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SOS Méditerranée dénonce des conditions de sauvetage "inacceptables" des migrants


Des affaires de migrants secourus dans la mer Méditerranée, le 18 février 2018.

Les conditions de sauvetage de migrants sont devenues "inacceptables", s'est alarmée l'ONG SOS Méditerranée, après avoir dû négocier en pleine mer avec les garde-côtes libyens le droit de secourir un bateau dont elle n'a finalement pu récupérer qu'une partie des occupants.

Venue samedi matin à la rescousse d'une embarcation surchargée au large des côtes libyennes, l'ONG affirme n'avoir obtenu le droit d'évacuer que "les cas les plus vulnérables" sur son navire l'Aquarius, mais s'être vue "interdire de secourir les autres passagers du canot".

"39 personnes, dont un nouveau-né, des femmes enceintes et de nombreux enfants avec leurs parents" ont été transférées sur le navire tandis qu'"environ 90 personnes" ont été "interceptées par les garde-côtes libyens et renvoyées en Libye", ajoute l'ONG dans un communiqué.

Au total, SOS Méditerranée rapporte avoir secouru "292 personnes" au cours de trois opérations depuis jeudi.

"Les conditions actuelles de sauvetage en mer, toujours plus compliquées et avec des transferts de responsabilité confus et périlleux pendant les opérations, sont inacceptables", a estimé Francis Vallat, le président de SOS Méditerranée France.

>> Lire aussi : Près de 450 migrants secourus au large des côtes libyennes

En effet les bateaux de sauvetage "se retrouvent contraints à négocier au cas par cas, en pleine mer, en situation d'urgence et de tension dangereuse, l'évacuation de personnes en détresse", a-t-il ajouté, en déplorant une nouvelle fois que "le renvoi des personnes en détresse vers la Libye est priorisé au lieu de leur mise en sécurité".

Aussi SOS Méditerranée appelle-t-elle les autorités européennes et internationales "à clarifier d'urgence le cadre d'intervention des gardes-côtes libyens".

L'Aquarius est l'un des derniers navires d'ONG à patrouiller régulièrement au large de la Libye. La plupart ont suspendu leurs opérations en raison de menaces libyennes, de la baisse des départs (-60% depuis l'été 2017)... ou de la saisie de leur bateau, comme cela a été le cas fin mars pour le navire d'une ONG espagnole placée sous séquestre par la justice italienne.

Avec AFP

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