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États-Unis

Les démocrates reprennent la Chambre, mais Trump satisfait de garder le Sénat

Le président Donald Trump arrive pour prendre la parole lors d'un rassemblement de campagne à Erie Insurance Arena, le 10 octobre 2018, à Erie, en Pennsylvanie.

Le président américain Donald Trump s'est félicité mercredi que son parti ait conservé et même renforcé sa majorité au Sénat, une "grande victoire" selon le dirigeant, malgré la reconquête de la Chambre des représentants par les démocrates.

Deux ans après la victoire choc de l'homme d'affaires, propulsé à la Maison Blanche sans la moindre expérience politique ou diplomatique, les Américains n'ont pas généré la "vague" anti-Trump longtemps crainte au parti républicain.

"Ai reçu tant de Félicitations de tant de personnes après notre Grande Victoire hier soir, y compris de pays étrangers (amis) qui m'attendaient au tournant, et espéraient, sur les Accords Commerciaux. Maintenant on peut tous retourner au travail et accomplir des choses!" a-t-il tweeté mercredi à l'aube.

Il a affirmé que ceux qui avaient travaillé avec lui s'en étaient "bien tirés". "Tout cela sous la pression de Médias Méchants et Hostiles".

Le dirigeant a convoqué une conférence de presse à 11h30 (16h30 GMT) à la Maison Blanche.

Tous les résultats n'étaient pas encore connus, mais les démocrates devraient remporter 27 sièges supplémentaires à la chambre basse du Congrès --il leur en fallait 23 pour en reprendre le contrôle, perdu en 2010. De leur côté, les républicains ont renforcé leur courte majorité au Sénat d'au moins deux sièges, selon les médias américains.

Les Américains ont ainsi élu un 116e Congrès divisé, qui promet deux dernières années de mandat mouvementées au 45e président des Etats-Unis.

Habile, Donald Trump avait pris soin ces derniers jours de souligner avoir surtout fait campagne pour les candidats républicains au Sénat dans sa rafale de rassemblements "Make America Great Again", faute de temps, disait-il, pour les républicains en lice pour la Chambre, beaucoup plus nombreux.

Les élections de mi-mandat sont traditionnellement délicates pour le président en place. Mais la perte de la Chambre, en dépit d'excellents indicateurs économiques, reste un revers pour l'ex-magnat de l'immobilier.

Élections de mi-mandat aux États-Unis (vidéo)
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"Contre-pouvoir"

Après deux ans d'une présidence Trump qui a profondément divisé les Américains, les démocrates ont promis d'employer leur nouvelle majorité à la chambre basse, à partir de janvier 2019, pour servir de "contre-pouvoir".

Mais ils ont aussi semblé tendre la main à l'autre camp. Leur chef à la Chambre, Nancy Pelosi, a promis d'oeuvrer pour trouver "des solutions qui nous rassemblent, car nous en avons tous assez des divisions".

En prenant le contrôle de la chambre basse, les démocrates s'offrent la possibilité de lancer une procédure de destitution contre le président américain. L'état major démocrate a laissé entendre qu'il était réticent à déclencher cette option explosive, probablement vouée à l'échec dans un Sénat républicain qui aurait le dernier mot.

Reste à voir si la jeune garde progressiste fraîchement élue tiendra les rangs.

L'opposition aura aussi les mains libres pour lancer des enquêtes parlementaires à tout-va, notamment sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016 et Moscou.

Mais en conservant le contrôle du Sénat, les républicains gardent notamment la main sur les confirmations des nominations présidentielles à la Cour suprême.

Les deux chambres devront s'accorder sur le budget, ce qui promet d'âpres batailles.

Lui qui n'est jamais aussi convaincant que dans les combats, M. Trump pourrait trouver dans les luttes au Congrès un terreau fertile pour sa campagne de réélection en 2020.

Ilhan Omar, première femme musulmane élue au Congrès (vidéo)
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Economie et immigration

La carte électorale sénatoriale jouait grandement, cette année, en faveur des républicains: le renouvellement par tiers concernait des Etats majoritairement conservateurs.

Le nombre de votants n'est pas centralisé par une autorité électorale unique aux Etats-Unis, mais au Texas, à New York ou dans le Maryland, électeurs et scrutateurs interrogés par l'AFP semblaient surpris par l'affluence.

Nicky Davidson, étudiante en biologie, 20 ans, a voté républicain au nom de ses "croyances chrétiennes" notamment. Donald Trump "fait les choses différemment et c'est ce dont nous avons besoin", explique-t-elle.

Le milliardaire, qui avait commencé sa campagne présidentielle en traitant les immigrés mexicains de "violeurs", a de nouveau opté cette année pour un message anxiogène sur l'immigration, n'hésitant pas à déployer des milliers de militaires à la frontière avec le Mexique.

