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Un ramadan frugal pour des Syriens au pouvoir d'achat érodé par la guerre

Des civils syriens attendent leur évacuation par le Croissant-Rouge syrien dans l'enclave de la Ghouta orientale, Syrie, 22 mars 2018,

Dans le souk de Bab Srijeh, l'un des plus réputés de Damas, Abou Anas al-Hijazi scrute les étals de produits alimentaires mais renonce à acheter. Ses revenus ayant fondu avec la guerre, ce Syrien est contraint à un ramadan frugal.

"Nous avions l'habitude de convier six ou sept fois la famille et les amis à des repas copieux" pour l'"iftar", la rupture du jeune au coucher du soleil, se souvient cet homme de 45 ans, chanteur dans un groupe se produisant lors de mariages.

"Mais maintenant, j'invite une ou deux fois, tout au plus", ajoute-t-il.

Pour beaucoup en Syrie, pays à l'économie dévastée par plus de huit ans de guerre, les célébrations du ramadan ont dû se faire de plus en plus modestes.

Selon l'ONU, 83% de la population vit aujourd'hui sous le seuil de la pauvreté, contre 28% avant la guerre qui a éclaté en mars 2011 et fait plus de 370.000 morts.

Et 80% des ménages peinent à assurer leurs besoins alimentaires de base, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

"Cette année, nous offrons de petites portions à la place des festins", explique Abou Anas.

"Plus rien n'est pareil" qu'avant, regrette-t-il.

- "Pas assez d'argent" -

A l'instar d'Abou Anas, Rabbah Ammar souffre également des retombées socio-économiques de la guerre et contrôle strictement chaque dépense.

"Je viens au souk de Srijeh (...) car les prix y sont plus abordables", explique cette femme de 52 ans habitant au sud de Damas.

Elle a économisé des mois durant en prévision du ramadan et doit adapter les ingrédients qu'elle utilise pour respecter son budget.

"Nous avons remplacé les petits pois par les fèves car elles sont moins chères et les courgettes sont désormais farcies au riz à cause du prix élevé de la viande", raconte Mme Ammar.

A proximité, Abou Imad vaporise de l'eau sur les tomates charnues de son étal de primeurs pour leur donner belle allure.

Il affirme que les prix ont fortement baissé cette année.

"Le prix d'un kilogramme de concombres était de 700 livres syriennes (1,5 euro) l'année dernière (...) Aujourd'hui, il se vend à 200" livres (40 centimes d'euros), précise-t-il.

Assis à côté de cagettes de légumes, Talal Chawkal observe passer les clients devant son petit magasin.

Il explique que la baisse des prix cette année était liée à une hausse de l'offre. Les fermes de la Ghouta orientale, une région proche de Damas que le régime a reprise aux rebelles l'an dernier au terme d'une offensive militaire meurtrière, ont en effet recommencé à produire.

Mais la demande n'est pas au rendez-vous car "les gens n'ont pas assez d'argent pour acheter", souligne-t-il.

- Achat à l'unité -

Porteur de courses depuis des années, Mohammad Imad Kobeissi pâtit également de l'érosion du pouvoir d'achat.

"Aujourd'hui, j'attends très longtemps avant qu'un client ne me demande" de l'aider, confie cet homme de 60 ans. La plupart des gens quittent le souk "avec un ou deux sacs" remplis tout au plus et "ils peuvent les porter sans moi", dit-il.

Sur l'un des trottoirs de ce souk populaire, Abou Ammar arrange courgettes et concombres sur le chariot de bois qui lui sert de stand.

"Je travaille sur ce marché depuis l'âge de 10 ans", explique cet homme de 60 ans.

"C'est la première année que des clients achètent les légumes à l'unité", raconte ce déplacé originaire de la Ghouta orientale.

"Je comprends très bien la situation des gens (...) Personnellement, j'ai dû vendre ma voiture pour pouvoir assumer les dépenses quotidiennes".

Parfois, poursuit-il, "des clients me demandent seulement trois courgettes, je les leur donne gratuitement et leur demande en contrepartie de prier pour moi".

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Le patron de l'ONU aux Bahamas vendredi et samedi pour exprimer sa "solidarité

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à Kinshasa, en septembre 2019. (Assemblée nationale de la RDC)

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a annoncé jeudi qu'il se rendrait vendredi et samedi aux Bahamas afin de témoigner de la "profonde solidarité" de l'Organisation aux victimes du "terrible ouragan" Dorian.

