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Six frères et soeurs d'un candidat au Congrès américain appellent à voter pour son opposant

Paul Gosar, un républicain de l'Arizona, lors d'une conférence de presse en réponse à la décision de la Cour suprême sur les soins de santé à Washington, le 28 juin 2012.

Six frères et soeurs d'un élu républicain ultra-conservateur au Congrès, actuellement en campagne pour sa réélection, ont appelé publiquement à voter pour son opposant démocrate, l'intéressé leur donnant rendez-vous lors d'une prochaine réunion de famille, probablement tendue.

"Paul Gosar ne travaille pas pour vous" (Paul Gosar Is Not Working For You) dit le titre de la vidéo postée vendredi sur internet et qui met en scène trois frères et trois soeurs du candidat.

Le film a été réalisé par l'équipe de campagne du candidat démocrate David Brill, qui ambitionne de reprendre à Paul Gosar ce siège à la Chambre des représentants, dans une circonscription qui couvre le nord-ouest de l'Arizona, plutôt rural, Etat du sud-ouest du pays.

"Paul Gosar l'élu au Congrès ne fait absolument rien pour aider l'Amérique rurale", commence sa soeur Grace, relayée par David, qui estime que "Paul ne fait absolument rien pour sa circonscription".

La santé, l'emploi, la protection de l'environnement, ils reprochent tous à leur frère de ne pas s'investir dans les dossiers qui intéressent ses administrés et appellent à voter pour son opposant.

"Il n'a pas à coeur votre intérêt", avance Tim Gosar, "il ne vous écoute pas".

Paul Gosar fait partie des figures politiques qui ont émergé du mouvement populiste "Tea Party", né de la contestation de l'appareil du parti républicain.

Elu pour la première fois au Congrès en 2011, il a été réélu par deux fois depuis, la dernière en 2016.

Anti-avortement, défavorable à un resserrement de la législation sur les armes, farouche opposant à la régularisation des immigrés clandestins, Paul Gosar est un fervent soutien de Donald Trump.

Certaines de ses déclarations ont suscité l'émoi, notamment lorsqu'il a affirmé que les incidents de Charlottesville, survenus en août 2017, était un complot "de la gauche".

"Mes frères et soeurs qui ont fait ce film publicitaire contre moi sont tous des démocrates qui détestent le président Trump", a réagi Paul Gosar sur Twitter.

"Ils placent l'idéologie avant la famille", a-t-il poursuivi. "Staline serait fier."

"Vous ne choisissez pas votre famille", a écrit l'élu de 59 ans. "J'espère qu'ils trouveront la paix en leur coeur et renoncerons à la haine."

"Aux six démocrates Gosar en colère", a-t-il conclu, "rendez-vous chez maman et papa!"

L'initiative des frères et soeurs de Paul Gosar n'a pas été du goût de leur mère, Bernadette (85 ans), qui a eu dix enfants en tout.

Interrogée par le New York Times, elle s'est dite "choquée" et "dévastée" par ces témoignages. Elle a expliqué partager les opinions politiques de son fils Paul, dont la victoire électorale lui paraît certaine.

Avec AFP

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Elizabeth Warren confirme sa place dans le trio de tête de la course démocrate à la Maison Blanche

Vue du plateau du débat des démocrates à Miami.

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren a assis mercredi soir sa stature de prétendante sérieuse à la Maison Blanche lors d'un premier débat démocrate marqué par la crise migratoire et la solide performance de plusieurs "petits" candidats.

Dix démocrates étaient pour la première fois réunis sur un plateau de télévision à Miami, grande ville de Floride, un Etat clé dans les élections américaines.

Jeudi soir, avec une affiche nettement relevée, ce sera au tour du second groupe de prétendants à la Maison Blanche d'entrer en scène. Les deux meneurs dans les sondages --l'ancien vice-président centriste Joe Biden et le socialiste Bernie Sanders-- croiseront le fer avec deux étoiles montantes du peloton de tête -- la sénatrice Kamala Harris et le jeune maire Pete Buttigieg-- ainsi que six autres candidats.

