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Affluence aux élections en Sierra Leone


Les gens attendent en file à l'extérieur d'un bureau de vote lors des élections générales du pays à Freetown le 7 mars 2018.

Les Sierra-Léonais votaient mercredi en nombre pour élire leur nouveau président, alors que les principaux candidats ont promis de changer les pratiques politiques et d'améliorer leurs conditions de vie, dans l'un des pays les plus pauvres et les plus corrompus au monde.

A la mi-journée, sous un soleil ardent, de longues files d'électeurs étaient visibles dans la capitale Freetown, alors que les principaux candidats ont voté pendant la matinée.

Les quelque 2.700 bureaux de vote du pays doivent fermer à 17H00 (GMT et locales) pour des scrutins à la fois présidentiel, législatif et communal, où plus de 3,1 millions d'inscrits sont appelés aux urnes. De premiers résultats partiels sont attendus dans les 48 heures.

"Jusqu'à présent, les opérations se déroulent pacifiquement et je suis satisfait de l'organisation", a déclaré Julius Maada Bio, le candidat à la présidentielle du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), la principale formation de l'opposition.

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"Je n'accepterai que des élections libres, justes et crédibles", a-t-il affirmé à la sortie de son bureau de vote, dans une caserne de la capitale.

Le candidat du parti au pouvoir, l'APC assume l'héritage du président Koroma, qui ne peut se représenter, après deux mandats de cinq ans. "Je dois préserver ce qu'il a accompli (...) et bâtir dessus", a expliqué lundi Samura Kamara, 66 ans, ancien ministre des Affaires étrangères.

Le bilan de l'administration sortante est pourtant contrasté.

Si elle est parvenue à attirer les investisseurs pour reconstruire le pays dévasté par la guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts, l'économie reste dans un état préoccupant après les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières, et la corruption a continué à prospérer.

Cette question a dominé la campagne, les deux principaux candidats s'accusant de malversations financières, mais relativement apaisée en dépit d'incidents isolés, selon les observateurs électoraux.

- 'Patience' des électeurs -

Plus de 250 observateurs de l'Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), de l'Union européenne (UE), et du Commonwealth ont été déployés. Dans un communiqué conjoint, ils ont appelé les forces de l'ordre à "faire preuve de professionnalisme" et les candidats à "s'abstenir de toute acte de violence ou d'intimidation".

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"C'est une journée calme, les gens peuvent exprimer leur vrai choix", a déclaré sur Twitter la chef des observateurs de l'UE, Jean Lambert, en saluant la "patience" des électeurs malgré la lenteur des opérations.

Le président de la Commission électorale nationale (NEC) Mohamed Conteh a assuré mardi que le vote serait "crédible".

La Chine est par ailleurs soupçonnée d'avoir pesé sur le résultat final en finançant des projets phares d'Ernest Bai Koroma, dont un nouvel aéroport et une autoroute.

Les conditions de vie de la plupart des habitants restent précaires alors que le sous-sol regorge de richesses, notamment de fer et de diamants.

Electeur pour la première fois, Joseph Kargbo, 18 ans, a voté pour le SLPP, comme sa mère le lui a ordonné. "Elle ne peut pas payer les frais de scolaritéet le SLPP a dit qu'il rendrait gratuite l'éducation primaire et secondaire", a-t-il expliqué à l'AFP.

M. Bio, battu par M. Koroma en 2012, risque cette fois de perdre des électeurs au profit de l'un des anciens hommes forts de son parti, Kandeh Yumkella, qui se présente à la tête d'une nouvelle formation, la Grande coalition nationale (NGC).

S'il a peu de chances de l'emporter, ce "troisième homme" pourrait jouer le rôle de faiseur de roi lors d'un second tour dans un mois. Celui-ci paraît d'autant plus probable qu'il faut une majorité de 55% pour l'emporter au premier tour.

A la mi-journée, le NGC a dénoncé quelques "tentatives de votes multiples" et des "bulletins de vote manquants", notamment à Port Loko et Tonkolili, deux fiefs de l'APC.

Comme dans beaucoup de pays d'Afrique de l'Ouest, les divisions politiques recoupent le plus souvent les divisions ethniques et géographiques, sauf dans la capitale, plus diversifiée démographiquement, où vit un tiers de la population.

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Mais "il y a une volonté croissante de l'électorat de se déterminer plus selon les programmes que sur une base ethnique", souligne le centre de recherche sierra-léonais IGR.

Invoquant le risque de violences, le gouvernement a interdit la circulation des véhicules privés le jour du vote, une mesure critiquée par l'opposition comme une tentative de réduire la participation de ses électeurs.

Avec AFP

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