Il y a une nécessité pour la communauté internationale "d'accroître son soutien à la population des Bahamas et à son gouvernement", a aussi dit Antonio Guterres.

Citant les Bahamas, les inondations au Mozambique, la désertification au Sahel, les incendies en Amazonie, la fonte de la glace en Arctique et la destruction des coraux, le chef de l'ONU a exhorté les dirigeants de la planète à être plus ambitieux dans la lutte contre le changement climatique.

"Tout ceci confirme ce que nous disons tous depuis peu: le changement climatique est plus rapide que nous et nous devons adopter une approche beaucoup plus ambitieuse dans ce que nous faisons pour vaincre le changement climatique", a-t-il souligné.

Lors de son déplacement, le secrétaire général rencontrera le Premier ministre Hubert Minnis à Nassau ainsi que d'autres responsables des Bahamas. Il aura aussi des entretiens avec des victimes de l'ouragan et les équipes humanitaires qui les assistent, a précisé un communiqué de l'ONU.

Les Bahamas ont déjà reçu la visite le 4 septembre du secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock. Ce dernier avait alors annoncé le déblocage d'un million de dollars du fonds d'urgence des Nations unies pour les Bahamas.

Quelque 1.300 personnes sont toujours non localisées aux Bahamas, dix jours après le passage de Dorian qui a fait 50 morts, semé le chaos dans cet archipel des Caraïbes et déclenché une marée noire, selon les services de secours.

Avec AFP

Washington veut "des progrès substantiels" dans les négociations commerciales avec Pékin

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, à la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 12 septembre 2019. REUTERS / Sarah Silbiger.

L'administration Trump veut "des progrès substantiels" dans les prochaines négociations commerciales avec la Chine, a déclaré jeudi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, au lendemain de l'annonce à Pékin et Washington d'une pause dans la guerre des tarifs douaniers.

"Nous ne voulons pas d'un voyage qui ne soit qu'une série de discussions. Nous voulons faire des progrès substantiels", a dit M. Mnuchin sur la chaîne CNBC.

Il a en outre souligné que Donald Trump était disposé à retirer ou à augmenter les tarifs douaniers sur les marchandises en provenance du géant asiatique selon l'issue des discussions.

Le président américain a pour sa part laissé entendre, jeudi soir, qu'il n'excluait pas de signer un accord provisoire avec la Chine.

"J'entends beaucoup d'analystes parler d'un accord provisoire, ce qui veut dire qu'on s'accorderait sur certaines parties, les plus faciles pour commencer. Mais ce n'est pas facile ou difficile. Soit il y un accord, soit il n'y en a pas. Mais c'est quelque chose qu'on pourrait envisager, j'imagine", a déclaré le locataire de la Maison Blanche.

Selon l'agence Bloomberg, son administration aurait envisagé de proposer un accord provisoire à la Chine pour reporter voire annuler certaines des taxes douanières que Pékin impose aux Etats-Unis.

Pékin a annoncé plus tôt étudier la possibilité d'acheter davantage de produits agricoles américains, chers à Donald Trump et qui sont actuellement durement affectés par les représailles chinoises.

"Les entreprises chinoises ont commencé à s'informer sur l'achat de produits agricoles américains", a assuré jeudi le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng.

M. Gao a précisé que les produits en question comprenaient notamment le porc et le soja, que les agriculteurs américains exportaient massivement vers la Chine avant le début des tensions.

"Voyons si les Chinois respectent leurs engagements. Comme vous le savez, le problème que nous avons toujours eu avec les Chinois est qu'ils ne respectent pas leurs engagements", a tempéré sur CNN Peter Navarro, conseiller économique de la Maison Blanche.

Le président "peut nouer un accord à tout moment mais il veut un bon accord", a martelé Steven Mnuchin, rappelant que Pékin s'était engagé dès le début des discussions "à rééquilibrer" les échanges commerciaux entre les deux pays.

En 2018, les Etats-Unis ont accusé un déficit des biens de 419,52 milliards de dollars avec la Chine.

