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Soixante-six condamnations à vie pour l'attaque d'un poste de police en Egypte


Des membres des Frères musulmans agitent le signe de Rabaa, symbolisant le soutien aux Frères musulmans, avec d'autres membres de la fraternité dans un tribunal de la banlieue du Caire, en Égypte, le 2 juin 2015.

Un tribunal égyptien a condamné dimanche, après cassation, 66 personnes à la prison à vie, dont l'ancien chef des Frères musulmans Mohammed Badie, dans l'affaire de l'attaque d'un poste de police à Minya (centre) en août 2013.

Dans cette affaire, 183 personnes avaient été condamnées à mort en juin 2014 à Minya, un jugement cassé peu après.

Dimanche, quelque 700 personnes étaient de nouveau jugées dans cette affaire, a précisé à l'AFP l'un des avocats de la défense Me Abdel Moneim Abdel Maqsoud.

Parmi les 700 accusés, 66 ont été condamnés à perpétuité (25 ans en Egypte), six sont morts depuis le premier procès, 288 ont été acquittés et le reste a été condamné à des peines allant de 3 à 15 ans de prison.

Mohamed Badie (75 ans) est accusé, dans l'affaire de Minya, d'avoir incité ses partisans à la violence, dans la foulée de la destitution en juillet 2013 par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi élu en 2012.

M. Badie, qui apparait dans au moins 35 dossiers judiciaires liés aux Frères musulmans, a été condamné à la peine de mort dans plusieurs affaires mais ces verdicts ont été annulés par la Cour de cassation. Il a été condamné à la perpétuité dans plus de cinq affaires.

Depuis la destitution et l'arrestation du président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, une répression implacable s'est abattue sur les partisans de ce dernier. Des centaines de personnes ont été tuées et des milliers d'autres arrêtées.

Le dirigeant des Frères musulmans égyptiens Mohamed Badie et des membres du mouvement lors du prononcé du verdict lors d’un procès au Caire le 22 août 2015.
Le dirigeant des Frères musulmans égyptiens Mohamed Badie et des membres du mouvement lors du prononcé du verdict lors d’un procès au Caire le 22 août 2015.

M. Morsi, élu après la révolte ayant mis fin en 2011 au régime d'Hosni Moubarak, avait été renversé par l'armée après un an de pouvoir à la faveur de manifestations de masse le visant.

Elu en 2014, puis réélu en 2018, le président Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l'armée et architecte de la destitution de M. Morsi, est régulièrement accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme d'avoir instauré un régime ultra-répressif.

Le 8 septembre, un tribunal du Caire a condamné 75 personnes à mort, dont d'autres dirigeants des Frères musulmans. Ce verdict, comme celui rendu en 2014 à Minya, a soulevé l'indignation des organisations de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International.

Avec AFP

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