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Silence sur la santé d'Ali Bongo, inquiétude et rumeurs

Le président du Gabon Ali Bongo à Londres, le 11 octobre 2018.

L'absence d'informations sur l'état de santé du président gabonais Ali Bongo Ondimba, 59 ans, hospitalisé depuis deux semaines à Ryad après "un malaise", selon la présidence à Libreville, alimente l'inquiétude et les rumeurs alarmistes.

Un montage grossier diffusé mardi soir sur les réseaux sociaux montrait ainsi des images de l'ambassadeur du Gabon en France annonçant la mort du président Bongo.

Le 28 octobre, quatre jours après son hospitalisation en Arabie saoudite, le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni, affirmait que le chef de l'Etat avait eu "un malaise" dû à une "fatigue sévère" en raison d'une très forte activité ces dernier mois.

Depuis, plus rien. Un silence de dix jours qui inquiète de nombreux Gabonais.

L'hôpital du roi Fayçal à Ryad où avait été admis Ali Bongo le 24 octobre, s'est refusé à tout commentaire. A un journaliste de l'AFP qui s'y est rendu mercredi, il a été répondu que pour toute information concernant le président, il fallait un "ordre royal" ou bien une autorisation de l'ambassade du Gabon.

"Nous n'avons pas assez d'informations", note Ange-Gaël Makaya Makaya, étudiant à l'Université Omar Bongo de Libreville, pour qui, du coup, les Gabonais "spéculent trop" sur les réseaux sociaux ou dans leurs conversations.

On parle de mise en sommeil artificiel du président, d'un accident vasculaire cérébral (AVC), de son transfert dans un hôpital de Paris ou Londres, sans preuves.

"Les réseaux sociaux ne sont pas un baromètre de l'état d'esprit des Gabonais", estime M. Makaya Makaya. "La tradition chez nous veut qu'on ne souhaite pas la mort de quelqu'un, surtout lorsqu'il s'agit d'un dirigeant".

Mais comme le reconnaît un diplomate, "la communication officielle n'a pas épargné les doutes".

Une communication "verrouillée", selon un journaliste gabonais qui, sous couvert d'anonymat, ajoute: "seul un cercle très restreint qui comprend la femme du président, Sylvia Bongo, a accès aux informations".

L'incertitude sur l'état de santé du président, commence aussi à préoccuper les milieux économiques.

"Un dirigeant d'entreprise gabonais me confiait qu'il entendait ralentir certains projets dans lesquels il était engagé financièrement", affirme l'économiste gabonais Mays Mouissi.

Législatives au Gabon boycottées par le rival du président Bongo (vidéo)
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Le précédent Omar Bongo

Et selon le cadre d'une multinationale présente au Gabon, localement "les affaires n'ont pas stoppé, mais mes dirigeants à l'international doivent avoir un oeil sur le déroulement des événements".

Les Gabonais ont en mémoire le black-out autour de la maladie du père d'Ali, le président Omar Bongo auquel il a succédé et qui, en 2009, gravement malade, avait été transféré à Barcelone.

Sa mort, annoncée publiquement le 8 juin 2009, avait été révélée la veille par un hebdomadaire français, mais démentie par le Premier ministre d'alors, Jean Eyeghe Ndong.

Ali Bongo est toujours officiellement attendu à Paris le 11 novembre à l'occasion du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, selon une source diplomatique française.

Une possible vacance du pouvoir du président de la République doit être constatée par la Cour constitutionnelle, saisie par le gouvernement ou des bureaux du Parlement (Sénat et Assemblée nationale), selon la constitution gabonaise.

Le président du Sénat assure alors l'intérim jusqu'à l'organisation d'une élection présidentielle dans un délai maximum de 45 jours.

Mais en attendant, "personne ne sait ce qui se passe vraiment", selon un proche de la famille Bongo. "C'est comme dans un avion avant le crash", ajoute un militant du Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir.

Un pouvoir aujourd'hui divisé autour de deux clans, selon un observateur politique.

