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Serena Williams ou la difficulté de concilier maternité et carrière sportive


Serena Williams tient sa fille Alexis Olympia Ohanian Jr. et le trophée ASB après avoir remporté l'ASB Classic à Auckland, en Nouvelle-Zélande, le dimanche 12 janvier 2020.
Serena Williams tient sa fille Alexis Olympia Ohanian Jr. et le trophée ASB après avoir remporté l'ASB Classic à Auckland, en Nouvelle-Zélande, le dimanche 12 janvier 2020.

La super star mondiale, multiple fois championne de tennis, a annoncé la fin prochaine de sa carrière professionnelle. Une décision douloureuse, dit-elle, motivée par le désir de donner naissance à un deuxième enfant.

En 25 ans dédiés au tennis, Serena Williams a tout gagné. Elle, la native de Compton en Californie, modeste quartier de la banlieue de Los Angeles, a brisé bien des barrières dans ce sport longtemps réservé aux Blancs.

Malgré son expérience couronnée de 73 titres dont 23 du Grand Chelem, soit le deuxième meilleur total de l’histoire du tennis, il y a des défis que ne saurait surmonter cette "briseuse de barrières". Parmi ces derniers figure celui d’être à la fois mère et athlète professionnelle.

À bientôt 41 ans, l’ex-numéro un mondiale du tennis a décidé d’abandonner définitivement la raquette au plan professionnel. Elle a informé l’opinion, via un long texte publié mardi 9 août 2022 dans l‘édition de septembre du magazine américain de mode Vogue, de sa "décision déchirante", motivée par le désir de son couple d’élargir leur famille avec un enfant de plus.

Tennis: Serena Williams va bientôt arrêter sa carrière
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Expérience traumatisante

"Je ne veux absolument pas être enceinte à nouveau en tant qu'athlète", indique-t-elle. Sa première grossesse d’il y a cinq ans, fût une expérience traumatisante et qui a bien failli lui coûter la vie.

Serena Williams avait souffert d’une embolie pulmonaire en 2017, au lendemain de l’accouchement par césarienne de sa fille, Olympia. "La cicatrice de ma césarienne s’est ouverte à cause de l’intense toux provoquée par mon embolie. J’ai dû retourner au bloc pour une nouvelle opération destinée à empêcher que des caillots de sang atteignent mon poumon", racontera-t-elle quelques mois plus tard dans une tribune.

Celle qui se considère comme une miraculée n’a certainement plus envie de revivre un tel épisode. D’autant qu’elle avait joué étant enceinte et avait remporté notamment l’Open d’Australie, son dernier trophée du Grand Chelem, à ce jour. Elle avait huit semaines de grossesse. "J'ai joué pendant l'allaitement. J'ai joué pendant la dépression post-partum", fait-elle savoir.

Contraste masculin

De toutes évidences, il s’agit là de problèmes et de traumatismes qui sont inconnus des hommes dans le monde du sport. Rafael Nadal, le tennisman espagnol dont la femme est actuellement enceinte, a récemment déclaré que cet événement ne devrait "rien changer dans sa vie professionnelle". Son grand rival, Roger Federer, reste sur les courts malgré ses 41 ans.

La situation pour les femmes est bien différente. Elles sont souvent contraintes de mettre leur carrière entre parenthèses pour les besoins de maternité, sans assurance d’un retour à niveau après l’accouchement.

" Je n'ai jamais voulu avoir à choisir entre le tennis et la famille. Je ne pense pas que ce soit juste. Si j'étais un homme, je n'aurais pas écrit cela, car je serais en train de jouer pendant que ma femme s’occuperait du travail physique d’agrandir notre famille ", a-t-elle notamment indiqué dans Vogue.

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