Pourfendeuse de Wall Street âgée de 70 ans, c'est armée d'un programme déjà très étoffé qu'Elizabeth Warren a grimpé à la troisième place des sondages pour l'investiture démocrate ces dernières semaines.

Ses propositions détaillées sur un vaste éventail de sujets sont même devenues objet de plaisanterie, sa phrase préférée en meeting --"j'ai un projet pour cela"-- étant devenue un classique de ce début de campagne.

Bénéficiant de ne pas avoir à partager le plateau avec son rival direct Bernie Sanders, elle a dénoncé "une économie qui marche parfaitement pour ceux qui ont de l'argent mais pas pour les autres".

- Image "déchirante" -

Dans cette ville de Miami où sept habitants sur dix sont Hispaniques, la polémique sur la gestion par le président républicain Donald Trump de la crise migratoire à la frontière avec le Mexique a pris une grande importance dans le débat, après les révélations sur les conditions de vie sordides de jeunes migrants dans un centre de rétention et la noyade d'un père et de sa fillette.

Cette image "est déchirante. Elle devrait aussi nous foutre tous en rogne", s'est indigné Julian Castro, qui espère devenir le premier président hispanique des Etats-Unis.

"Si j'étais président aujourd'hui, je signerais un décret pour annuler la politique de tolérance zéro de Trump", a-t-il lancé.

La politique étrangère, l'Iran, le problème endémique de la violence par armes à feu, le changement climatique... les prétendants démocrates à la Maison Blanche ont critiqué Donald Trump et exposé leurs vues souvent proches, certains petits candidats parvenant à imprimer leur marque, comme Julian Castro.

Proche des 0%, le maire de New York Bill de Blasio a ainsi été le premier à interrompre un de ses rivaux et a lancé plusieurs tirades passionnées, en affirmant vouloir replacer "les travailleurs au premier plan".

La sénatrice modérée Amy Klobuchar a, elle, été chaudement applaudie lorsqu'elle a remis en place l'un des ses rivaux qui affirmait être le seul à avoir voté une loi protégeant le droit à l'avortement.

Le sénateur Cory Booker, seul candidat noir sur le plateau, a multiplié les références aux difficultés encore plus criantes rencontrées par les minorités.

Très attendu en début de campagne, l'ex-élu de la Chambre des représentants Beto O'Rourke n'a lui pas fait d'étincelles.

- "Ennuyeux!" -

Alors qu'il vole vers le Japon pour un sommet du G20, Donald Trump a affiché à plusieurs reprises son dédain pour ses rivaux potentiels, ironisant d'un tweet pendant le débat: "Ennuyeux!"

Mais un sondage le donnait la semaine dernière perdant en Floride face à plusieurs démocrates engagés dans la primaire, Joe Biden en tête.

"Les démocrates ont proposé une prise d'assaut de la société, par un gouvernement radical, qui démolirait le rêve américain", a réagi son équipe de campagne en clôture du débat, vantant la bonne santé de l'"économie Trump".

Un temps éclipsée en milieu de débat, Elizabeth Warren a conclu en rappelant son enfance modeste pour exposer sa vision.

"Je suis dans ce combat car je suis convaincue que nous pouvons faire marcher notre gouvernement, notre économie et le pays non seulement pour ceux qui se trouvent au sommet mais pour tous" les Américains.

Mais certains s'inquiètent qu'elle soit trop vulnérable dans un éventuel duel présidentiel avec Donald Trump, qui la surnomme "Pocahontas" pour moquer sa revendication controversée de très lointaines origines amérindiennes.

A huit mois des premiers votes de la primaire démocrate, il est encore trop tôt pour esquisser un réel pronostic, souligne Kyle Kondik, politologue à l'université de Virginie. Et "la première soirée risque d'être oubliée dès que les grands noms arriveront" jeudi soir.

Avec AFP

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