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L'ambassadrice américaine à l'ONU dénonce les "atrocités" du pouvoir au Soudan du Sud


L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Nikki Haley, 2e à gauche, est arrivée mercredi à Juba, Soudan du Sud, 25 octobre 2017.

L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Nikki Haley a affirmé mercredi avoir mis le président du Soudan du Sud Salva Kiir face à sa "responsabilité" dans les "atrocités" commises dans son pays ravagé par une guerre civile.

"Le gouvernement est engagé dans une campagne militaire brutale et prolongée" contre l'opposition armée, a déclaré la diplomate américaine, qui s'est rendue au Soudan du Sud fin octobre.

"Les deux parties sont responsables d'atrocités contre les civils", mais "le gouvernement est le premier responsable de meurtres sur la base de l'ethnie et pour avoir bloqué délibérément l'acheminement de l'aide humanitaire", a-t-elle dénoncé lors d'un discours au musée du Mémorial de l'Holocauste des Etats-Unis, à Washington.

"Il faut toujours prendre parti", a-t-elle martelé pour définir sa vision du leadership, en citant l'ancien prix Nobel de la paix américain Elie Wiesel.

Racontant sa visite dans les camps de réfugiés sud-soudanais, Nikki Haley a expliqué qu'elle n'était "pas préparée pour le niveau de souffrance" qu'elle a vu. "Rien ne vous prépare à ça", a-t-elle déclaré.

"Les conditions de vie des réfugiés sud-soudanais" font ressembler d'autres camps à des "villages de vacances de luxe".

"Presque toutes les femmes ont été violées, parfois à plusieurs reprises", et "les histoires de violences sexuelles sont inimaginables", a-t-elle dit, évoquant le récit d'une mère forcée à manger la chair de son propre bébé jeté dans les flammes sous ses yeux.

L'ambassadrice américaine a rapporté avoir ensuite montré au président Kiir, qu'elle a rencontré à Juba, la capitale du jeune Etat africain, les photos de sa visite dans les camps. "Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas nier ce qu'elles représentent", et "il n'a pas tenté de le nier".

Rappelant que les Etats-Unis, très impliqués dans l'indépendance du Sud-Soudan, avaient jadis placé "de grandes espérances" en Salva Kiir l'ex-chef rebelle, Nikki Haley a dit son "dégoût pour ce qu'il a laissé faire et pour ce qu'il a lui-même fait à son peuple".

L'émissaire américaine, qui a rang de ministre, a assuré, sans plus de précisions, avoir signifié au président sud-soudanais "une série de choses que nous attendons dans un futur proche", et aussi ce qui l'attend s'il n'obtempère pas.

Selon elle, un premier "signe prometteur" et "bienvenu" vient d'être émis par Juba où, a-t-elle dit, Salva Kiir a ordonné d'accorder aux organisations humanitaires "un accès libre et sans entrave".

"Nous le jugerons sur ses actes", a-t-elle toutefois précisé, car il "a déjà rompu ses promesses" par le passé.
Avec AFP

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