"Un +clan des durs+ rassemble plusieurs généraux et conseilleurs autour de Frédéric Bongo, le frère du président et chef des services de renseignements. Il s'oppose au clan rassemblant le directeur de cabinet Brice Laccruche, la première dame et des membres du Mouvement des amis d'Ali Bongo Ondimba (Mogabo)", affirme-t-il.

Sans jamais citer le nom du président Bongo, l'opposant Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle de 2016 qui se proclame toujours "président élu", est sorti samedi de plusieurs mois de silence pour appeler au "rassemblement".

Avec AFP

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Bientôt de l’eau pour tous à Libreville et ses environs

Une femme charge dans un taxi des conteneurs remplis d'eau recueillie dans une source naturelle à Libreville, au Gabon, le 2 février 2021.

Le projet concerne la réhabilitation de 300 km du réseau d’eau et la construction d’un château d’eau à Ntoum.

Aux grands maux les grands remèdes. Les autorités gabonaises ont lancé, avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD), un vaste plan d’investissement hauteur de 75 milliards de francs CFA destiné à améliorer la desserte en eau potable de Libreville, la capitale, et ses environs.

Le Gabon dispose d’un potentiel considérable de ressources en eau estimé à 170 milliards de mètres cubes par an. Mais paradoxalement, des secteurs entiers de la capitale et de sa banlieue tentaculaire vivent au rythme des pénuries assez récurrentes.

Ces difficultés sont devenues plus évidentes avec la pandémie du nouveau coronavirus. Alors que le gouvernement insiste sur la nécessité d'appliquer les mesures de prévention, la première d'entre elles, le lavage des mains, est difficile, voire impossible à appliquer quand l'eau n'est pas accessible.

"Ce sont là des travaux très importants qui vont aider à améliorer le quotidien des populations", affirme Alain Claude Bilie By Nzé, ministre de l’Energie et des ressources hydrauliques du Gabon. "Lorsqu’on améliore le quotidien en matière d’eau potable, on lutte aussi contre un certain nombre de maladies", ajoute-t-il.

Initiés fin mars, ces travaux devraient durer environ 14 mois, selon les responsables du projet.

Au final, le programme devrait permettre à plus de 300 000 ménages additionnels d’avoir accès à l’eau potable à travers le pays, précisent les autorités.

La jeunesse gabonaise sensibilisée contre le mauvais usage des réseaux sociaux

"Dangers sur le net", une partie de la formation des relais communautaires, à Libreville, au Gabon, le 18 octobre 2021.

Si internet est un outil d’information indispensable, il peut aussi devenir l'espace de toutes les dérives.

Au Gabon, la rentrée scolaire 2021-2022 est placée sous le sceau de la sensibilisation contre les dangers liés au mauvais usage des réseaux sociaux. Pour les organisations de la société civile, la formation des relais communautaires s’impose pour attaquer ce phénomène des temps modernes à la racine.

Simples d’utilisation, ouverts sur le partage d’informations et chronophages, les réseaux sociaux et les plates-formes communautaires dans leur ensemble doivent être considérés par les parents avec une attention toute particulière.

C’est le point de vue défendu par Thierry Boudiendzo, assistant social au centre d’accueil pour enfants en difficulté "Arc en ciel" situé sur la vallée Sainte-Marie à Libreville, la capitale gabonaise.

"Il y a par exemple des adultes qui prennent de fausses identités sur la toile, entrent en contact avec les enfants et abusent d’eux dans tous les sens du terme. La responsabilité de tous les acteurs de la société est ici engagée afin de protéger cette jeunesse vulnérable face aux influences de toutes sortes sur les réseaux sociaux", lance-t-il.

L’apparition en début d’année sur la toile, de vidéos montrant des jeunes filles vêtues de leurs tenues scolaires, montrant leur torse ou s’adonnant à des danses jugées obscènes avait scandalisé l’opinion publique à Libreville.

Ce qui paraissait être un jeu ou un délire de jeunesse entre filles avait débouché sur une série de mesures disciplinaires, notamment l’exclusion temporaire des jeunes mises en cause formellement identifiés par les responsables d’établissement.

