États-Unis sont sortis en 2018, selon la présidence française.

La tenue de cet entretien, qui se déroulera hors presse, avait été annoncée par les médias iraniens en début de semaine.

Emmanuel Macron avait confirmé mercredi, devant des journalistes, qu'il s'entretiendrait avec des représentants iraniens "pour essayer de proposer des choses" alors que le nucléaire iranien sera au centre des discussions à Biarritz entre Donald Trump d'un côté, et les dirigeants des pays européens signataires du texte, de l'autre. "On a des vrais désaccords au sein du G7", a-t-il reconnu.

Signataire de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, la France conduit les efforts européens pour sauver le texte depuis le retrait unilatéral du président américain Donald Trump en mai 2018, suivi du rétablissement de sanctions draconiennes contre Téhéran.

Conclu entre l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne), l'accord avait permis la levée d'une partie des sanctions en échange de l'engagement iranien de ne pas se doter de l'arme nucléaire.

En réponse au retrait américain et à l'incapacité des Européens à l'aider à contourner les sanctions, Téhéran a arrêté en juillet de respecter certains de ses engagements pris aux termes de l'accord.

L'Iran a menacé de s'affranchir d'autres obligations si les Etats parties à l'accord ne parviennent toujours pas à l'aider à contourner les sanctions, notamment pour vendre son pétrole.

Ces mesures "peuvent être annulées dès que l'Europe se conformera à ses obligations du JCPOA", a répété M. Zarif jeudi.

Après la rencontre entre MM. Macron et Zarif, le dossier iranien devrait encore être abordé au sommet du G7 qui se tiendra dans la foulée à Biarritz de samedi à lundi.

Corée du Nord: pas de dialogue avec les USA avant l'arrêt de leurs "activités militaires hostiles"

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un supervise le lancement de deux missiles balistiques à courte portée dans une photo non datée publiée par l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) le 26 juillet 2019. KCNA / via REUTERS

La Corée du Nord a déclaré jeudi ne "pas être intéressée" par une reprise du dialogue sur le nucléaire avec les Etats-Unis tant que Washington n'aura pas mis un terme à "l'escalade de ses activités militaires hostiles".

Les pourparlers bilatéraux sont dans l'impasse depuis l'échec du second sommet à Hanoï en février entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Les deux dirigeants s'étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), le "no man's land" qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

Cette rencontre avait permis de réamorcer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d'un an après leur premier sommet de Singapour et l'échec de celui de Hanoï en février dernier.

La Corée du Nord a procédé ces dernières semaines au tir de plusieurs missiles de courte portée pour manifester sa désapprobation des exercices militaires annuels conjoints entre les forces américaines et sud-coréennes qu'elle considère comme une répétition générale d'une invasion.

L'envoyé spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, est arrivé mardi soir à Séoul pour une visite de trois jours.

"Nous sommes prêts à entamer des discussions dès que nous aurons des nouvelles de nos homologues nord-coréens", a-t-il déclaré, à l'issue d'un entretien avec son homologue sud-coréen Lee Do-hoon.

Mais un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a douché les espoirs d'une reprise du dialogue jeudi, fustigeant le récent essai américain de missile de croisière de moyenne portée. Il s'est également insurgé contre le "dangereux" projet de Washington de déployer des avions de combat F-35 dans la région, susceptible de "déclencher une nouvelle guerre froide".

"Cela nous oblige à considérer une façon réaliste de nous concentrer davantage sur le renforcement de la dissuasion physique", a-t-il averti dans une déclaration relayée par l'agence de presse officielle KCNA.

"Nous maintenons notre position consistant à résoudre toutes les questions de manière pacifique par le dialogue et la négociation", a-t-il ajouté.

"Cependant, le dialogue doublé de menaces militaires ne nous intéresse pas", a-t-il souligné.

Près de 30.000 militaires américains sont déployés en Corée du Sud.

Donald Trump, en révélant le 10 août le contenu d'une lettre que lui a adressée Kim Jong Un, avait assuré sur Twitter que le dirigeant nord-coréen voulait reprendre les négociations dès la fin des exercices militaires conjoints.

Avec AFP

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