En mai, "nous avions (un texte d') accord de 150 pages sur le point d'être finalisé. Les Chinois ont fait volte-face", a souligné Peter Navarro.

Et fin juillet, "nous n'avons de toute évidence pas fait les progrès que nous souhaitions" lors de la dernière réunion à Shanghai, la capitale économique chinoise, a relevé Steven Mnuchin.

Il s'est refusé à dire quels étaient les points qui seraient spécifiquement discutés lors de la bilatérale de début octobre.

- "Symboliquement" -

Il a en revanche souligné que le dossier sensible de Hong Kong ne serait pas "sur la table" des négociations. "Cela relève du département d'Etat, pas du commerce", a-t-il commenté.

M. Mnuchin a rappelé qu'au printemps, lorsque les deux pays étaient sur le point de signer un accord, le texte comportait sept chapitres. Et le premier portait sur la propriété intellectuelle et le transfert forcé des technologies.

Ces commentaires interviennent alors que Pékin et Washington ont annoncé mercredi une pause dans l'escalade de leur guerre commerciale.

La Chine, dont l'économie est de plus en plus affectée par une guerre commerciale qui dure depuis 18 mois, a consenti à exempter de droits de douane certains produits en provenance des Etats-Unis à la demande d'entreprises.

L'hôte de la Maison Blanche a, lui, annoncé qu'il reportait au 15 octobre au lieu du 1er la hausse des tarifs douaniers portant sur 250 milliards de dollars de biens importés de Chine "en signe de bonne volonté".

Il a précisé que cette décision avait été prise à la demande du vice-Premier ministre chinois Liu He "en raison de la célébration, le 1er octobre, du 70e anniversaire de la République populaire de Chine".

Que des nouveaux tarifs douaniers soient imposés le 1er octobre "leur posait un sérieux problème symboliquement", a expliqué jeudi Steven Mnuchin.

Dans cette guerre commerciale, c'est la domination technologique qui est en jeu.

Washington exige des autorités chinoises qu'elles mettent fin à des pratiques commerciales jugées "déloyales", en particulier le transfert forcé de technologies américaines, les subventions massives aux entreprises d'Etat chinoises ou encore le vol de la propriété intellectuelle.

Jusqu'à présent, faute d'obtenir un accord, Donald Trump s'est lancé dans une guerre commerciale sans merci qui s'est traduite par des hausses de droits de douane sur des milliards de dollars de marchandises.

Il a prévenu qu'il était prêt à surtaxer la totalité des importations venant de Chine d'ici la fin de l'année.

Avec AFP

Donald Trump affirme que l'Iran "souhaite une rencontre

Le président Donald Trump, lors de la retraite des membres de la Conférence des républicains de la Chambre des représentants à Baltimore, le 12 septembre 2019.

Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi que l'Iran souhaitait une rencontre avec les Etats-Unis, alimentant encore les spéculations sur un possible tête-à-tête avec son homologue iranien Hassan Rohani en marge de l'assemblée générale de l'ONU.

"Je peux vous dire que l'Iran veut une rencontre", a déclaré M. Trump depuis les jardins de la Maison Blanche, sans autres précisions.

Interrogé mercredi sur un éventuel allègement des sanctions visant l'Iran, condition sine qua non posée par Téhéran pour envisager une rencontre au sommet, le locataire de la Maison Blanche avait laissé planer le doute.

"Je pense que l'Iran a un énorme potentiel", avait-il martelé.

"Nous espérons pouvoir aboutir à un accord (...). Je pense qu'ils veulent aboutir, ils n'ont jamais été dans une telle position", avait-il ajouté, évoquant "les énormes difficultés financières" de la République islamique.

Près de 40 ans après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays dans la foulée de la Révolution islamique et de la prise d'otages à l'ambassade américaine à Téhéran, le milliardaire républicain semble véritablement tenté par l'idée d'organiser une rencontre au plus haut niveau.

Interrogé en début de semaine sur un éventuel tête-à-tête à New York, fin septembre, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le locataire de la Maison Blanche a estimé que "tout était possible".

Ce faisant, il irait plus loin que son prédécesseur démocrate Barack Obama qui, en septembre 2013, avait franchi un cap longtemps inimaginable: une conversation téléphonique avec Hassan Rohani.

Avec AFP

Chronique santé : la prévention du suicide

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