Des soldats américains construisent des tentes à la frontière (vidéo)
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Record de femmes

Electrique, secouée par la violence, cette campagne a aussi été marquée par un grand élan d'enthousiasme.

Jamais autant de femmes, ni de femmes issues de minorités, n'ont été élues au Congrès, surtout du côté démocrate où la colère anti-Trump s'est cristallisée dans un nouveau souffle politique.

La démocrate du Kansas Sharice Davids, avocate férue d'arts martiaux, est devenue la première Amérindienne élue au Congrès en l'emportant sur des terres conservatrices.

Ilhan Omar et Rashida Tlaib, respectivement du Minnesota et du Michigan, sont devenues les deux premières femmes de confession musulmane élues à la Chambre des représentants.

Grande première aussi dans le Colorado: le démocrate Jared Polis est devenu le premier gouverneur ouvertement gay d'un Etat américain.

Mais l'espoir démocrate Beto O'Rourke, qui avait reçu tardivement le soutien de la chanteuse Beyoncé, n'a pas réussi à créer la surprise au Texas. Le sénateur sortant Ted Cruz, auquel Donald Trump était venu prêter main forte, a été réélu à l'issue d'une course très serrée.

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La convention du parti démocrate reportée

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Un commandant américain limogé après avoir alerté sur le Covid-19 à bord d'un porte-avions nucléaire

Le USS Theodore Roosevelt à l'entrée du port de Da Nang, au Vietnam, le 5 mars 2020. (Photo: Reuters)

Le commandant du porte-avions nucléaire américain USS Theodore Roosevelt, qui avait lancé un appel aux accents dramatiques pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus, a été démis de ses fonctions, a annoncé jeudi le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly.

"Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent", avait écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier dans une lettre à sa hiérarchie publiée mardi par le San Francisco Chronicle.

"Nous ne sommes peut-être pas en guerre dans le sens traditionnel du mot, mais nous ne sommes pas non plus complètement en paix", a noté M. Modly au cours d'une conférence de presse. "Et nous demandons à nos commandants de faire preuve de jugement, de maturité, de leadership et de calme sous la pression."

Or le commandant Crozier a "fait preuve d'un très mauvais jugement en période de crise", a-t-il jugé.

Il sera remplacé par son prédécesseur immédiat, le vice-amiral Carlos Sardiello, qui lui avait transmis le commandement du Theodore Roosevelt en novembre dernier et qui connait donc parfaitement le navire.

"Le commandant Crozier a laissé la complexité du défi posé par l'épidémie de Covid à bord prendre le dessus sur son professionnalisme, au moment où le plus urgent était d'agir avec professionnalisme", a estimé M. Modly.

"Je ne doute absolument pas que le commandant Crozier ait fait ce qu'il croyait nécessaire pour le bien-être de son équipage", a-t-il poursuivi.

Mais cette lettre et l'écho qu'elle a recueilli ont "alarmé inutilement les familles de nos marins", a-t-il regretté. Elle a aussi "semé le doute sur les capacités et la sécurité opérationnelles du navire, ce qui aurait pu encourager nos adversaires à en profiter".

"C'est pour ces raisons que j'ai perdu confiance dans sa capacité à continuer à commander ce navire de guerre alors qu'il combat ce virus pour remettre l'équipage sur pied", a-t-il conclu.

Le secrétaire à l'US Navy a souligné que ce n'était pas le fait que le commandant du porte-avion ait lancé une alerte qui méritait son limogeage, mais le fait qu'il ait envoyé un e-mail aussi alarmiste au commandement régional avec une trentaine de personnes en copie.

C'est ce qui a apparemment permis que la lettre soit parvenue au San Francisco Chronicle, a-t-il ajouté sans accuser directement le commandant de l'avoir fait fuiter lui-même.

L'US Navy a commencé à évacuer les trois quarts de l'équipage du Theodore Roosevelt, un porte-avions nucléaire immobilisé à Guam depuis le 28 mars.

Les marins malades ou testés positifs seront placés en quarantaine sur la grande base navale américaine de Guam, qui abrite plusieurs milliers de marins et leurs familles, et ceux qui ne sont pas atteints par le coronavirus dans des hôtels de l'île, pour donner plus d'espace au millier de marins restant à bord et leur permettre de respecter une certaine distanciation sociale.

Le nombre de marins testés positif au Covid-19 est désormais de 114 et "il y en aura probablement des centaines", a indiqué M. Modly, soulignant qu'aucun des marins n'était gravement malade.

Le coronavirus représente un dilemme pour l'armée américaine, qui est fortement mobilisée aux Etats-Unis, où elle participe aux efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie, mais qui veut rester opérationnelle pour continuer à démontrer la puissance militaire des Etats-unis à l'étranger.

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