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Le Soudan du Sud appelle la communauté internationale à financer l'accord de paix


La présidente du Sud-Soudan Salva Kiir (à droite) et son ancien vice-président, le chef des rebelles Riek Machar (à gauche), se serrent la main à Addis-Abeba, le 12 septembre 2018.

Le gouvernement sud-soudanais a appelé mercredi la communauté internationale à financer un accord de paix signé en septembre, dont la mise en oeuvre a pris quatre mois de retard sur fond de combats toujours en cours dans certaines régions.

Dans un discours prononcé notamment devant des diplomates étrangers, le ministre adjoint des Affaires étrangères Deng Dau Deng a assuré que cet argent est nécessaire pour s'assurer du cantonnement de groupes armés, une des mesures clés de l'accord de paix.

"Quand on n'a pas de ressources, on ne peut pas avancer", a déclaré le ministre adjoint. "C'est la disponibilité de ces ressources qui permettra au processus d'avancer".

Goc Mokwach, le ministre adjoint des Finances, a indiqué à l'AFP que le parlement a approuvé en 2018 un budget d'environ 20 millions de dollars pour la mise en oeuvre de l'accord de paix.

Selon Deng Dau Deng, le gouvernement n'a jusqu'à présent réussi à rassembler que 1,6 million de dollars.

Lors de la lutte pour l'indépendance et après l'obtention de celle-ci par le Soudan du Sud en 2011, les partenaires internationaux, principalement les Etats-Unis, ont financé le gouvernement et diverses missions humanitaires, notamment, à hauteur de milliards de dollars.

Plusieurs enquêtes d'ONG ont montré que les élites du pays ont largement ponctionné les caisses de l'Etat pour leur enrichissement personnel et le financement de la guerre qui ravage le Soudan du Sud depuis décembre 2013.

Depuis la signature de l'accord de paix en septembre 2018, le président Salva Kiir a voyagé notamment en Chine, en Egypte et en Afrique du Sud pour demander plus de ressources à ses partenaires internationaux, a souligné mercredi Deng Dau Deng.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013, lorsque le président Salva Kiir, un Dinka, a accusé Riek Machar, son ancien vice-président, de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.

Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-soudanais, soit près d'un tiers de la population, à s'enfuir. Il a également été marqué par la violation d'accords de paix et cessez-le-feu.

Depuis la signature de l'accord de paix en septembre, les diplomates étrangers assurent que les combats ont diminué dans le pays, mais certaines zones sont encore le théâtre d'affrontements, notamment dans le sud du pays où des rebelles n'ayant pas signé l'accord de paix sont opposés aux forces du gouvernement.

Avec AFP

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