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Moyen-Orient

Syrie : 10 civils tués dans des raids aériens russes à Idleb

De la fumée et des débris s’élèvent après un bombardement à Damas, Syrie, 25 septembre 2017.

Dix civils dont deux enfants ont été tués vendredi dans des raids aériens menés par la Russie, alliée du régime syrien, dans le bastion djihadiste d'Idleb (nord-ouest), a annoncé une ONG.

Trois civils, dont un garçon, ont péri dans la ville de Kafranbel et sept autres, dont une fillette, à Tal Hawach, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

La province d'Idleb est dominée par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda), une organisation djihadiste qui a renforcé en début d'année son emprise sur ce territoire face à des rebelles affaiblis.

Le groupe Etat islamique (EI) dispose également de cellules dormantes dans cette région.

Depuis septembre 2018, cette province fait l'objet d'un accord négocié par Moscou et Ankara, qui parraine certains groupes rebelles, prévoyant la mise en place d'une "zone démilitarisée" séparant les secteurs djihadistes et insurgés des zones gouvernementales attenantes.

Cet accord a permis à la province d'éviter une offensive d'envergure de l'armée syrienne mais le régime a continué d'y mener des frappes, devenues plus régulières depuis février.

Des pourparlers de paix sur le conflit syrien réunissant Russie, Iran et Turquie se sont achevés vendredi au Kazakhstan sans progrès notables.

Les trois pays ont exprimé leur inquiétude face au renforcement de l'influence de HTS dans la région d'Idleb, dans un communiqué conjoint.

Ils ont souligné leur "détermination à poursuivre la coopération pour enfin éliminer" HTS et l'EI.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pro démocratie par le régime, le conflit en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé plus de dix millions de personnes.

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Beyrouth annonce des élections parlementaires anticipées en pleines manifestations exacerbées par l'explosion

La police anti-émeute libanaise arrête un manifestant anti-gouvernemental, qui tentait d'atteindre le bâtiment du Parlement, lors d'une manifestation contre les élites politiques et le gouvernement, à Beyrouth, au Liban, le samedi 8 août 2020. (Photo AP / Hussein Malla)

Au Liban, des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Beyrouth contre la classe politique jugée responsable du drame qui a fait plus de 150 morts, 6.000 blessés, plus de 300.000 sans-abri et des disparus. Le gouvernement annonce les élections parlementaires anticipées.

Les manifestants se sont dirigés vers la place des Martyrs, épicentre traditionnel des manifestations, avec pour mot d'ordre "Le Jour du jugement". Des guillotines en bois y ont été installées et des manifestants brandissaient des cordes avec un noeud coulant à leur extrémité.

Les foules scandaient: "Vengeance, vengeance, jusqu'à la chute du régime". Certains portaient des masques, d'autres des drapeaux ou des portraits des victimes de l'explosion, alors que les forces de sécurité tentaient d'empêcher certains groupes d'avancer vers le Parlement.

Des manifestants ont pris d'assaut le quartier général de l'Association des banques dans le centre de Beyrouth, y mettant le feu avant d'être délogés par l'armée. D'autres protestataires ont investi le ministère des Affaires étrangères et celui du Commerce.

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes tandis que certains manifestants leur ont lancé des pierres. L'explosion au port mardi, dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées, aurait été provoquée par un incendie qui a touché un énorme dépôt de nitrate d'ammonium, dangereuse substance chimique.

-Elections parlementaires anticipées-

Le Premier ministre Hassan Diab, contesté, a annoncé qu'il allait proposer des élections parlementaires anticipées. Il estime que seules "des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle".

"J'appelle toutes les parties politiques à s'entendre sur l'étape à venir. Leurs responsables n'ont pas beaucoup de temps, je suis prêt à continuer à assumer mes responsabilités pendant deux mois jusqu'à ce qu'ils se mettent d'accord", a-t-il ajouté, a affirmé M. Diab.

-Visioconférence de soutien-

L'ONU et la France organiseront dimanche une visioconférence de soutien au Liban. Pour la France, cette rencontre doit marquer le début d'une "démarche d'urgence et d'espoir pour l'avenir" du pays.

La France n'a pas voulu donner le montant de l'aide qui pourrait être dégagée dimanche, mais l'ONU a chiffré à 85 millions de dollars le coût des seuls besoins de santé. "L'objectif immédiat est de pourvoir aux besoins d'urgence du Liban, à des conditions qui permettent que l'aide aille directement à la population", a expliqué l'Élysée, en visant "la consolidation des bâtiments endommagés, l'aide médicale d'urgence, l'aide alimentaire et le restauration des hôpitaux et écoles".

Les représentants de l'Union européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, de la Russie, de Jordanie, d'Égypte y participeront. Israël n'est "pas dans le tour de table". L'Iran n'a "pas manifesté sa volonté de participer", alors que "les pays du Golfe ont été invités".

-Une catastrophe de trop-

Le Liban est en plein naufrage économique, après avoir fait défaut sur sa dette, et ses dirigeants ont été incapables de s'entendre sur un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour les Libanais déjà éprouvés par une crise économique inédite, l'explosion de mardi a été la catastrophe de trop, relançant un mouvement de contestation qui avait débuté en octobre pour dénoncer l'ensemble de la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente, mais s'était essoufflé en raison de la pandémie de Covid-19.

Explosion de Beyrouth: entretien avec la journaliste Sunniva Rose

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À Beyrouth, l’aide humanitaire arrive et les habitants s’organisent

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Explosion au Liban: 16 fonctionnaires du port de Beyrouth en détention

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L'explosion de Beyrouth alimente la colère

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