Depuis lors, Guy Nguema Ondo, proviseur d’un lycée écorné par ce scandale, a amplifié des règles de discipline applicables à tous les élèves. "Elles ont été punies par le conseil de discipline. Elles ont eu 21 jours d’exclusion. De retour au lycée après cette sanction, elles comme tous leurs collègues sont soumis à une charte de bonne conduite", confie-t-il.

Pour les organisations de la société civile, l’heure est à la prévention car si internet est un outil d’information indispensable, il peut s’avérer aussi un espace par excellence de toutes les dérives. D’où l’urgence de former des relais communautaires pour protéger les jeunes face à ses multiples dangers.

"Aujourd’hui, nous formons déjà les parents qui seront chargés à leur tour de sensibiliser et de former les enfants contre la protection des données", soutient Landry Bekale Mintsa, informaticien.

Le Gabon s’est doté depuis 2011 d’une Commission nationale de protection de données à caractère personnel sur internet. Mais cet outil de régulation peine vraisemblablement à remplir ses missions.

Abus sexuels: pas de plainte contre des Casques bleus gabonais en RCA

Le secrétaire général Antonio Guterres de l'ONU entouré des Casques bleus à Bangassou, en Centrafrique, le 25 octobre 2017. (VOA/Freeman Sipila)

L'ONU avait pourtant fait état des allégations d’abus sexuels sur cinq filles.

Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra a affirmé mercredi à Libreville que la justice de son pays n'avait reçu aucune plainte visant des Casques bleus gabonais, accusés par l'ONU d'exploitation et d'abus sexuels sur cinq filles.

Le gouvernement centrafricain a écrit aux Nations unies en demandant "à ce que nous soyons dorénavant impliqués dans les enquêtes qui sont en cours, tant du côté des Nations unies que du Gabon", a déclaré M. Touadéra lors d'une conférence de presse à Libreville, au Gabon.

"Nos institutions n'ont pas reçu (...) des plaintes de la part des victimes", a ajouté M. Touadéra

Le 15 septembre, les Nations unies avaient ordonné le retrait des quelque 450 Casques bleus gabonais de sa force de maintien de la paix en Centrafrique (Minusca) après des accusations d'exploitation et d'abus sexuels sur lesquels le gouvernement gabonais a ouvert une enquête.

La Minusca avait invoqué "des allégations d’abus sexuels sur cinq filles" dans une localité du centre du pays et l'ONU à New York avait insisté sur le fait que sa décision était également fondée sur des faits plus anciens.

"Depuis 2015, en tenant compte de ces dernières, ce sont 32 allégations d'exploitation et d'abus sexuels que nous avons enregistrées concernant 81 présumés auteurs de la République du Gabon, tous militaires des contingents actuellement ou anciennement déployés au sein de la Minusca", avait précisé le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric. Il avait ajouté que "six de ces allégations ont été étayées par une enquête".

Si les faits sont avérés, "il faut que des responsabilités soient dégagées, qu'il y ait des réparations pour les victimes", a déclaré le chef de l'Etat centrafricain.

Les accusations d'agressions sexuelles "ne sont aujourd'hui pas fondées", avait déclaré le 7 octobre Jessye Ella Ekogha, porte-parole de la présidence gabonaise.

La Minusca a été déployée par l'ONU en avril 2014 pour tenter de mettre fin à la sanglante guerre civile qui a suivi un coup d'Etat l'année précédente contre le président François Bozizé.

Les combats qui ont suivi entre la coalition de groupes armés qui l'avait renversé, la Séléka, à majorité musulmane, et des milices soutenues par le chef de l’Etat déchu, les anti-balakas, dominées par les chrétiens et les animistes, ont culminé en 2014 et 2015.

Au Gabon, le drame des milliers d'"enfants fantômes"

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Assemblée générale de l’ONU: Mahamat Idriss Deby, Ali Bongo et Evariste Ndayishimiye

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