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Soudan du Sud : la rébellion de Machar ira à la réunion d'Addis


La présidente du Sud-Soudan Salva Kiir (à droite) et son ancien vice-président, le chef des rebelles Riek Machar (à gauche), se serrent la main à Addis-Abeba, le 12 septembre 2018.

Le mouvement rebelle de Riek Machar participera à la réunion prévue les 2 et 3 mai à Addis Abeba pour discuter de la mise en application de l'accord de paix, qui accuse de multiples retards, a annoncé vendredi à l'AFP l'un de ses dirigeants.

"Nous avons reçu l'invitation et notre équipe prendra part à cette rencontre", a déclaré à l'AFP par téléphone depuis Kampala Manasseh Zindo, haut cadre du SPLM-IO (Mouvement populaire de libération du Soudan - En opposition).

"En fait, nous appelions depuis longtemps à cette rencontre", a-t-il affirmé. "Nous voulions que cette réunion ait lieu pour que nous puissions faire le point sur ce qui a été fait et ne l'a pas été, et sur la meilleure manière d'avancer."

Le bloc régional est-africain Igad, qui supervise les efforts de paix, a invité les parties au conflit à se réunir dans la capitale éthiopienne jeudi et vendredi pour discuter "du statut de la mise en oeuvre de l'accord de paix et de la voie à suivre".

M. Zindo a indiqué que M. Machar, qui réside actuellement à Khartoum, devrait se rendre à Addis Abeba. "Nous comprenons qu'il participera à cette réunion, à moins que les choses ne changent", a-t-il dit.

Le président Salva Kiir, en revanche, n'ira pas en Ethiopie, a annoncé vendredi à l'AFP son porte-parole, Ateny Wek. Mais le gouvernement sera tout de même représenté par son équipe de négociateurs.

Mi-avril, la Commission de surveillance et d'évaluation de l'accord de paix (RJMEC), émanation de l'Igad, s'était inquiétée des retards pris dans la mise en oeuvre de cet accord signé en septembre à Addis Abeba par MM. Kiir et Machar.

Aux termes de cet accord, un gouvernement transitoire d'union nationale doit être formé d'ici au 12 mai, dans lequel M. Machar occuperait de nouveau un poste de vice-président.

Mais des questions sensibles, comme le cantonnement des groupes armés ou le nombre d'États régionaux, n'ont pas encore été réglées.

Et M. Machar a récemment demandé un report de six mois pour la formation du gouvernement d'union nationale, estimant que sa sécurité n'était pas garantie à Juba.

Il avait dû fuir Juba en 2016 sous les tirs de l'armée de M. Kir après l'échec d'un précédent accord de paix qui avait entraîné de violents affrontements entre leurs forces.

M. Zindo a laissé entendre que si le gouvernement refusait ce report, le SPLM-IO pourrait décider de se retirer de l'accord de paix. "C'est une opinion à laquelle certains d'entre nous souscrivent", a-t-il assuré.

Il s'agit de la troisième tentative de réconcilier M. Kiir et Machar, dont la rivalité a déclenché en décembre 2013 une guerre civile qui a fait 400.000 morts et près de 4 millions de déplacés.

Depuis la signature de l'accord de paix, les combats ont largement baissé en intensité mais n'ont pas complètement cessé.

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