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Niger

Quatre soldats tués par l'explosion d'un engin dans le sud-est

Habitants du village de Tibiri près de Dosso au Niger, le 28 mai 2012.

Quatre militaires nigériens ont été tués en roulant avec leur véhicule sur un engin explosif près de Bosso, une ville du sud-est du Niger, cible régulière des raids du groupe jihadiste nigérian Boko Haram, ont indiqué mardi à l'AFP des sources sécuritaires.

"Quatre de nos soldats sont effectivement morts quand leur véhicule a sauté sur un engin explosif entre les localités de Toummour et Bosso", dans la région de Diffa, proche du Nigeria, a précisé à l'AFP une source sécuritaire locale.

Les quatre soldats tués appartenaient à la Force multinationale mixte (Niger, Nigeria, Tchad et Cameroun) qui opère depuis 2015 dans le bassin du Lac Tchad contre Boko Haram.

"L'incident est survenu samedi dernier mais il n'a été divulgué que ce mardi en raison de la fête de l'Aïd el-Kébir célébrée dimanche et lundi au Niger", a expliqué cette source.

La région de Diffa est depuis 2015 le théâtre d'attaques de Boko Haram, dont des combattants se sont également retranchés dans le lit du lac Tchad.

Le 2 août, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a regretté qu'"en dépit des opérations" militaires, "Boko Haram malheureusement fasse preuve d'une résilience" que "nos forces doivent briser coûte que coûte".

La semaine passée lors d'une réunion à Niamey, des responsables militaires des quatre pays riverains du Lac Tchad et de leurs alliés occidentaux ont décidé de mieux coordonner les renseignements pour lutter plus efficacement contre Boko Haram.

Avec AFP

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L'armée nigérienne frappée par l'attaque jihadiste la plus meurtrière dans le pays

Le président nigérien Issoufou Mahamadou devant des militaires a la place d'armes de la zone de défense n°5 de Diffa, le 9 novembre 2019. (Crédit : Présidence de la république du Niger)

L'armée nigérienne a subi ses plus lourdes pertes depuis qu'elle est confrontée au défi djihadiste, lors de l'attaque mardi du camp d'Inates, dans l'Ouest, près de la frontière avec le Mali.

"Malheureusement, on déplore le bilan suivant: 71 militaires tués, 12 blessés, des portés disparus, et un nombre important de terroristes neutralisés", selon un communiqué du ministère de la Défense, lu à la télévision nationale.

"Les combats", qui ont duré trois heures, ont été "d'une rare violence combinant des tirs d'artillerie et l'emploi de véhicules kamikaze par l'ennemi", a ajouté le ministère, estimant le nombre de "terroristes lourdement armés" à "plusieurs centaines".

Un précédent bilan de source sécuritaire faisait état de plus de 60 morts, précisant que "les terroristes ont pilonné le camp à l'aide d'obus", et que beaucoup de victimes étaient décédées dans des explosions de dépôts de munitions et de carburant.

L'ampleur inédite des pertes subies a été ressentie jusqu'au sommet de l'Etat, alors que le président français Emmanuel Macron doit accueillir samedi ses homologues du Sahel pour "reclarifier le cadre et les conditions politiques" de l'intervention militaire française dans la région.

"Le président de la République, chef suprême des armées, Issoufou Mahamadou, a interrompu sa participation à la Conférence sur la paix durable, la sécurité et le développement en Afrique qui se tient en Égypte, pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à #Inates", a indiqué la présidence sur twitter.

Il présidera jeudi une réunion du Conseil national de sécurité, a-t-elle ajouté.

Cette attaque est la plus meurtrière depuis le début de l'offensive djihadiste au Niger, en 2015. Au-delà de ce pays, c'est tout le Sahel - en particulier le Mali, le Niger et le Burkina -, qui est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes armés, en dépit de la présence des militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Le Mali a notamment été frappé par un automne sanglant, lors duquel plus de 140 soldats ont été tués, provoquant un véritable traumatisme.

Le Burkina avait perdu 24 militaires en août, dans un assaut contre la base de Koutougou, également près de la frontière malienne.

Inates se situe au cœur d'une région en proie à la contrebande et aux trafics. La base militaire y avait déjà été ciblée le 1er juillet quand 18 soldats nigériens y avaient perdu la vie, dans une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique.

Mardi, le conseil des ministres nigériens avait prorogé pour une période de trois mois l'état d'urgence décrété depuis 2017 dans plusieurs départements pour lutter contre les attaques djihadistes.

- Sommet en France -

Cette mesure accorde des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité sur les théâtres des opérations, dont celui d'ordonner des perquisitions de nuit comme de jour dans un domicile. En outre, elle limite les déplacements dans les espaces concernés.

Depuis octobre, il est aussi formellement interdit aux organisations humanitaires de se rendre dans certaines zones sans escorte militaire.

Cette attaque survient alors que le président français Emmanuel Macron a invité les présidents du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie à le retrouver le 16 décembre à Pau, dans le sud-ouest de la France.

C'est dans cette ville qu'étaient basés la majorité des 13 soldats français décédés le 25 novembre dans un accident d'hélicoptères au Mali.

M. Macron souhaite davantage de "clarté" de la part de ses homologues sahéliens sur la présence française au moment où celle-ci suscite une contestation grandissante, avec notamment des manifestations antifrançaises. Une partie de l'opinion publique sahélienne attribue la dégradation sécuritaire à la présence même des troupes étrangères.

En novembre, l'état-major burkinabè avait même mis en garde les avions français qui survoleraient intempestivement son territoire.

Le président français attend de ses hôtes qu'ils "assument" publiquement auprès de leurs opinions le fait que les soldats français sont au Sahel à la demande des pays concernés, et non pas pour des "visées néocoloniales".

C'est une "condition nécessaire" et il tirera les conséquences si elle n'est pas remplie, a-t-il ajouté.

Mais l'invitation de l'ancienne puissance coloniale peut sonner comme une "convocation", selon plusieurs experts, qui regrettent qu'Emmanuel Macron n'ait pas fait preuve de plus d'écoute et de partage.

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